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LIVRE XV. — DES REGISTRES, DES ACTES ET DES EXTRAITS DE BAPTÈME

personne en question. Abstraction faite des provinces où, sous l’influence du droit français, les autorités civiles ont remplacé les ecclésiastiques, la tenue et la conservation des livres et de leurs doubles appartiennent régulièrement aux curés et à l'ordinaire épiscopal. Une visite des registres d'église ne peut être exécutée par les autorités civiles qu’autant qu’il y aurait des indices directs de la violation des obligations des curés et des doyens à cet égard. Toutes les attestations tirées des registres de l’église, si elles doivent publiquement faire foi, doivent être légales, c'est-à-dire être faites par le curé lui-même avec sa signature et le sceau de la paroisse. »

Un même registre servait autrefois pour les naissances, les mariages et les sépultures. On trouve des cahiers distincts pour les naissances à Saint-Eustache de Paris, à partir de 1529; à Saint-Germain-l'Auxerrois, en 1526; à Saint-Sulpice, en 1537. La déclaration de 1736 suppose que les actes de baptême, de mariage et de sépulture seront inscrits sur le même registre à la suite les uns des autres, sans autre ordre que celui du temps où ils seront dressés. Toutefois l’article xvr de cette déclaration permet aux paroisses qui sont dans l’usage contraire, d’avoir trois registres distincts pour ces différents actes. Un arrêt du Conseil d'État du 12 juillet 1746 ordonna que les actes de sépulture fussent inscrits à part dans une partie spéciale du registre, pour qu’ils pussent être communiqués aux fermiers du domaine, sans que ceux-ci eussent occasion de prendre connaissance des autres actes, dont il est parfois important de ne pas révéler le secret.

Tandis que divers Rituels prescrivent l’unité de registre, il en est d’autres qui en exigent trois; c’est ce qui a le plus ordinairement lieu aujourd’hui dans les grandes paroisses.

On a coutume de dresser à la fin de chaque registre annuel une table alphabétique pour faciliter les recherches. Ces tables apparaissent à Saint-Eustache de Paris en 1713; à Saint-Jean-en-Grève, en 1718. On fit aussi des répertoires généraux comprenant un certain nombre d'années : à Saint-Merry, par exemple, de 1536 à 1790; à Saint-Louisen-l’Ile, de 1623 à r792(1).

Les actes de baptême antérieurs au xvr° siècle, écrits d'ordinaire sur des feuilles volantes, sont extrêmement rares. Le registre baptistaire - de la Madeleine de Châteaudun, découvert par M. Lucien Merlet (2),

(1) J.-N. Loir, de l'État civil religieux en France avant 1792. (2) Mém. de la Soc. arch. d'Eure-et-Loir, t. T, p. 210.

remonte à 1478; celui de Villedieu (Loir-et-Cher) date de 1479. On en trouve à Auxerre, de l'an 15193 à Chartres, de 1527 ; à Rouen (Saint- Gervais), de 1535; à Lyon (Sainte-Croix), de 1555, etc.

Les registres des paroisses de Paris qui, avant l'incendie de la Commune, étaient conservés depuis 1702 dans les archives de l'Hôtel de ville, remontaient la plupart au xvi° siècle. Les plus anciens étaient ceux de Saint-Jacques-la-Boucherie et Saint-André-des-Arcs (1525); de Saint-Jean-en-Grève et de Saint-Nicolas-du-Chardonnet (1526); de Saint-Landry, de Saint-Josse et de Saint-Laurent (1527); de Saint- Germain-l'Auxerrois (1528).

Les registres en double déposés aux archives du greffe ne commencent qu’en 1668, excepté ceux de Saint-Sulpice, qui remontent à 1574. Dans le département de Seine-et-Oise, les registres les plus anciens du greffe de Versailles ne remontent pas au delà de 1678, tandis que les anciens registres paroissiaux de Saint-Germain-en-Laye, conservés à la mairie, commencent en 1550 (1).

Les plus anciens registres protestants de France paraissent être ceux qui sont aujourd’hui conservés à la mairie de Montauban; ils s’étendent de l’an 1564 à l’an 1667 et ont été rédigés par le secrétaire du consistoire. À cette dernière année, le consistoire de Charenton décida qu’on tiendrait désormais un registre où seraient inscrits les baptêmes, les mariages et les sépultures (2).

Les anciens registres de baptême sont parfois précieux en raison des faits et des réflexions qu’y consignait le curé, comme sur un cahier qui lui aurait été personnel.

En Italie, on se bornait en général à de pieuses maximes, à des souhaits de bonne et longue vie. Sur le registre de Castiglione, l’acte de baptème de saint Louis de Gonzague est accompagné de ces paroles : « Qu'il soit heureux, qu'il soit cher à Dieu, qu’il vive éternellement pour le bien des hommes (3). » Il arrivait aussi que les curés mentionnaient des événements généraux ou locaux d'un certain intérêt. L'éditeur des Mémoires de Brienne a signalé le registre de la paroisse Saint-Paul où le curé, à l’époque de la Fronde, notait les nouvelles politiques. Mais en général les digressions que se permettent les registres paroissiaux ont rapport à la localité et relatent surtout les incen-

(2) Loir; april. p.12, (2) Bulletin de la Société de l'Histoire du protestantisme français, t. XVIII, p. 204. (3) Daurignac, Hist. de S. Louis de Gonx., p. 17.

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