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DES RELEVAILLES

La plupart des Synodes et des Rituels rangent la cérémonie des relevailles parmi les appendices du baptème. Nous ne ferons que les imiter en consacrant ici un livre spécial à la bénédiction des accouchées, connue scus le nom de relevailles où purification.

D’après les institutions de Moïse, une femme, après être accouchée d’un garçon, gardait la maison pendant quarante jours, et pendant quatre-vingts jours, si elle avait eu une fille. Après ce laps de temps, elle devait se présenter au temple avec un agneau et un pigeon ou une tourterelle; deux pigeons ou deux tourterelles suffisaient lorsqu’elle était pauvre. Le prêtre immolait un de ces oiseaux dans un vase de terre, au-dessus d’une eau vive; il trempait l’autre oiseau dans le sang de celui qui venait d’être immolé, puis faisait sept aspersions sur la femme, la déclarant purifiée ; il laissait ensuite l'oiseau s'envoler. Ce besoin de purification après les couches est admis par beaucoup de peuples, même par les idolâtres. Chez les Siamois, les femmes accouchées restent pendant un mois exposées à la chaleur d’un grand feu; chez les habitants du Pégu, elles demeurent étendues pendant cinq jours sur un gril de bambou, au-dessous duquel on entretient un feu modéré; chez les Tartares ostiakes, elles sont obligées de sauter par-dessus un grand feu qu’elles allument dans leur cabane. D’un autre côté, chez un grand nombre de peuples anciens et surtout chez les Aryens, la femme heureusement délivrée

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des souffrances de la grossesse et des douleurs de l’enfantement, éprouve le besoin de remercier le Ciel et de recourir à quelque cérémonie religieuse. Le Christianisme a conservé aux relevailles cette double signification : elles sont tout à la fois un acte de pieuse reconnaissance, comme chez les Aryens, et un acte de purification, comme chez les Juifs.

Les prières prononcées sur la mère délivrée sont d’une haute antiquité; dès le 1v° siècle, elles étaient générales dans l'Église grecque. Les Constitutions ace de Nicéphore Re la mère comme tellement souillée qu’elle ne doit pas, avant sa purification du quarantième jour, ni allaiter son enfant, ni le faire coucher avec elle, ni même le toucher (1). Ces observances toutes judaïques n’ont jamais été approuvées par l’Église romaine; saint Augustin de Cantorbéry ayant demandé à saint Grégoire le Grand combien de temps une femme, après ses couches, devait s'abstenir d’entrer dans l’église, le pape répondit qu'aucune loi ne lui interdisait cette entrée (2). Au xu® siècle, beaucoup de femmes, à l’exemple de la sainte Vierge, s'abstenaient d’aller au temple pendant quarante jours. Le pape Innocent III ne voulut point blâmer cette dévotion ni désapprouver les mères qui vont plus tôt à l'église se faire bénir par le prêtre (3).

En effet aucune prescription générale de l'Église ne rend les relevailles obligatoires; c'est seulement une pieuse coutume qu’elle encourage. Quelques conciles provinciaux ont dépassé la mesure en métamorphosant en obligation absolue une libre pratique de piété : aussi ont-ils été modifiés sur ce point par les corrections romaines (4). Cette cérémonie n’a jamais été universellement observée, car si nous la voyons vivement recommandée par divers conciles, nous remarquons qu’il n’en est fait aucune mention dans un certain nombre de Rituels (5).

Plusieurs théologiens ont prétendu que la mère devait amener son enfant à l'église pour qu’il participe aux bénédictions des relevailles ; l’usage contraire a prévalu plus généralement, surtout en France et en Italie. La présentation de l’enfant est très ordinaire en Allemagne,

(1) D. Pitra, Spicil.,t, IV, p. 300,

(2) Epist. LX VI,

(3) Cap. unic. De purificat.

(4) De Ram, Nov. coll. syn. Mechlin, t. 1, p. 05; de Hert, Sacr: lit. praxis, part. VI, n, 11.

(3) Rit. de Lyon (1541), de Reims! 1585), de Rouen (1596

96), d'Alet (16 d'Evre

(1621), d'Arras (1628), de Reims (1667), de Maven de Wurzbourg, EUR Li 5

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