LIVRE XIV. — RITES, CÉRÉMONIES ET COUTUMES
province d'Avignon et fut réprimé sévèrement par un concile tenu dans cette ville en 1594. É
Dans le baptême privé qui se fait à l’église, le prêtre se contente de verser de l’eau sur la tête de l'enfant, d’y faire l'onction du saint chrême, de lui donner l’habit blanc et de lui remettre le cierge dans la main. Il doit omettre toutes les cérémonies qui précèdent l'ablution ; aussi la Congrégation des Rites (n° 6207) a-t-elle blâmé un curé qui, ondoyant à domicile un enfant en danger de mort, l’avait auparavant oint de l'huile des catéchumènes.
Les permissions d’ondoiement qu'on demande à l’évêque sont ordinairement motivées par l'absence des parrains qui ont été choisis; un certain nombre d’ordonnances ecclésiastiques ont déclaré ces motifs insuffisants (1). Divers statuts spécifient que la permission d'ondoyer les enfants n’est donnée qu’à la condition que la cérémonie sera faite à l'église, sauf urgente nécessité(2). Ces dispenses, accordées trop facilement par quelques évêques, moyennant une aumône à partager entre les pauvres et la fabrique, ont été plus d’une fois déclarées abusives par les Congrégations romaines. |
Il était d'usage d’ondoyer seulement les Enfants de France et de suppléer les cérémonies lorsque, âgés de quelques années, ils étaient en état de ratifier eux-mêmes les engagements que leur imposait la qualité de chrétien. Les considérations politiques, qui souvent dictaient le choix des parrains, pouvaient autoriser cette coutume à laquelle Louis XVI, par un louable sentiment de piété, fut le premier à déroger.
Les Orientaux ont des règles fort anciennes pour conférer le baptême sans les cérémonies ordinaires ; c'est ce que l’on voit dans les Rituels des Coptes, des Syriens jacobites, etc.
ARTICLE IIL
Cérémonies abrégées
Beaucoup de Rituels contiennent un mode abrégé d'administration baptismale pour les enfants en péril imminent de mort. Le concile de
(1) Concile d'Avignon (1594); Bochel, 1. II decret. eccl. Gallic.; pp. 161, 162, 190. (2) Statuts syn. de Beauvais (1853), d'Autun (1866), etc.
Nîmes (1284) dit qu’alors on doit d’abord verser l’eau régénératrice et faire ensuite les cérémonies. Les Orientaux ont également des rites abrégés pour les cas d'urgence.
A une époque où les évêques de France s’arrogeaient un droit presque absolu sur la liturgie, quelques prélats crurent pouvoir supprimer une partie des cérémonies du baptême pour les enfants des hérétiques, espérant par là vaincre la répulsion des non-catholiques pour nos églises; c'est ainsi qu’agit le cardinal de la Luzerne; il est curieux de voir les explications qu'il donne à ce sujet dans ses Zns{ruclions sur le Rituel de Langres, publié en 1818 : « Dans l’ancien état de choses, dit-il, où la loi ne reconnaissoit point de Protestans, il ne pouvoit y avoir qu’une seule espèce de cérémonie commune à tous les enfans qu’on apportoit au baptème, de quelque religion que fussent leurs parents. Maintenant il paroît nécessaire de donner pour les non-catholiques un rite différent qui ne présente que les cérémonies dont ils reconnoissent comme nous la nécessité. [1 est important pour entrer dans les vues de sa Magesté, pour attirer auprès de nous ceux qui ont le malheur d’être engagés dans l'erreur, etenfin pour le salut même de ces enfans auxquels le sacrement pourroit être administré hors de nos églises d’une manière invalide, et par des personnes qui n’en connoîtroient point suffisamment la forme, de présenter à nos frères errants un rit qui ne les éloigne pas et qui ne renferme pas des cérémonies contraires à leur créance. En conséquence, nous donnerons dans le. Rituel une manière particulière d’administrer le sacrement de Baptême aux enfans de ceux qui sont engagés dans des erreurs contraires à: la foi catholique; et nous recommandons à tous les curés, vicaires et autres ecclésiastiques de ce diocèse de ne point en employer d’autres pour le Baptème de ces enfans. » |
ARTICLE IV
Du Baptême conféré par un évêque
Tout ce qui concerne le rite pontifical pour le baptème des enfants et des adultes, est une addition faite par Benoît XIII au Pontifical romain. Quand un cardinal ou un évêque baptise, il suit ce rite spécial