LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÈME
Bacrismu sc1 PETRI. D’après la tradition, saint Pierre se serait servi de ce chapiteau dorique, pris à la fontaine du dieu Faune sur le mont Aventin, pour baptiser la jeune Prisca, âgée de treize ans. S'il en était ainsi, ce serait là la plus ancienne de toutes les cuves baptismales et, en même temps, un argument décisif en faveur de l'emploi de l’infusion dès le premier siècle. Mais il est très probable que l’évidement du chapiteau date d’une époque très postérieure, et qu’on aura ainsi métamorphosé un chapiteau de l’édicule érigé au dieu Faune, pour rappeler que c’est dans cette fontaine que saint Pierre baptisait les premiers Chrétiens. — Sainte-Marie in Cosmedin. Les fonts ont été faits avec un vase antique qu’entoure une vigne. — Saint-Jean-Porte-Latine. Une ancienne cuve baptismale du vin siècle sert de margelle au puits d’un jardin voisin. — Bibliothèque Vaticane.
Fonts en porcelaine de Sèvres qui Fonts de saint Pierre, à Sainte-Prisque. servirent en 1856 au baptême du Cimetière de Saïnt-Pontien. « : FR : 5 .
Prince impérial. On y lit des inscrip-
tions tirées de Tertullien.
SIENNE. — Dans la crypte de la cathédrale, se trouve un battisterio hexagone de la Renaissance, beaucoup trop vanté. La cuve, décorée de bas-reliefs relatifs au baptême, est surmontée d’une construction centrale qui ne joue que le rôle inutile d’une ornementation décorative. Comme le dit fort bien M. Gailhabaud qui a publié ces fonts (1) : « Ils paraissent le résultat des combinaisons d’un artiste qui cherchait beaucoup plus un agencement propre à déployer les effets du décor qu’à produire une œuvre basée sur la logique. »
Suse. — A l’église Saint-Just, fonts du xu° siècle où on lit cette inscription : Hic CHRISTVS ÆTERNVM PRÆSTAT BAPTISMATE REGNVM.
SyRACUSE. — On conserve à Syracuse un bassin en marbre dans lequel on croit que saint Marcien, premier évêque de cette cité, bapti-
(1) L'Architecture, etc., t. IV.
sait les païens qu’il convertissait ; il n'aurait été ni assez large ni assez profond pour servir à l'immersion: Pacciaudi (1) suppose que c’est un bénitier du vi® ou vu® siècle. Mais l’inscription suivante, qu’on y lit, nous fait croire que c’est la coupe d’anciens fonts baptismaux :
ANOHMA IEPOY BAIITIEMATOZ | ZOSIMOY OEGAQ@PON (dwx) A TON (à) KPATHPA
C'est-à-dire, selon Pacciaudi, qui suppose une faute du graveur dans
le nom de Zosime :
DoNARIUM SACRI BAPTISMATIS Zosimus DEO DONUM OBTULI HUNC CRATEREM.
ToscanELLA (anciens États de l’Église). — A l’église Sainte-Marie, fonts baptismaux octogones formés de grandes dalles de pierre, ornées
de profils et de riches sculptures.
VENISE. — Outre les fonts de Saint-Marc, dont nous avons déjà parlé, on remarque dans cette ville: 1° ceux de San-Martino, exécutés en 1484, par Tull. Lombardo ; 2° au couvent des Capucins, une urne baptismale décorée d’une inscription en l’honneur de saint Jean ; 3° dans l'ile de Murano, à la chapelle des Religieuses de Saint-Marc, une urne en marbre de Paros, provenant de la Grèce, où on lit cette
inscription :
’Avrhcurar (sic) Üwp per’euppocivns, tt pwvh xuplou Ent tuy vodrov.
A. Toù Nixouédou, Q (2).
4° Un monument illyrien du 1x° ou x° siècle, provenant du baptistère de Nona (Dalmatie), conservé au musée Correro. Au-dessus d’une
croix grecque, on lit l'inscription suivante :
Hec fons nempe sumit infirmos, ut reddat illuminatos. Hic expiant scelera sua, quod de primo sumpserunt parente, ut efficiantur christicole salubriter confitendo trinum perenne.
Hoc Johannes presbiter sub tempore Wissaslavo duci opus
bene composuit devote, in honore videlicet sancti Johannis baptiste ut intercedat pro eo clientuloque suo.
(1) De Balneis.
(2) Mabillon, Z6. ital., t. I, p. 24.