‹ Histoire du Sacrement De BaptemeChapitre 131 sur 445 · CHAPITRE LUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LUI

Origine des noms de baptême

Un certain nombre d'écrivains, comme G. Henri Goëtze (1), font remonter aux temps apostoliques l'institution des noms de baptême et prétendent qu’elle a immédiatement succédé à l'usage d'imposer un nom à l'enfant dans la cérémonie de la circoncision. On sait qu’en prescrivant ce rite religieux à Abraham et à toute sa race, Dieu ordonna au Patriarche de changer son nom d’Abram en celui d’Abraham, qui signifie père des croyants, et celui de sa femme Saraï en Sara. De là s’est propagé chez les [sraélites l'usage d'imposer un nom à l’enfant qu’on circoncisait le huitième jour de sa naissance; l'enfant même de la divine Marie devait être soumis à cette loi religieuse et nationale. Si le baptème n’avait pas été autre chose que la réalisation du rite figuratif de la circoncision, si on l’avait administré aux enfants à l’octave de leur naissance, on devrait nécessairement rattacher l'imposition du nom de baptême à l'antique cérémonie juive ; mais comme les enfants étaient assez tardivement régénérés et qu’on leur donnait un nom fort longtemps auparavant, c’est-à-dire le huitième jour de leur naissance, c’est à cette dernière cérémonie de famille, et non pas au rite religieux du baptême qu'on doit rattacher l’ancienne prescription mosaïque. S'il en avait été autrement, les saints Pères, en faisant ressortir les analogies du baptême et de la circoncision, n'auraient pas manqué d’y faire figurer l'imposition du nom ; l’usage de mettre les nouveaux baptisés sous l’invocation d’un Saint se serait ainsi promptement propagé, au lieu de rester à l'état d’exception pendant les premiers âges de l'Église. Au xr° siècle, alors qu’on commença à baptiser les enfants aussitôt après leur naissance, les liturgistes, en assimilant, plus que ne l’avaient fait les saints Pères, le sacrement de la nouvelle Loi à celui de l’ancienne, ne manquèrent pas en même temps d'identifier les deux impositions de noms, qui, des

(1) De nomine unda sacra abluendis imponi solito, p. 4.

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