‹ Histoire du Sacrement De BaptemeChapitre 24 sur 445 · LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÈME À · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÈME À

(Sa:

repos déterminèrent le pape saint Damase, alors qu’il n’était encore que simple vicaire, à régulariser le cours de ces eaux débordées, comme le proclame linscription suivante, conservée aujourd’hui dans la crypte de Saint-Pierre, où Paul V la transporta en 1607 :

Cingebant latices montem, teneroque meatu Corpora multorum cineres, atque ossa rigabant; Non tulit hoc Damasus, communi lege sepultos, Post requiem, tristes iterum persolvere pœnas. Protinus aggressus magnum superare laborem.

Aggeris immensi dejecit culmina montis, Intima sollicita persecutans intima terrae, Siccavit totum quidquid madefecerat humor, Invenit fontem, praebat qui dona salutis

Haec curavit Mercurius laevita fidelis.

La construction du baptistère, qui ne fut compris dans l’enceinte de Saint-Pierre qu’au xr° siècle, sous le pontificat d'Adrien, est attribuée par les uns au pape Libère, par les autres à saint Damase [®. Il faudrait rejeter cette érection, ou plutôt une réédification, au pontificat de saint Syrice et en faire honneur à Longimanus, préfet de Rome en 304, si l’on s’en rapporte à cette inscription de la porte Portuensis :

His est Longianus, qui fontes baptismatis construxit Sancti papae Damasi versibus nobilitatos (1).

Et à cette autre inscription de la basilique vaticane :

Qui peccatorum sordes abolere priorum Terrenisque optas maculis absolvere vitam,

Huc ades ad Christi Fontem, sacrumque liquorem ; Corpus ubi, ac mentes pariter sensusque lavantur, Æternumque datur casto baptismate munus.

Hanc autem fidei sedem construxit ab imo

Militiae clarus titulis, aulaeque fidelis

Romanaeque urbis praefectus Longinianus (2).

Le poète Prudence a chanté la source vaticane se précipitant parmi les marbres en cascades sonores et formant un étang dont l’onde transparente reflétait les peintures des voûtes : « L'or lui-même, dit-il (3), prend la teinte de la verdure, et l’azur de l’eau se nuance de l'éclat de la pourpre : vous diriez que la voûte tremble, en la considérant reflétée dans les flots. »

(1) Muratori, Thes. inscript., t. IV, p. 1904. (2) Dyonisius, Crypt. Vatic. mon., tav, xxvir. (3) Hymn. XII, De SS, Apost. Petro et Paulo.

Le pape Symmaque fit élever dans cette fontaine sacrée un oratoire d'argent surmonté d'une croix d’or. Au commencement du 1x° siècle, le pape Léon III, voyant que le baptistère de Saint-Pierre menaçait ruine, et que, d’ailleurs, il était trop étroit pour la foule des Catéchumènes, en fit reconstruire un plus vaste, également de forme ronde, au même emplacement ; ce pontife entoura le bassin de colonnes de porphyre et fit placer au milieu une autre colonne surmontée d’un agneau d'argent qui déversait l’eau dans la vasque (1). Par la suite des temps, les conduits qui amenaient l’eau furent détruits; le cours de la source ne fut retrouvé que par le pape Innocent X; cette source alimente aujourd'hui la fontaine de la cour des Loges, au palais du Vatican.

Lorsque Jules II commença à bâtir le nouveau Saint-Pierre, il transféra le baptistère dans l’oratoire de Saint-Thomas et consacra à l'usage des fonts le sarcophage en marbre où avaient été enterrés Probus, préfet du prétoire, et sa femme Proba. Ils restèrent consacrés à cet usage jusqu’en 1699. Ce curieux monument en marbre blanc, décoré de nombreuses figures, se trouve maintenant dans une petite chapelle, près de celle de la Pietà.

Aujourd'hui, la chapelle des fonts baptismaux est la première à gauche en entrant dans la basilique ; elle a été somptueusement décorée par Innocent XII. Les mosaïques de la coupole sont relatives aux baptèmes d’eau, de sang et de désir. On voit dans les lunettes : le Sauveur baptisant saint Pierre ; saint Sylvestre baptisant Constantin ; Moïse faisant jaillir l’eau du rocher; Noé avec l’arc-en-ciel ; saint Pierre baptisant le Centurion ; saint Philippe baptisant l'eunuque de Candace. Le couvercle du sarcophage de l’empereur Othon II, mort à Rome en 974, sert d’urne baptismale. C'est, prétend-on, le plus vaste bloc de porphyre qui se trouve en Italie; ses décorations en métal doré ont été dessinées par Carlo Fontana en 1698. Outre les mosaiques de la coupole, cette chapelle en contient trois grandes, copies de peintures de C. Maratta, J. Passeri et A. Procaccini, représentant le baptême de Notre-Seigneur, celui de Corneille le Centurion, et ceux des saints Procès et Martinien (2).

BAPTISTÈRE DE SAINTE-CONSTANCE. — Anastase Je Bibliothécaire |

(1) Anast., in Leone III, n. 65.

(2) Sur le baptistère du Vatican, Cf. L. Dyonisius, op. cit.; P. Mollius, Comment. de basil, S. Petri, ap. Boll., t. VI Jun.; Fontana, | Tempio Vaticano ; De Bussières, les Sept Basiliques de Rome, t.I, p. 463.

Page 1