LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÈME
Les sujets de la cuve représentent des scènes de la vie de Notre-Seigneur, l'Annonciation, la Nativité, le Baptême, la Crucifixion, la Résurrection, l’Ascension, la Descente du Saint-Esprit et le Jugement Dernier.
Les Mennonites d'Allemagne, de même que ceux de Hollande, n’ont point de fonts baptismaux. Quand leurs ministres baptisent, ils se font suivre d’un acolyte qui tient un bassin d’eau, et parcourent ainsi les rangs des Catéchumènes.
Toutes les églises luthériennes ne sont pas munies de fonts. On se contente souvent de placer devant l’autel une table qu’on apporte de la sacristie, et on y dépose un vase plein d’eau. Dans plusieurs églises de Saxe, un ange, tenant un bassin, descend de la voûte au moyen d’une poulie ou de quelque autre ressort, et le ministre puise de l’eau dans ce bassin.
Autres contrées de l’Europe. Afrique et Asie
Nous nous apercevons, un peu tard peut-être, que nous avons fait une bien large part aux indications relatives à l'Italie, à la France, à la Belgique, à l'Angleterre et à l'Allemagne. Pour nous hâter, nous ne signalerons plus qu’un tout petit nombre de fonts des autres contrées de l'Europe, en ajoutant quelques notes sommaires sur certaines cuves
baptismales de l’Afrique et de l'Asie.
Danemark. — Münster a fait remarquer que des cerfs symboliques sont fréquemment représentés sur les fonts du moyen âge en Danemark. — On voit au musée de Copenhague des fonts du xr° siècle provenant de Vendsyssel, en Jutland. De grossières sculptures représentent une figure humaine que deux monstres s’apprêtent à dévorer.
Espace. — Cathédrale de Burgos. —'A la cathédrale de Gironne, cuve pédiculée dodécagone en marbre blanc, qu'on a dû, en raison de sa trop grande hauteur, placer en contre-bas du sol. Elle est décorée des statues des douze Apôtres dans la partie supérieure, et soutenue
par des figures barbues, munies d’ailes et terminées par un corps de
poisson (xvi° s.). — Madrid. Au musée, fonts du 1x° siècle. — On | conserve à l’église Saint-Dominique le vase en marbre blanc où saint Dominique fut baptisé à Caraluega en 1170. Ces fonts furent transportés en 1605 au couvent des Frères Prêcheurs de Walladolid JL pour le baptème d’un fils de Philippe HT. Depuis, plusieurs autres (4 infants d'Espagne y ont été régénérés. — Manrèze. — Cathédrale |h de Tarragone. Grande cuve oblongue de marbre, ayant 3 mètres | de longueur, 1" 60 cent. de large sur 80 cent. de profondeur. Elle a été trouvée dans les ruines du palais d'Auguste. — Cathédrale de
Tolède. Fonts en bronze.
Grèce. — Là où il n'y a point d’ancien baptistère muni de cuve en pierre, les fonts sont remplacés par un grand vase en cuivre appelé kolymbithra, mot qui signifie littéralement /1eu de natation. Ce récipient a la forme d’un chaudron ou de certains bénitiers portatifs du moyen âge. On transporte ce vase de l’église paroissiale au domicile de l’enfant. C'est là qu’après la catéchèse, il doit être plongé jusqu’au cou dans de l’eau chauffée. Pour que l’immersion soit encore plus complète, le prêtre arrose largement, par trois fois, la tête de l'enfant.
Russie. — Les Russes ne font point usage de fonts baptismaux ; ils se servent pour l’immersion de vases et de baquets de formes très di-
VeTrses.
Suène. — Des fonts baptismaux en pierre sculptée, provenant de la province de Scanie, figuraient à l'Exposition universelle de 1867. « Leur forme est quadrangulaire, dit M. de Linas (r), et les miracles d’un saint évêque y sont représentés en bas-relief sur chaque face. Aux angles on voit deux personnages se tenant par les mains; jy ai distinguéun Roi et une Reine, sans pouvoir apprécier la qualité des six autres. Ce curieux monument du Christianisme primitif en Suède doit appartenir aux dernières années du xr° siècle. »
ABYSSINIE. — Alvarez se,trompe, lorsqu'il dit qu'il n’y a point de fonts baptismaux en Abyssinie. Les témoignages de beaucoup de
(1) Rev. de l'Art chrét.,t. XI, p. 208.