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LIVRE XIV. — RITES, CERÉMONIES ET COUTUMES A

surpris par la maladie, n'avait pu proférer aucune parole pendant la réception du sacrement. Saint Fulgence se trouva obligé de rassurer son correspondant à ce sujet, en lui disant que la perte de la parole avait laissé subsister les sentiments de foi qui animaient auparavant ce jeune esclave.

Les adultes doivent tout d’abord faire connaître leur nom et le répéter deux autres fois, quand une interrogation leur sera adressée à ce sujet. Au lieu d’une seule renonciation à Satan et d’une seule profession de foi, immédiatement avant le baptême, ils en font deux, l’une à la porte de l’église, l’autre avant l’ablution baptismale. Au lieu de trois insufflations, ils en reçoivent quatre, dont la dernière en forme de croix. Le prêtre leur fait un signe de croix sur le front, les oreilles, les yeux, les narines, la bouche, la poitrine, les épaules, et sur tout le corps sans le toucher.

L’adulte n’est pas introduit dans l’église avant d’avoir reçu le sel bénit, avant qu'il ait prié trois fois à genoux, qu’il ait été marqué trois fois du signe de la croix par le parrain et par le ministre; il récite trois fois l’Oraison dominicale, reçoit trois fois l'imposition des mains ; trois fois on prononce sur lui des formules d’exorcisme. Entré dans l'église, il se prosterne sur le pavé, puis il récite le Symbole et l’'Oraison dominicale, tandis que le ministre lui impose la main sur la tête. L’adulte reçoit la robe blanche qu'il revêt par-dessus ses habits, tient lui-même le cierge allumé jusqu’à la confirmation et communie à la messe.

La liturgie du baptème des adultes a fait surgir bien des difficultés pratiques qui ne sont pas encore toutes résolues. L'usage s'étant introduit aux États-Unis de conférer le baptème aux adultes avec les prières et les cérémonies du baptême des enfants, les Pères du concile de Baltimore, en 1820, adressèrent une supplique au pape Pie VIIT pour lui demander à ce sujet dispense apostolique. Cette tolérance fut accordée pour l’espace de vingt années seulement; plus tard, en 1847, la même demande, formulée par l’évêque de Port-Louis et motivée par les occupations excessives d’un clergé trop peu nombreux, fut accueillie négativement par la Congrégation des Rites (1).

La même Congrégation a décidé que lorsqu'on baptise sous condition un adulte revenu de l’hérésie, à cause d’un doute fondé sur la validité du sacrement, on doit le faire avec les cérémonies prescrites pour le baptême des adultes. Il faut au contraire recourir aux cérémonies des

(1) Anal. jur. pontif., xe série, p. 374.

enfants à l'égard d’un adulte catholique certainement baptisé dans son enfance, mais avec omission des cérémonies prescrites (1).

L'Église anglicane a aussi un formulaire spécial pour le baptême des adultes. Le ministre, après une exhortation au Catéchumène, lui dit : « Puisque vous vous présentez pour être reçu d’une manière visible et solennelle dans l’Église de Jésus-Christ, après vous être éprouvé vous-même, êtes-vous si bien persuadé des vérités de l'Évangile que rien au monde ne puisse vous faire abandonner la foi chrétienne ? Répondez. — Oui. — Confessez votre foi en récitant le Symbole des Apôtres. — Le prosélyte répond en récitant le Symbole des Apôtres. Le Ministre reprend : — Etes-vous résolu à renoncer au péché et à régler toute votre vie sur les commandements de Dieu ? Répondez. — Oui. — Prononcez donc le vœu du Baptème. — Nous promettons de vivre et de mourir dans la foi chrétienne et de renoncer au péché afin de nous consacrer entièrement à Dieu. Amen. — Le Ministre dit alors : Que le Seigneur vous fasse la grâce d'accomplir votre promesse. Ensuite le Ministre descendant de la chaire fait mettre le Néophyte à genoux, lui verse de l’eau sur la tête et dit : N. N. je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Que Dieu ratifie vos engagements et vous reçoive dès maintenant dans l'Église des rachetés, Allez en paix. »

ARTICLE II

Be l’ondoiement

On appelle ondotement le baptême privé, administré sans solennité, qui se fait, soit, en cas d'urgence, à la maison de l'enfant, soit à l’église quand, pour une cause quelconque, l’évêque en a donné l'autorisation. Il n’est point permis, hors les cas de nécessité, de séparer le baptême de ses cérémonies, c’est-à-dire de baptiser l’enfant à la maison et de le porter ensuite à l’église; cet abus régnait au xvi* siècle dans la

1) N°0 6410, 27 août 1836.

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