‹ Histoire du second empireChapitre 115 sur 176 · LE GÉNÉRAL BENEDECK ET LES PIÉMONTAIS · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL BENEDECK ET LES PIÉMONTAIS

Benedeck avait éparpillé 25 000 hommes sur udo graode étendue de terrain. Des six brigades dont il dispose, il en avait détaché deux. Les Piémontais ne surent pas tirer parti de cette faute. Benedeck, après avoir repoussé Tavant-garde de la 5* division piémontaise, menace de lui couper la retraite ; mais le général Mollard, à la tête de la 3' division piémontaise, accourt au bruit du canon, par la Strada Lugana, menaçant à sou tour le flanc droit des Autrichiens. Le général Mollard, à neuf heures sonnées, réunit la 1'* brigade de sa division et attaque les hauteurs de San Martino. Deux fois 6000 Piémontais montent à Tassant, deux fois ils sont repoussés par des forces supérieures; MoUard se retire enfin sur la route directe de Rivoltella. Les Autrichiens le poursuivent et s'emparent des caséines situées devant leur front. La 5'' division, accélérant sa marche, arrive de Rivoltella sur le champ de bataille; la brigade MoUard revient à la charge; mais elle perd bientôt les positions qu'elle a reconquises, les Piémontais battent en retraite jusqu'à Rivoltella, où ils se rallient autour de la 2* brigade de la division MoUard. Quelques détachements piémontais, qui n'ont pas conservé le meilleur ordre dans la retraite, reculent jusqu'à San Zeno. Les troupes fatiguées avaient besoin de repos ; le brave général Mollard, avec une seule brigade fratche, ne voulut pas renouveler l'attaque.

Pendant que, sur les lignes des deux armées, se livrent ces combats partiels, les deux aides de camp des maréchaux Mac-Mahon et Baraguey d'Hilliers annoncent au quartier général que l'ennemi déploie de fortes colonnes sur les hauteurs de Solferino et de Cavriana.

L'Empereur, à sept heures, se rend avec son étatmajor et sa garde de Montechiaro à Casliglione. Tous les corp/i d'armée se trouvent en marche à une grande ('islanœ les uns des autres; il est urgent de les rallier, afin qu'ils puissent se soutenir mutuellement. La cavalerie de la garde impériale, destinée comme réserve à couvrir, dans la plaine, la droite du 2" corps découverte par l'absence du ft" corps, est mise sous le commandement de Mac-Mahon. Le 3* corps reçoit Tordre d'appuyer le A* et de se garder à droite contre un corps autrichien quif d'après les avis reçus, doit se porter de Mantoue sur Assola; la 2' division piémontaise quitte la route de Solferino pour soutenir les 3* et 5* divisions battues à San Martine, et la 1" batterie se rend à Madonna délia Scoperta. La situation des alliés, malgré ces dispositions, n'est pas sans danger. Les Piémontais, à leur gauche, sont dispersés et maltraités. Au centre, Baraguey d'Hilliers, séparé par une grande distance de Tarmée piémontaise, a son flanc gauche découvert et son flaoc droit menacé par l'ennemi qui occupe, avec des forces considérables, la vaste étendue de Solferino à Guidissolo; son front de bataille est engagé en face de la formidable position de Solferino. Le 2* corps, déployé perpendicnlairement à la route de Castiglione à Goïto, se trouve isolé; il doit empêcher l'ennemi de s'avancer par les intervalles qui le séparent sur la gauche du 1" corps et sur la droite du ù* qui ne peut encore déboucher dans la plaine de Medole. Le sort de la bataille dépend du résultat de l'attaque de Solferino.

Les Français dirigent leurs plus grands efforts suree point. Le général Forey reçoit Tordre de s'avancer, ayant

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