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CHAPITRE III

Des églises baptismales

Aujourd’hui, en France, il est de droit commun pour toutes les églises paroissiales d’avoir des fonts et d’administrer le baptême. Ce n'est plus guère qu’en Italie, dans certaines villes, que subsiste encore le privilège exclusif du baptistère, conservé à ce sanctuaire quand il existe encore, ou bien transféré, soit à la cathédrale seule, soit à un nombre limité d’églises; ailleurs l'antique privilège ne revit que pour les baptèmes solennels, et surtout pour ceux d’adultes, qui se font les veilles de Pâques et de la Pentecôte.

On comprend facilement comment le baptême, conféré d’abord exclusivement dans le baptistère épiscopal, le fut peu à peu dans un nombre croissant d’églises privilégiées. Quand les Chrétiens se multiplièrent, l’église épiscopale devint insuffisante pour satisfaire aux besoins spirituels des fidèles qui étaient plus ou moins éloignés de leur évêque. On érigea alors des églises, des chapelles, des oratoires dans les villes et les bourgades, et ces sanctuaires furent desservis par les prêtres et les diacres qui, pendant les trois premiers siècles, s'étaient rarement séparés de l’évêque. Dès que les diocèses furent constitués, ils furent presque toujours divisés en archidiaconés, et ces archidiaconés se fractionnèrent en églises baptismales dont le titulaire était désigné sous le nom de Decanus christianitatis pour le distinguer des Decani militares, répartis dans les campagnes, à l’époque gallofranque, à peu près comme le sont aujourd’hui nos brigadiers de gendarmerie. Le plus ordinairement, c’est l’ancien municipe romain, chef-lieu d’un pagus, qui devient le siège d’un décanat et par conséquent d’une église baptismale. Charlemagne, se préoccupant du danger où étaient les enfants de mourir sans baptême, ordonna en 789 que tous fussent baptisés avant l’âge d’un an et, comme conséquence de cet

édit, il voulut qu’on multipliât les fonts dans les églises paroissiales et même dans les églises conventuelles ayant charge d'âmes. Un certain nombre d’églises rurales, qu'on appelait Chapelles, furent alors munies de fonts, avec l'autorisation de l’évêque ; plus tard, on les multiplia dans les villes non épiscopales qui possédaient déjà une église baptismale, et en dernier lieu, parfois à une époque très récente, dans les villes épiscopales munies d’un baptistère. Quand ces monuments spéciaux disparurent, ils furent ordinairement convertis en églises baptismales et conservèrent leur vocable primitif, comme Saint-Jean à Poitiers, Saint-Jean-le-Rond à Paris, Saint-Jean à Verdun, Saint-Jean du Cloître à Toul, etc. Les églises baptismales étaient désignées sous le nom de Mairices, de Tiluli ou de Plebes. Le terme d'église matrice indiquait que les fidèles, en y récevant le baptême, sortaient de ce sanctuaire comme du sein de leur mère spirituelle pour vivre d’une nouvelle. vie. Les églises paroissiales jouissant. du droit baptismal reçurent le nom de Titres pour les distinguer de l’église épiscopale et du cercle de sa juridiction qui, pendant les trois premiers siècles et même parfois au v°, étaient désignés sous le nom de Parochia. « Les. églises s’appelaient Titres, dit Altasserra (1), parce que, quand un prêtre était ordonné, son ordination se faisait sous son Tïtre,-c’est-àdire avec :la RE d’une église spéciale dont l’ordonné était appelé Titulaire. » On attribue au pape Évariste, élu en l’an 112, la création des premiers Tres de Rome.

Les églises baptismales étaient aussi désignées sous le nom de Dlebes, à cause du peuple de fidèles qui s’y rendaient de toute la circonscription décanale, non seulement pour le baptême, mais. aussi aux trois fêtes principales de l’année. Les autres églises, correspondant à nos succursales, étaient appelées Chapelles ou Tituli minores.:Il faut remarquer toutefois qu’en Bretagne, au 1x° siècle, le mot P/ebs ou. Plebes, désigne non pas une église baptismale et son district, mais seu-. lement une paroisse dans le sens actuel du mot(2). : RL

Les églises baptismales sont aussi parfois désignées, au moyen âge, sous le nom de : Æcclesia Baptismalis, Parochialis, Plebesana, Plebanis, Plebitanea, Principalis, Sedalis ; Ecclesia in catholico, Oracula, Baptisterium, etc.

L'établissement des églises baptismales ne date point partout de la.

-(1) Not. in Anast, °(2) Congr. arch. de France; Séances ten: ‘es à Nantes en 1856, p. 25,

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