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LIVRE XI. — DES LIEUX DU BAPTÊME

1m salle la plus vaste, c’est-à-dire dans le tablinium qui servait de galerie | pour les tableaux de famille, de bibliothèque pour les archives, ou bien encore dans le #rrclinium ou salle à manger. L'afrium ou cour d’entrée était le lieu le plus favorable pour l'administration du baptême : c'était une cour carrée dont le centre était à ciel ouvert; la pluie tombait dans un bassin peu profond, nommé #mpluvium, et se perdait dans la terre par un orifice d'écoulement qu'il était facile de boucher. Le Catéchumène descendait dans ce bassin, où cette demi-immersion était complétée par l’eau qu’on lui versait sur la tête avec un vase. Outre l'atrium, les grandes maisons romaines avaient, derrière le fablinium, une salle carrée nommée exedra, au centre de laquelle se trouvait un bassin d'environ 1 mètre de profondeur, alimenté par le jet d’une fontaine établie sur le bord. C'était encore là une disposition très favorable pour le baptême, et on dut continuer à l’administrer là ou dans limpluvium, lorsque, après la conversion de Constantin, ces oratoires privés furent la plupart convertis en églises.

C’est dans les ruines d’un édifice de ce genre, datant du rv° siècle, et situé près des thermes de Dioclétien, qu’on a trouvé récemment un fragment de verre représentant un baptême, objet qu’a décrit M. de Rossi, dans son Bullettino d'Archeologia (1).

Quand des baptistères furent érigés dans les grands centres religieux, on dut affirmer leur privilège exclusif. Le concile de Constantinople, présidé par Mennas en 543, proscrit les parabaptismata. Justinien rappelle que les anciennes lois n’accordent à personne la licence d'accomplir les choses saintes dans des demeures privées. En 692, les archimandrites de Constantinople et d'Antioche se plaignirent au concile 27 Trullo, de ce que les sectateurs de Sévère d’Antioche s’ingéraient de baptiser dans des oratoires privés, ce qui fut interdit sous peine de déposition.

Au moyen âge, les évêques accordèrent à ce sujet des dispenses, ordinairement motivées par l'éloignement de l’église baptismale. En 1085, Hériman, évêque de Metz, autorisa la comtesse Sophie à placer des fonts dans la chapelle de son château de Mousson (2).

Au concile de Vienne, tenu en 1311, le pape Clément V interdit d'administrer le baptême dans les châteaux ou les maisons particulières, à moins de cas de nécessité ou qu’il ne s'agisse d’enfants de

870, nur.

(2) D. Calmet, Hist. de la Lorraine, t. II, p. 232.

rois ou de princes (1). Cette dernière exception est maintenue dans le Rituel romain et dans les Conciles tenus au xvi° siècle à Aix, Bordeaux, Chartres, Narbonne, Reims, etc,; mais on n'a jamais été d’accord sur le sens qu’il faut donner au mot principes de Clément V et à l'expression plus restreinte de magnorum principum jfilii du Rituel romain. Les uns (2) n’entendent par là que les enfants d’une famille royale, ou du moins de ceux qui exercent une véritable souveraineté ; les autres (3) y comprennent les enfants des vice-rois, des ducs, des marquis, des comtes, des barons, en sorte que presque toutes les chapelles castrales pourraient être considérées comme des sanctuaires légitimes du baptême. Bien que ce sentiment soit beaucoup moins suivi, Lacroix et saint Liguori disent qu’il ne faut pas se montrer trop rigoureux dans certains endroits où l'usage s’est établi de baptiser à domicile les enfants des barons et des magnats.

Ces sortes de baptêmes s’accomplissent ordinairement dans la chapelle du château ou du palais, mais parfois aussi dans un autre endroit. Ainsi des baptêmes d’enfants de France ont eu lieu dans la cour du vieux château, à Saint-Germain-en-Laye, et dans celle du château de Fontainebleau.

(1) Ne quis de cætero in aulis vel cameris aut aliis privatis domibus, sed duntaxat in ecclesiis, in quibus sunt ad hoc fontes specialiter deputati aliquos nisi regum vel principum quibus valeat in hoc casu deferri, liberi extiterint, aut talis necessitas emerserit propter quam nequeat ad ecclesiam absque periculo propter hoc accessus haberi audeat baptizare. (Clément. LIT, 15.)

(2) Elbel, Roncaglia, Suarez, Tournely, Synode de Tournay (1645), etc.

(3) Quintanaduenas, Rit. Mogunt. (1671), Rit. Passav. (1774).

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