LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÊME
création du monde jusqu’au déluge universel ; 5° les anges et la Cour céleste.
Aux deux fêtes de saint Jean-Baptiste, on place au milieu de l’octogone l’autel en argent massif ou plutôt le parement d’autel, auquel ont travaillé Ghiberti et Pollajuolo (1366-1477). C’est un témoignage de la magnificence de la République florentine qui voulut surpasser par l’art et par la matière la valeur de l’autel donné par Constantin à la basilique de Constantinople. Douze bas-reliefs en argent représentent la vie du Précurseur ; ils sont séparés par des pilastres de même métal et de lapis-lazzuli, surmontés de belles statues de prophètes et de sibylles (r).
Lucques. — L'ancien baptistère, situé près de la cathédrale, fut converti, au xrv° siècle, en une grande chapelle carrée, voûtée d’une croisée d’ogive et communiquant avec le transept de l'église San- Giovanni.
Mican. — D'après une tradition locale, saint Augustin, son ami Alipe et son fils Adéodat auraient été baptisés par saint Ambroise, le 3 avril de lan 387, dans la chapelle de San-Ambrogio qu’on désigne sous le nom de battisterio di Sant-Agostino. Une représentation du baptême de saint Augustin et une inscription de 1637 entretiennent à ce sujet l’erreur populaire, propagée par quelques écrivains (2), et dont la fausseté a été parfaitement démontrée par plusieurs savants italiens (3). Il ne faut point faire plus de fond sur une autre légende qui fait improviser alternativement le cantique du Te Deum par saint Ambroise et saint Augustin, aussitôt après ce baptême. Ce chant sublime est aujourd’hui généralement attribué à saint Nicet, évêque de Trèves en 527 (4). Le baptistère où saint Augustin fut baptisé est désigné par saint Ambroise sous le nom de basilique du baptistère. C'était un monument octogone situé au midi de la basilique neuve, non loin de l’église Sainte-Thècle, là où s’élève aujourd'hui le chœur de l'église des Corte. Ennodius de Pavie a vanté les marbres et les peintures de ce baptistère appelé Sancius Johannes ad
(x) CF. les Œuvres d'art de la Renaissance italienne ax temple de Saint-Jean (Baptistère de Florence). Paris, 1875. :
(2) Sormani, Alleg., p. 15; Prunetti, Viaggio pittorico, t. IV, p. 106.
(3) Muratori, Anecd., p. 173; Latuada, Descrigione di Milano, t. IV, p. 319 ; G. Ferrario, Monumenti di sant Ambrogio, p. 196.
(4) Mgr Cousseau, dans un Mémoire sur le Te Deum, l’attribue à S. Hilaire.
Tete É 3
d+ HISTOIRE DU SACREMENT DE BAPTÊME
fontes et désigné parfois sous le nom de Fons Theclæ. Saint Ambroise composa et fit inscrire dans l’intérieur les vers suivants :
Octachorum sanctos templum surrexit in usus, Octogonus fons est munere dignus eo.
Hoc numero decuit sacri baptismatis aulam Surgere, quo populis vera salus rediit.
Luce resurgentes XPÏI qui claustra resolvit Mortis, et tumulis suscitat exanimes.
Confessosque reos maculoso crimine solvens Fontis puriflui diluit inriguo.
Huc quicumque volunt probrosae crimina vitae Ponere, corda lavent, pectora munda gerant.
Huc veniant alacres : quamvis tenebrosus, adere Audeat ; abscedet candidior nivibus.
Huc sancti properent : non expers ullus aquarum Sanctus : in his regnum est consiliumque Dei.
Gloria iusticiae ! nam quid divinius isto Ut puncto exiguo culpa cadat populi (1) ?
Dans le baptistère de l’église Saint-Étienne, des conduits pratiqués dans les colonnes élevaient l’eau jusqu'aux galeries supérieures pour la faire retomber en pluie sur les Catéchumènes. L'inscription suivante, composée par Ennodius, célébrait cette merveille hydraulique :
En sine nube pluit sub tectis imbre sereno, Et coeli facies pura ministrat aquas.
Proflua marmoribus decurrunt flumina sacris, Atque iterum rorem parturit ecce lapis.
Arida nam liquidos effundit per gula fontes, Et rursus natis unda superna venit.
Sancta per aetheras emanat lympha recessus Eustorgi vastis ducta ministerio (2).
Une autre inscription du même poète se lisait près d’un lion qui, de sa gueule, versait de l’eau dans le bassin :
Aspice deposita blandum feritate leonem :
Ore vomit lymphas pectoris obsequio.
Unda fluit rostro, dens mortis pocula mandit : Naturam perdens bellua nos satiat.
Efera dum vitreos effundunt guttura fontes, Dira salutiferis corda lavantur aquis (3).
Monza. — Pacciaudi, dans ses recherches sur le culte de saint
(1) Ciampini, Vet. monim., t. Il, p. 22.
(2) Sirmond, ad Ennod., t. I, p. 1145.
(3) Maï, Script. vet.,t. V, p, 177.