CHAPITRE III
De la nécessité liturgique des parrains
Quoique les fonctions de parrain ne soient pas nécessaires à la validité du sacrement, il n’est point permis de s’en passer, hors les cas de nécessité (1). L'enfant doit avoir un organe qui s'exprime pour lui, un témoin officiel de son entrée dans l’Église, un futur surveillant de sa conduite et de sa foi. Bien que les mêmes raisons ne puissent pas être invoquées pour les baptêmes d'adultes, les parrains y interviennent également, pour ne pas briser la chaîne des antiques traditions.
Dès lors que la liturgie assigne un rôle officiel au parrain, il n’est pas étonnant qu’elle lui réserve des prières spéciales. Nous voyons dans le Sacramentaire de saint Gélase que, le troisième dimanche de carême, l’évêque priait pour les parrains, et que le canon de la messe était interrompu par la lecture publique de leurs noms.
L'usage des parrains s’est maintenu, comme une obligation liturgique, chez les Grecs et les Orientaux. Le synode de Diamper (1500) se plaint de ne le point voir pratiqué par les Nestoriens du Malabar ; c'est qu'il sera tombé chez eux en désuétude, car les plus antiques monuments de la liturgie nestorienne constatent au baptême la présence d’un parrain, qui reçoit l'enfant des mains du prêtre ou du diacre (2).
Bien que certains Protestants aient combattu l'usage des parrains, par cette raison que le Christ n’en a pas eu, la plupart des sectes hétérodoxes autorisent, mais sans l’exiger, l'emploi des parrains, qu’elles considèrent généralement comme de simples témoins. Les Baptistes et toutes les autres communions qui n’admettent que l'immersion des
(1) Concil. Trident., Sess. XXIV, c. 11.
(2) Assemani, Bibl. Orient., t. III, part. Il, p. 241.