‹ Histoire du Sacrement De BaptemeChapitre 86 sur 445 · Hos LAVAT, HINC MONSTRAT QUIS MUNDI CRIMINA TOLLAT · texte numérisé non relu

Hos LAVAT, HINC MONSTRAT QUIS MUNDI CRIMINA TOLLAT

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Nous reviendrons sur ces curieuses compositions dans le Livre consacré à l’Iconographie. Bornons-nous ici à dire que Lambert de Patras applique aux adultes le procédé du baptême des enfants, dans le baptême de Corneille par saint Pierre, et dans celui de Craton par saint Jean l’Évangéliste. La cuve de Corneille paraît être en cuivre ; celle de Craton, dont les douves sont accusées, est en bois; elle est cerclée aux extrémités et décorée au sommet d’un pourtour festonné avec des têtes de clous. Le R. P. Cahier, dans la savante Dissertation que nous venons de citer, montre combien l’enseignement des sujets et des inscriptions de la cuve de Liège était approprié aux nécessités de l'époque. C’est une protestation théologique et artistique contre les Cathares qu’allait bientôt condamner le concile d’Arras (1025), et pour lesquels deux évêques de Liège s'étaient montrés trop tolérants. La triple représentation de saint Jean, glorifié dans ses œuvres, proteste contre l'erreur manichéenne qui considérait le Précurseur comme un envoyé du mauvais Esprit. Les Hérétiques prétendaient que l’homme, par sa seule justice, peut se rendre agréable à Dieu ; l'artiste leur oppose

(1) Mél. d’arch., t, IV, p. 103.

le baptême dont eurent besoin eux-mêmes et le juste Corneille et le sage Craton. Enfin, les inscriptions attestent la transmission du pouvoir spirituel dans l’Église et proclament la forme du baptême en face de ceux qui niaient l’efficacité de l'initiation chrétienne. Cet enseignement devait être plus complet encore, alors que ces fonts possédaient leur couvercle pyramidal où figuraient les Prophètes et les Apôtres.

Limmez (Limbourg). — Cuve en pierre grise dont une des faces représente un grand griffon ailé, symbole du démon auquel doit renoncer le Catéchumène, et l’autre un oiseau aux ailes éployées qui peut être le symbole de la lumière et de l'esprit chrétien opposé à l'esprit des té-

nèbres (Ép. rom.).

Lokerex (Flandre). — Fonts très remarquables, dont les médaillons représentent le baptême du Christ et son entretien avec Nicodème.

LOospuINEN. — On montrait jadis à Losdun, près de La Haïe, deux bassins dans lesquels auraient été baptisés les trois cent soixante-cinq enfants de Mathilde, femme du comte de Henneberg. L'auteur des Délices des Pays-Bas raconte cette curieuse légende, restée populaire dans le pays : « Mathilde, dit-il, se délivra de trois cent soixante-cinq enfants qui furent baptisés par Otton, évêque d’'Utrecht, dans deux bassins d’airain. Le nom de Jean fut imposé aux masles et celui d’Élisabeth aux femelles. Ils moururent tous au même jour avec leur mère, qui étaitsœur du roi Guillaume, et furent mis dans un même tombeau. Les dits bassins sont ronds et profonds d'environ quatre ou cinq

poulces. »

Louvain. — La potence des fonts de Saint-Pierre passa longtemps à tort pour être l'œuvre de Quintin Metsys. On sait aujourd'hui que ce beau travail de ferronnerie, qui portait autrefois le couvercle pyramidal des fonts, est l’œuvre de Josse Metsys.

TERMONDE (Flandre-Orientale). — Fonts romans, en pierre bleue, dont les bas-reliefs représentent la Cène, saint Pierre, saint Paul sur le chemin de Damas, et l’Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde.

ZEDELGHEM, près de Bruges. — Fonts romans pédiculés, en pierre

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