‹ Histoire du Sacrement De BaptemeChapitre 43 sur 445 · LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÈME · texte numérisé non relu

LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÈME

façade. Quatre pilastres à gros chapiteaux soutiennent un cordon qui sert de base à deux frontons et à un arc archivolté. En guise de volutes, un des chapiteaux est décoré de figures de poissons, emblème des chrétiens régénérés dans l’eau baptismale. Parmi les restes de fresques, on en remarque une d’un caractère véritablement grandiose : c’est le Christ entouré d’une auréole, tenant l’Évangilé de la main gauche et bénissant de la droite; près de lui volent deux anges qui, d’une main, montrent le ciel, et, de l’autre, le Fils de Dieu.

Le baptistère de Saint-Jean a subi bien des épreuves. Devenu église paroissiale au xvrr° siècle, il servit successivement, pendant la Révolution, de fonderie de cloches, de fourneau de soupes économiques, de magasin pour la fabrique Saint-Pierre. Enfin, en 1832, il fut acheté

par la ville et devint le musée de la Société des Antiquaires de l'Ouest.

PrimiLracum. — Sulpice Sévère, évêque de Bourges, fit construire deux églises, séparées par un baptistère, à Primiliacum, lieu dont la situation n’est pas exactement connue. C’est peut-être Périllac, hameau du canton de Villeneuve d'Agen, ou Premiliac, hameau du canton de La Nouaille ? C’est pour ces monuments que saint Paulin, évêque de Nole, composa, sur la demande de saint Sulpice, un certain nombre d'inscriptions. Voici la version que donne de l’une d’entre elles un traducteur anonyme des lettres de saint Paulin (1) :

De cette source heureuse où renaissent les âmes, Sort un fleuve abondant de lumière et de flammes. L’Esprit-Saint, qui sur elle est descendu des cieux, L'épouse et l’enrichit de ses dons précieux.

Pleine du Dieu vivant qui s'épand sur son onde, En enfants immortels elle devient féconde.

O bonté sans exemple ! Ô remède puissant !

Qui s’y plonge coupable en ressort innocent.

Heureux dans son issue, heureux dans son entrée, L'homme y meurt pour la terre, y naît pour l'Empyrée ; Et là, se dépouillant de l'A dam criminel,

Y renaît pour jouir du royaume éternel.

Saint Sulpice avait fait peindre dans son baptistère, en face du portrait de saint Martin, celui de saint Paulin ; l’évêque de Nole se plaint

(1) Les lettres de S. Paulin, évêque de Nole, traduites en français. Paris, 1703, in-8.

de cet excès d'amitié, dans une lettre qui nous a légué de précieux détails sur l’ornementation des églises primitives.

Riez (Basses-Alpes. — Le nom de Panthéon, qu’on donne au monument de Riez, indique assez l'erreur de l'opinion populaire sur sa destination primitive. Ce baptistère, aujourd’hui éloigné de la ville, avoisinait la cathédrale disparue; en 1559, il fut converti en chapelle dédiée à saint Clair, laquelle sert aujourd'hui à la Confrérie des Pénitents. Cette rotonde, maladroitement restaurée en 1818, est faiblement éclairée par des fenêtres cintrées ; Eyed À elle offre à peu près les mêmes disposi- HE RTE tions intérieures que le baptistère d’Aix.

Plan du baptistère de Riez. Des fouilles ont mis à jour une piscine

du v° siècle, mesurant 1 mèêtre 20 cent.

de diamètre sur 45 centimètres de profondeur, et dont les parois sont revêtues de plaques de marbre blanc.

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