‹ Histoire du Sacrement De BaptemeChapitre 105 sur 445 · LIVRE XII. — DES PARRAINS ET MARRAINES · texte numérisé non relu

LIVRE XII. — DES PARRAINS ET MARRAINES

adultes, rejettent l'usage des parrains comme n'étant point conforme au texte de l’Écriture sainte.

Il est assez curieux de voir que dans la cérémonie de la Naissance, substituée à celle du baptême, les Théophilanthropes aient conservé l'intervention du parrain et de la marraine.

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Du choix des parrains

Plusieurs synodes défendent aux curés de s’immiscer dans le choix des parrains, à moins qu’ils ne s’y trouvent forcés par la négligence des parents. Ce sont ces derniers qui doivent désigner les tuteurs spirituels de leur enfant. Le Rituel romain de Grégoire XIII (1584) dit que, comme il est bon d'étendre les liens de la charité, il convient de ne pas confier ces fonctions à de proches parents. On sait que l’usage contraire prévaut en France et que, surtout pour les premiers-nés, c’est souvent un grand parent, un oncle, une tante qui les tiennent sur les fonts.

Il entre dans les convenances sociales de ne point imposer à un parrain une commère qu’il n’a pas choisie ou qui ne lui agréerait pas. Dans les familles princières, ces choix donnent parfois lieu à de graves difficultés. Jacques, roi d'Angleterre, refusa d’être parrain de la princesse Élisabeth de France, avec l’infante Isabelle-Eugénie, sœur du roi d'Espagne, par cette raison que celle-ci n’était pas reine.

Le choix des parrains est trop souvent dicté par l’orgueil et par l'intérêt. On songe plus aux bénéfices matériels de l'avenir qu’aux conditions religieuses des fonctions à remplir. En Allemagne surtout, la spéculation a parfois abusé de ces liens sacrés; aussi Du Thuit nous raconte-t-il dans ses Mémoires que « un particulier pauvre, qui n'avait point d’enfant, en acheta un d’une pauvre femme et le fit nommer par plusieurs princes dont il reçut en présent plus de dix mille écus. » |

Un usage tout contraire régnait en Bretagne, avant la Révolution. Les plus nobles familles choisissaient le parrain et la marraine parmi les simples paysans ; c'était là une pieuse application de l'égalité chrétienne. « En voyant ainsi honorer les cultivateurs, dit le vicomte

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