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LIVRE XJI. — DES PARRAINS ET MARRAINES

Comme les parrains, dans cette solennité, ne tiennent pas les enfants sur les fonts, ils ne contractent point d’affinité spirituelle (1); la Sacrée Congrégation du Concile s’est formellement prononcée à cet égard, le 135 avril 1660.

ARTICLE VI

Bes Parrains par procuration

On est parrain par procureur lorsque, tout en acceptant ce titre, on délègue ses fonctions à une autre personne. C’est ainsi que le font en général les papes, les princes, et ceux qui, par diverses raisons, ne peuvent se rendre au lieu du baptême.

On a tâché parfois de restreindre ce privilège. Au xvirr° siècle, les Statuts du diocèsede Paris voulaient limiter cette faveur aux princes du sang. Le synode calviniste de Montauban (1544) en avait agi de même; mais celui de Saumur (1506) étendit cette exception à tous ceux qui peuvent invoquer une raison légitime.

Dans ces sortes de baptêmes, est-ce la personne absente ou bien le procureur qui contracte la parenté spirituelle ? Un certain nombre de théologiens prétendent que l'alliance est contractée par le procureur (2); mais la plupart (3) soutiennent qu'elle l’est par le parrain absent, en raison de ce principe : Qui per alium facit, per se facere videtur. La Sacrée Congrégation du Concile a été de cet avis (4), et Collet (5) en conclut que lorsqu'une ville tout entière députe quelqu’un pour tenir un enfant sur les fonts, tous les particuliers qui composent le corps de ville contractent l'alliance spirituelle.

(1) Concile de Narbonne (1609); Ordonn. syn. de Grenoble (1690); Gibert, Consult. canon., t. II, p. 240.

(2) Soto, Concina, Tolet, Le Camus, etc.

(3) Sanchez, Navarre, Fagnan, Lacroix, Tournely, Liguori, etc.

(4) 15 mars 1631.

(5) Traité des Dispenses, 1. IL, Ire part., c. 1v.

ARTICLE VIT

Des Papes, parrains

De tout temps, mais surtout dans les siècles modernes, les grandes familles ambitionnèrent l'honneur de donner pour parrain à l’un de leurs enfants le chef même de l'Église, qui, presque toujours, remplit cette fonction par procuration. Nous allons citer quelques exemples de cette illustre compaternité :

PARRAINS DATES FILLEULS OU FILLEULES Paul Ier 761 Une fille du roi Pepin.

Adrien Ier 781 Pepin, fils de Charlemagne.

Jean XVII xe s. L'empereur Othon III.

Honorius IIT 1226 Saint Thomas d'Aquin.

Grégoire XI 1877 Une fille de Francesco de Vico. Grégoire XII 1408 Un enfant de Uladislas V.

Léon X 1518 François, fils aîné de François Ier. Sixte V 1587 Le fils aîné de Charles-Emmanuel Ier, duc de Savoie. Paul V 1606 Louis XIII.

Urbain VII 1626 Marie-Eugénie, fille de Philippe IV. Clément IX 1668 Le Dauphin, fils de Louis XIV. Clément XI 1718 Une fille de l’ambassadeur impérial et d’une nièce du

cardinal Albani.

Clément XII 1733 Un neveu du roi de Maroc.

Clément XIV »» Un fils de Charles III et une fille de Joseph Ier, roi de Portugal.

Pie VII 1816 Un fils du duc de Blacas.

Grégoire XVI »» Un fils dela reine de Portugal. Pie IX 1847 Maria Pia, fille du duc de Savoie.

»» 1848 Le prince Louis, comte de Trani.

»» 1856 Louis-Napoléon, prince impérial.

-Léon XIII 1879 Une fille du duc de Parme.

»» 1880 Une fille d’Alphonse XII, roi d'Espagne.

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