‹ Histoire du Sacrement De BaptemeChapitre 25 sur 445 · LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÈME · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÈME

- nous dit que Constantin, sur la demande de sa fille Constance, érigea une basilique à la martyre sainte Agnès, et tout près de làun baptistère où saint Sylvestre régénéra les deux Constance, l’une fille, l'autre sœur de Constantin. On a voulu démontrer (1) que ce baptistère n'existait plus et que l’église actuclle de Sainte-Constance était uniquement le mausolée construit pour ensevelir la fille de Constantin. Mais l'opinion la plus accréditée est que cette église ronde lui servit de baptistère avant de devenir sa sépulture. Longtemps on a cru que Constantin s’était borné à métamorphoser un temple de Bacchus en baptistère. Ciampini, qui embrassa cette opinion, s’efforça de prouver (2) que, dans les écrits d’Anastase, le mot fabricare a le même sens que reslaurare ; pour lui, les génies, les pampres et les raisins, si fréquents dans les décorations chrétiennes des premiers siècles, deviennent des emblèmes du culte dionysiaque, et les croix qui s’y trouvent mêlées seraient simplement les figures par lesquelles les Égyptiens désignaient les quatre éléments. M. du Sommerard a soutenu (3) que cette église était un mausolée antique du milieu du mr siècle, fondé et décoré dans toutes ses parties par un fervent adorateur du Dieu de la treille. Le progrès des études archéologiques comparatives ne permettrait plus de soutenir aujourd’hui l’une ou l’autre de ces hypothèses : ce monument date bien du 1v° siècle, et il n’est pas même prouvé que ses colonnes aient été empruntées à des édifices antérieurs. Ces vingt-

quatre colonnes de granit accouplées

supportent une architrave irrégulière et partagent l’intérieur en deux nefs circulaires. Des niches alternativement rondes et carrées décorent la galerie du pourtour et sont surmontées d’une frise en mosaïques composée d’entrelacs et de fleurs. La coupole, restaurée en 1620, nue aujourd’hui, était revêtue d’une mosaïque dont Ciampini a publié la gravure ; celles des deux petites absides représentent le Christ assis, em offrant une clé à saint Pierre et le — Plan du baptistère de sainte Constance, Sauveur entre deux apôtres qu’il Dénit.

(x) J. Laderchius, De Sacr. basil. Marcellini et Petri, (2) De'Sacr. ædif., c. x, p. 130.

(3) Les Arts au moyen dge, t. II, p, 8.

Ces compositions d’un style barbare sont attribuées au temps de Constantin par Ciampini et par M. Barbet de Jouy; mais les bordures de fleurs et de fruits habilement dessinées sont considérées par eux comme une œuvre des siècles antérieurs. M. Ludovic Vitet (1) nous semble avoir parfaitement démontré que toutes ces mosaïques, sans exception, sont du temps de Constantin, et que murailles, colonnades, chapiteaux, mosaïques, tout est chrétien dans ce baptistère-mausolée de Sainte-Constance qui, en 1256, fut converti en église par le pape Alexandre IV.

SAINTE-PUDENTIENNE. — Cette église est construite sur l’emplacement de la maison du sénateur Pudens, chez qui habita saint Pierre en arrivant à Rome. On lit dans les Actes de sainte Pudentienne (2) : « Pudens s’en alla vers le Seigneur, laissant ses filles munies de chasteté et savantes dans toute la loi divine. Celles-ci vendirent leurs biens, en distribuèrent le produit aux pauvres et persévérèrent dans l’amour du Christ... Elles désirèrent avoir un baptistère dans leur maison, et non seulement le bienheureux Pie y consentit, mais il traça de sa propre main le plan de la fontaine... A la fête de Pâques, quatre-vingtseize Néophytes y furent baptisés, de sorte qu’on s’assembla dès lors dans ledit oratoire, et que, jour et nuit, le chant des hymnes s’y fit entendre. Beaucoup de païens y vinrent puiser la foi et y recurent le baptême en toute allégresse. » On a reconnu les traces de l’ancienne piscine qui était un bassin d’impluvium.

SAINTE-PRAXÈDE. — La piscine de son baptistère étaitune imitation de l’impluvium carré des maisons romaines. L'origine de l’église et du baptistère nous estainsi rapportée dans les Actes de sainte Pudentienne : « Novatus ayant légué son bien à Praxède, celle-ci demanda alors à saint Pie d'ériger une église dans les thermes de Novatus, lesquels n'étaient plus en usage et avaient une salle grande et spacieuse ; l’évéque en fit la dédicace sous le nom de la bienheureuse vierge Pudentienne, et il dédia une autre église sous le nom de la bienheureuse vierge Praxède dans la rue qui s'appelle de Latran, et y établit un titre romain. C’est dans le même lieu qu’il consacra un baptistère. »

Il ne reste aucune trace des autres baptistères de Rome, construits

(1) Etudes sur l’hist. de l’art, Ire série, p. 106. (2) Boll., 19 maii.

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