‹ Histoire du second empire (1848-69) (volume 2)Chapitre 97 sur 148 · INTRIGUES DK H. U BISMARCK. SM · texte numérisé non relu

INTRIGUES DK H. U BISMARCK. SM

Napoléon UI fraDcfairait de nouveau les Alpes au printemps, comme elle le craignail, avait-elle d'autre alliée que VAHemagne? L'Autriche se résigna doue à l'actioà commuae avec la Prusse.

M. de Bismarck, pour justifier aux yeux de l'ADgleterra son ardeur à presser le Danemark, avait mis d'abord eu avant les exigences des Ëtats secondaires, n fit inlfflrveoir le roi de Prusse lui-même dans le mois de janvier t86A. H. de Bismarck avait, disait-il, la plus grande peine à le ctHiteDir, et sa résistance ébranlait sa position. Il mit alors es avant l'idée d'occuper le SIeswig > pacifiquement » comme un gage de l'aceomptiasement par le Danemark des vcBux l^timfôde l'Allemagne. Quoique cette solution fftt repouasée par les Ëtats secondaires comnte une rec(HiDai&sanœ indirecte des droits de Christian IX, il se <torgeait de la Taire adopter. Le comte Russell lui avait répondu : a L'invaaon du SIeswig mettrait en grand danger les relations de la Grande -Breti^ne et de la Prusse.» M. de Bismarck cependant put bientôt se rassurer; lord Russell, le 5 janvier, expliqua qu'il avait voulu dirç que le refus d'accorder au Danemark le temps de faire des contiBsùons troublerait les relatioDs entre Ltmdres et Berlin.

Le gouvernement impérial, battu sur la question du congrès^ avait proposé une réunion de ministres chargés de discuter les quêtions qui, plus tard, seraient soumises à la décision des souverains. Lord Russell, qui trouvait ce projet aussi peu pratique que celui d'un congrès, aj^rit avec plaisir qu'on était de son avis à Vienne et à Saint- Pétersboui^ ; M. de Bismarck par contre ne voyait aucun incoBvteieot à porter la question des duchés devant une conférence spéciale qui se réunirait à Paris. Lord Russell y consentit d'assez mauvaise grâce d'abord, mais, voyant

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ensuite que l'Autriche désirait ardemment dépouiller la f|uestion de son caraclère germanique pour lui donner un faractére européen, il y poussa avec d'autant plus d'ardeur que M. de Bismarck se refroidissait, et il fit la proposition d'une conférence, « pour traiter le différend entre le Danemark et l'Allemagne » , siégeant à Paris oa à Londres, composée de puissances signataires du traité de Londres 1852 et d'un ministre de la Diète germanique. Le siatu quo dans les duchés serait maintenu jusqu'à la fin de la conférence.

L'œuvre impuissante de la conférence de |j}ndres, en 1852, ne donnait pas grande envie au gouvernement impérial d'en entreprendre une semblable; il désiraitdonc, avant d'accéder à la proposition anglaise, savoir si les Étais accepteraient le stattt quo, et si la Diète se soumettrait au jugement de la conférence.

Les choses en étaient là lorsque le ïtrgsdaag, représeiitalion particulière du royaume de Danemark proprement dit, se réunit le 11 janvier 186â, en session à Copenhague. Le roi, dans un banquet qu'il ofi'rit aux membres de cette assemblée, répondit à un toast du président qu'il était résolu de défendre les libertés de la nation, l'indépendance du pays et les droits de la couronne. Aussitôt les ministres d'Autriche et de Prusse en Danemark adressent au gouvernement danois une note collective portant : « Les mi- » nistres soussignés ont reçu l'ordre de réclamer l'abn^a- » tion de la constitution du 18 novembre dernier, et de » quitter G)penhague si, dans la journée du lendemain, n l'abrogation de la constitution ne leur est pas signifiée. «

Cette menace ne servit qu'à enflammer le patriotisme danois. Le gouvernement, en répondant par un refus, déclina la responsabilité des événements qui pourraient e»

SPOUATWN DU DANEMARK. 5S7

résulter. Le Ri^aag présenta, le 29 janvier, au roi, arte adresse empreinte du plus ardent patriotisoie : «Le peuple est prêt aux plus lourds sacriBces pour appuyer son roi dans le maintien de l'union indissoluble entre le royaume et le Sud-Jutland, ce vieux pays relevant de la couronne danoise- » Le Rigsdai^ vote, le 13 Février, une adresse de félicitations à Tarmée pour la remercier de son héroïsme à Duppel et pour l'encoura^r à supporter de nouveUes épreuves..

Quelques mois après, le 7 août, tout était consommé; le roi remerciait ses soldats de leur courage : « La guerre > a coûté de grands sacrifices, la paix a été achetée par des » sacrifices plus grands encore, mais le bien de la patrie » exigeait qu'on préférât la paix ii la continuation de la » guerre. »

Le prétexte de cette guerre avait été la désobéissance du Danemark à la confédération ; !e résultat, c'était la substitution de la Prusse et de l'Autriche à la confédération. Ces deux puissances s'enrichissaient des dépouilles du Danemark. La Suéde, la Russie, l'Angleterre, avaient laissé consommer celle spoliation ; l'altitude du gouvernement de Napoléon III l'avait rendu possible, en paralysant l'Angleterre et la Suède, et en rendant l'Autriche plus complaisante à la Prusse à laqaelle la Russie était liée par la question polonaise.

Napoléon III tenait médiocrement au Danemark ; son rêve était ailleurs ; le prince de Metlernich avait, on s'en souvient, porté à Vienne, au mois de mars 1863, un projet d'alliance dont les elTets devaient se faire sentir à la fois dans l'ancien et le nouveau monde : rétablissement de l» PolognOt rachat de la Vénétie par des compensations données à l'Autriche sur le Danemark, régénération de la race

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latine m Amérique, par la création d'une monarcbie au Mexique; voilà par quelles chimères il avait essayé àe séduire l'Âutricbe; n'y parvttiant pas, il s'était retourné vers l'ADgleterre, et il lui avait demandé le Rhin en compensation de son concours pour défendre le Danranait ; le traité de 1852 était la garantie de l'iiidépendancedB ce malheureux pays ; Napoléon III avait abandonné ce traité en prévision de ses attaques contre les traités de 18t5.

Le Danemark, délaissé de tous ses alliés, signa donc le 30 octobre 186A,'à Vienne, un traité par lequel il abandonnait fous ses droits sur les duchés de SIeswig, Holstan et Oldenbouffç au roi de Prusse et à l'empereur d'Autriche.

l'IN DU TROISIÈHB Vd.L'IlE.

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