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CHAPITRE VIII

De la pluralité des noms de baptême

L'interrogation de tous les anciens Rituels : Quel nom donnez-vous à cet enfant, montre assez l’usage de n’en donner qu’un; aussi, de nos jours encore, dans beaucoup de diocèses, le prêtre, en baptisant, n’en prononce-t-il qu’un seul, quand bien même les parrains en auraient donné plusieurs.

La pluralité des noms de baptême, dont on ne trouve que de rares exemples au moyen âge, a pu avoir des causes de nature bien différente. Ici un sentiment de piété a voulu multiplier les saints protecteurs d’un enfant; là on a cherché à rendre moins fréquentes les confusions qu’on était exposé à faire entre les membres d'une même famille ; ailleurs, dans les classes aristocratiques, on s’est laissé guider par une certaine tendance vaniteuse à se séparer des usages vulgaires.

Selon les uns (1), la pluralité des noms serait née en Italie, aurait passé de là en Espagne, puis en Allemagne et enfin en France. Selon d’autres (2), cet usage serait originaire de l'Allemagne où la fréquence de certains vocables, comme Willem, Franz, Fritx, appelait une adjonction distinctive. En ce qui concerne notre pays, c’est au x° et surtout au xi° siècle que l’on voit surgir l’usage de deux noms de baptême, parmi les classes nobiliaires, dans les comtés de Foix et de Carcassonne, dans la vicomté de Narbonne, dans le duché de Gascogne et dans quelques autres contrées du Midi (3). On a constaté (4), d’après les registres de la Chambre des Comptes, que, dans le cours des xiv° et xv° siècles, les sires d'Albret, les seigneurs de Mauléon, les comtes de Perdiac, etc., portaient deux ou trois noms de baptême. Aux deux

(1) Thiers, Traité des Superstitions, t. II, p. 128. (2) Noël, Dict. hist. des personnages célèbres, introd. (3) Scott., op. cit., p. 118.

(4) De La Roque, Origine des noms, ch. xxvur.

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