LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÊME ji
ARTICLE V
Notes historiques et descriptives sur un certain nombre de fonts baptismaux conservés ou disparus
Assurément nous n'avons pas la prétention de signaler ici tous les fonts remarquables de l'Europe; pour cela il nous faudrait tout un volume, et nous ne disposons que d’un nombre limité de pages. Nous allons donc nous borner, tantôt à décrire sommairement, tantôt à simplement énumérer un certain nombre de fonts dignes d'intérêt, en commençant par l'Italie, continuant par la France, l'Alsace, la Belgique, la Hollande, l'Angleterre, l'Allemagne, l'Autriche, et en terminant par quelques mots sur les autres contrées de l’Europe, sur l'Afrique et sur l'Asie.
Pour ne pas nous répéter inutilement, nous ne dirons rien des fonts que nous avons déjà mentionnés en décrivant quelques baptistères.
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Italie
Assise. — On voit encore à la cathédrale les fonts où furent baptisés saint François en 1182 et sainte Claire en 1194. On y lit cette inscription : Questo e il fonte dove fu battezzato 1l seraphico Padre san Francisco.
Capous. — À la cathédrale, baignoire antique supportée par deux lions du xrr siècle. Une autre cuve, avec inscriptions des xi° etxn°siècles, conservée au musée de cette ville, m'a été signalée par M# Barbier de Montault.
Corr (Campagne de Rome). — Les fonts sont une urne funéraire antique où on lit l'épitaphe de M. Calvius.
Cornero, près de Civita-Vecchia. — A l’église de Santa Maria in Castello, grands fonts octogones, plaqués de marbre et d’albâtre, dont
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la corniche est richement sculptée. M. de Rossi les croit antérieurs
au x1° siècle (1).
Grorra-FEerrATA. — M# Barbier de Montault a bien voulu m'indiquer dans cette localité des fonts qui lui paraissent dater du rv° siècle. Ils n’ont pour toute ornementation qu’une sculpture représentant un
pêcheur qui prend un poisson à la ligne.
Lucques. — À San-Frediano, magnifique cuve en marbre, de 8 pieds de diamètre, portant la date de 1154 et la signature de son sculpteur, Robertus Magister. Les bas-reliefs représentent le Bon Pasteur, la Loi donnée à Moïse, etc. En face se trouvent les nouveaux
fonts élégamment sculptés par Nic. Civitali.
Mican. — Les fonts en porphyre de la cathédrale paraissent avoir été une baignoire antique, provenant des thermes de Maximien. Ils sont au milieu d’un édicule composé de quatre colonnes de marbre, d’ordre corinthien, élevées sur de hauts piédestaux à chapiteaux de bronze, qui soutiennent quatre frontons. L’entre-colonnement est trop large, les colonnes sont trop grêles. Cette composition de Pellegrini, vivement critiquée, donna lieu à une controverse artistique entre l’auteur et
Martin Bassi.
Prsrora. — À San-Giovanm-Forcivita, les fonts, ornés des figures des Vertus théologales, sont l’œuvre de Jean de Pise.
Rome. — Sainte-Marie-Majeure. Au milieu de la chapelle baptismale s'élève une splendide cuve de porphyre, jadis au Vatican, donnée par Léon XII, à la basilique de Sainte-Marie-Majeure. Le couvercle, de métal doré, supporte la statue du Précurseur, presque de grandeur naturelle ; au-dessous, deux anges soutiennent un basrelief représentant la sainte Trinité. Ces fonts ont été exécutés en 1825 par Spagna, sur les dessins de l'architecte Valadier. — Sainte- Prisque. Dans la crypte de cette église, bâtie sur l'emplacement de la maison d’Aquila et de Prisca, dont saint Pierre fut l'hôte, on voit un chapiteau antique, creusé dans son tailloir à une profondeur de 25 centimètres et portant cette inscription à sa partie supérieure :
(1) Bull. d'arch. 2e série, t, VI, p. 119.