‹ Histoire du Sacrement De BaptemeChapitre 150 sur 445 · LIVRE XIII. — DES NOMS DE BAPTÈME · texte numérisé non relu

LIVRE XIII. — DES NOMS DE BAPTÈME

On voit par cet extrait que le principal but du Calendrier républicain a été d'imposer à la France une étude élémentaire d'économie rurale. On a donc eu tort de dire que la Convention avait voulu par là substituer des noms agronomiques aux noms de baptême. Rien ne trahit cette pensée, ni dans les termes du rapport, ni dans les décrets de l’Assemblée : ce ne fut là qu’une conséquence tirée par le populaire. Habitué à choisir un nom dans l’Almanach, il consulta naturellement le Calendrier républicain et put croire que ces vocables étaient prescrits comme noms de naissance ou de baptême ; mais ce ne fut guère qu’à Paris et dans les grands centres révolutionnaires qu’on recourut à ces stupides appellations, peut-être surtout pour se délivrer un brevet de civisme et conquérir les sympathies des clubs populaires. Toutefois, même dans les cités qui subissaient la domination des Jacobins, la plupart des citoyens répugnaient à affubler leurs enfants des noms de Taupe ou de Dindon, de Carotte ou de Navet ; en général, le parrain présentait à la municipalité un nom de grand homme ou de saint, et ce n'étaient que les fonctionnaires ministériels les plus patriotes, comme on disait alors, qui s’ingéraient d'ajouter, dans Pacte de l’état civil, le nom d’animal, de légume ou d’instrument aratoire correspondant à la date de la naissance; mais, dans la plupart des familles, l'enfant ne portait point ce sobriquet ou du moins l’abandonna-t-il dès que fut passée la Terreur, alors que l’autorité civile elle-même réagit contre ces ridicules aberrations. « Dans le Calvados, dit l’abbé Grégoire (1), un juge de paix donnait aux enfants trouvés les nôms de Jasmin, Messidor, Ravenelle, Épinard, Pois, Thermidor, Jean tout nud, la Reine dépourllée, etc. Ces turpitudes ayant excité des réclamations, on y eut égard, et dans les salles de l'Hôpital des enfants trouvés, retentirent alors les noms de Joachim-Bonheur, Marie-Santé, Élisabeth-Prudence, Radegonde- Sobriété, etc. »

Nous croyons qu’il ne sera pas sans intérêt de reproduire ici le Calendrier républicain, que tout le monde connaît vaguement, mais dont peu de personnes ont trouvé occasion de parcourir les singulières nomenclatures. Nous respecterons scrupuleusement les fautes d’orthographe que nous trouvons dans l’édition originale, devenue fort rare aujourd’hui.

(x) Hist. des Sectes religieuses, 1, p. 154.

CALENDRIER RÉPUBLICAIN

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