LES DÉMOCRATES SOKT POUR LE PRÉTENDANT
Fraya, comme on l'a vu, rappela le courrier chargé delà déclaration de déchéance de laRussie, et écrivit le 20 octobre à lord Napier, ambassadeur d'Angleterre à Saint-Pétersbourg, une dépêche où il étale sa satisfaction de voir que « l'empereur de Russie continue à être animé d'intentions bienveillantes vis-à-vis de la Pologne, et conciliantes visà-vis des puissances étrangères » .
M. de Bismarck avait paru un moment joindre sincèrement ses etiortsà ceux de l'Angleterrepourr^ler les affaires desduchés. M. Quaade, envoyé danois à Berlin, vante sans cesse M. de Bismarck : « Je puis déclarer en conscience que ie gouvernement prussien désire que l'exécution n'ait pas lieu; iH. de Bismarck m'a assuré que lui, personnellement, et le gouvernement dont il fait partie sont en faveur d'un arrangement. » Cette dépêche datée du 21 octobre est suivie de trois ou quatre autres dépèches dans le même sens. Cette comédie était due au désir de M. de Ksmarck d'obtenir l'adhésion de l'Angleterre à la hautaine dépêche de GortschakoET sur la Pologne. Sûr de cette approbation, il ne songea plus qu'à empêcher la promulgation de la nouvelle constitution (1).
Un enthousiasme feint régnait pour le prétendant eo Allemt^ne, quoiqu'il eût commis en écrivant à Napoléon III la faute, impardonnable pour tout autre, de s'adresser à l'étranger; il ramenait l'Allemagne à la féodalité, en invoquani l'ancien ordre de succession ; il augmentait le nombre déjà si grand des petits souverains allemands, et pourtant, démocrates, unitaires, patriotes, oubliaient leurs principes en faveur de celui qu'ils appelaient champion du droit et de l'honneur national.
(I) Dépèchet ielt. Qiui&àe eilitiptrV. ia\i»n KM%to {Élaetsi 'k diploinalie
M. de Bismarck protiUnt de cette effervescence pour faire semblant de craindre d'être emporté par le douUe courant qui r^ait à la fois sur te Meio et Bur l'Ëider demaada doDC à l'Angleterre de coasentir à quelque demi-mesure qui, ea douuaot le change à l'opiaiou, prériçudrait tout mouremeot révolutioDoalre dans les duchés : uoe exécotioo dans le Holsteln, par exemple, qui, selon lui, équivaudrait presque à la recoonaissaDce de Chrisliau IX par la Diète.
Les puisswces signataires du traité de Londres, moins la Prusse et l'Autriche, avaient fait féliciter ee souverain à son avènement. Le représentant du gouvernement impérial, le général Fleury, ne resta que quatre jours à Copenhague; ses instructions lui interdisaient de prendre part à des négociations; il devait se borner à dikïlarer explicitement au roi Christian qu'il n'avait pas à compter sur l'aide du gouvernement impérial dans le cas d'uoe guerre avec l'Allemagne. Le Danemark avait feit tontes les concessions, il ne lui restait plus que l'abolitiffli de sa contitution, c'est-à-dire son suicide. L'Angleteire l'y poussait. 1^ ministère ne pouvant s' y résigner avait dcmué sa démission; M. Monrad, chaîné de former uu nouveau eabioet, accomplirait-il le sacrifice t
Les vœux populaires poussaient pendant ce temptr-Ià l'AUesiagDe vers la Baltique. Les p^ils États auraieni été sinon fdus résolus, du moins plus rassurés, en marchant à l'acoomplissemenl de l'enivre nationale sous l'impidsion directe de l'Autriche. Nais celle-ci se sent mat à l'aise dans toutes les questions où l'esprit de nationalité est en jeu ; il s'agissaitde répudierJe traité de Londres au moment oii Napoléon 111 répudiait les traités de Vienne. L'embarras de l'Aulriche était visible, mais pouvait-elle laisser à la Prusse le soin de faire « la grande patrie » , et dans le cas où