CHAPITRE III
Des extraits de Baptème
Tout le monde sait qu'on nomme ainsi la copie authentique d’un acte inscrit dans le registre des baptêmes, signée par le curé ou son vicaire et munie parfois du sceau de la paroisse. Quand les extraits doivent être envoyés dans un diocèse étranger où la signature de l'expéditionnaire est inconnue, on la fait ordinairement légaliser par l'évêque.
Les extraits de baptême ne sont pas seulement exigés pour la confirmation, la première communion, le mariage et l’ordination, mais aussi pour les canonisations; à défaut de cet acte, on procède à une enquête : c’est ce qui eut lieu lors de la béatification de Jeanne-Françoise de Chantal dont on ne put jamais retrouver l’acte baptismal, Pour y suppléer, on interrogea un grand nombre de témoins, et l’évêque de Langres, par un certificat en date du 12 février 1710, déclara que tous les habitants de la ville de Dijon faisaient profession de la religion catholique et que les enfants y étaient baptisés.
Un certain nombre de sociétés charitables exigent, pour délivrer des secours, qu’on produise préalablement un certificat de baptême. C’est pour cette raison que le conseil municipal de Paris, dans sa séance du 4 mai 1876, a supprimé les subventions accordées jusque-là à la Société de charité maternelle et à l'Association des mères de famille. Le rapporteur, M. Thulié, a fait cette étonnante découverte que ces associations religieuses « battaient en brèche les institutions civiles du pays. »
Une déclaration du Roi, en 1736, défend aux curés, à peine de concussion, d'exiger ou de recevoir, sous quelque prétexte que ce soit, pour un extrait de baptême ou de mariage, plus de dix sols dans les villes où il y a un présidial, huit sols dans les autres villes et cinq sols dans les autres lieux.
En Espagne, le concile de Valence, tenu en 1500, prescrivit à chaque église l’usage d'un sceau pour sceller les extraits des registres de catholicité. Cette louable coutume qui, depuis la Révolution, était tombée en désuétude dans presque toutes les paroisses de France, commence à être remise en honneur.