LIVRE XVIII. — ICONOGRAPHIE DU BAPTÈME
l’explication antérieure des sacrements, et, dans la Loi nouvelle, le développement de la loi primitive. « Le cadre du baptême, dit M. Léon Lagrange (1), présente d’un côté le serpent enroulé autour de l'arbre du Paradis terrestre, et triomphant, car Adam et Eve s’enfuient devant le glaive flamboyant de l’ange ; de l’autre côté, la croix, triomphante à son tour, pendant que le serpent expire. Un petit médaillon, placé entre ces deux emblèmes, au sommet du dessin, explique cette transformation. C’est le baptème de Jésus, transition du fait ancien au fait nouveau. Dans le sujet principal, on voit les apôtres, au moment où ils viennent de recevoir le Saint-Esprit, commencer leur mission en baptisant les races de la terre. Ces apôtres, grandement drapés et dessinés avec une force peu habituelle à l'artiste, font songer à Nicolas Poussin. Mais, dans l'institution du sacrement, Poussin n’a vu qu’un fait historique, le baptême de Jésus par saint Jean ; il a été impuissant à exprimer et le sens religieux et l’idée de perpétuité qui, seule, fait de cette action un sacrement. Overbeck a rejeté le baptème de Jésus parmi les idées accessoires, et il a choisi pour sujet principal un fait historique aussi, mais en même temps symbolique, qui exprime le sens et la valeur du sacrement de baptême dans l’Église. Les apôtres, pleins de l’'Esprit-Saint, puisent l’eau au vase des grâces divines et la répandent sur toutes les nations accourues à leurs pieds. »
ARTICLE IV
Mosaïques
Roue. — Saint-Jean-de-Latran. — Bäptème de Constantin administré par infusion dans une cuve pédiculée. On lit au bas cette inscription : Rex baplizalur et lepræ sorde mundatur.
Sainte-Pudentienne. Une mosaïque du 1ix° siècle représente deux époux plongés à mi-corps dans une cuve à fond plat qui ne doit avoir qu'environ 80 centimètres de hauteur et par conséquent insuffisante pour l'immersion des adultes. Un prêtre nimbé impose la main sur la
(1) Gazette des Beaux-Arts, t, 1, p, 351.
tête de l’un des Catéchumènes. Un homme et quatre femmes assistent à la cérémonie qui se passe dans un baptistère à colonnades. Au bas, on lit cette inscription : Auxit mactatos hic vive fonte renalos.
ARTICLE V
Miniatures
BRUxELLES. — Dans le manuscrit du Saint-Graal, conservé à la Bibliothèque royale de Bourgogne, on voit une scène de baptème. Un prêtre verse de l’eau sur un personnage nu qui paraît agenouillé derrière des fonts tabulaires, décorés de figures de pélican.
Dans une miniature du n° 0066 de la même bibliothèque, est figuré le baptème des Saxons vaincus par Charlemagne. Un grand nombre de cuvettes peu profondes sont disposées pour recevoir les Saxons, dépouillés de leurs habits,
Le tome II des Annales manuscrites du Haïnaut par Jacques de Guise représente le baptême de Clovis plongé nu dans une cuve, et celui de plusieurs jeunes filles figurées de la même manière. La reine Clotilde préside à la cérémonie. Dans l'Histoire manuscrite de la Belle- Hélène (xv° siècle), on remarque un baptême par immersion.
Loxpres. — Le Pictorial History of England (t. 1, p. 553) a publié une miniature du xu1° siècle représentant un baptème administré par saint Thomas de Cantorbéry. — Un autre ouvrage anglais, Old England, a gravé le baptême de la mère du même Saint.
Paris; Bibliothèque nationale. — Dans les Chroniques de Saint- Denis (manuscrit 8303, 37 f° 447), baptême du fils de Charles V. — Dans le roman d'Olivier de Castille (n° 125,74), une miniature du xv° siècle représente le baptême de ce personnage ; les deux parrains ont leur coiffure sur la tête, bien que la scène se passe dans une église.
Claude de Vert a fait graver une estampe (1) d’après un manuscrit
(1) Expl. des Cérém. de l'Église, t. Ip. 805: