‹ Histoire du second empireChapitre 119 sur 176 · LES AUTRICHIENS ET LES PIÉMONTAIS A SAN MARTINO · texte numérisé non relu

LES AUTRICHIENS ET LES PIÉMONTAIS A SAN MARTINO

Le roi Victor-Emmanuel attendait la division française qui devait Taider à renouveler les attaques. Cette division, partie de Lonato à onze heures, ^e put prendre part à la lutte que vers quatre heures et demie, lorsque déjà la journée était décidée en faveur des Français.

Le général Fanti lance la brigade Piémont dans la direction de Pozzolengo pour soutenir le général Durando.

La 2* brigade est dirigée vers San Martino pour appuyer la 5* division et la 3% général Mollard. Cette brigade et les 5" et 3* divisions, protégées par le feu de quatre batteries, abordent les hauteurs de San Martino sous une grêle de balles, les enlèvent avec une grande bravoure et s'emparent de trois pièces. Le généra] Mollard occupe les caséines, derrière lesquelles il prend position €t où il se tient ferme malgré tous les efforts que fait l'ennemi pour le déloger. La 1" division, commandée par le général Durando, s'est aussi avancée dans la direction de San Martino, mais elle a rencontré l'ennemi et n'a pu arriver au lieu de sa deslinalion. La 1" brigade de la division Fanti, avec le bataillon des bersagliers, s'avance vers Pozzolengo et bat l'ennemi posté sur le mont Fenile. Le général Fanti avait fait mettre en batterie sur le mont San Giovanni quatre obusiers qui, prenant par derrière les défenseurs de San Martino, contribuèrent au succès du général Mollard. Benedeck, qui a reçu Tordre de se retirer, quitte succîessivement toutes ses positions. Son arrière-garde tient bon jusqu'à neuf heures du soir. Benedeck, fier d'avoir défendu la position de San Martino pendant toute la journée, se retire en bon ordre après avoir fait éprouver des pertes sensibles aux Piémontais.

Le 7"* corps de la S*" armée autrichienne est destiné à

couvrir la retraite. Au centre, les troupes du 7* corps, qui retournaient à leurs premières positions près de Quaderni, et les dfîtachernents «les différents corps sous les ordres du général "Clam, à Voila, sont rassemblés au pont de Valeggio : les Autrichiens, pour faciliter la retraite, jettent un pont do bateaux sur le Mincio, à la hauteur de Canipagnola. Deux brigades de la division du prince de Hesse se sont dirigées sur Volta, d'où elles facilitent le passage à Tartillerie par Borghetto et Valeggio : la 2' armée se trouva ainsi le lendemain sur la rive gauche du Mincio. La réarmée, qui avait à parcourir un chemin plus long, put néanmoins transporter toutes ses troupes et son matériel de guerre au delà du fleuve avec un ordre parfait : son arrière-garde occupa Giudizzolo jusqu'à dix heures du soir et commença seulement alors la retraite sans être inquiétée. Le quartier général de la 1" armée fut établi à Goito; celui de la 2* à Valeggio; le quartier impérial à Villafranca ; le commandant du â** corps d'armée autrichienne s'était, le 2/i, porté en avant; mais, apprenant que Tavant-garde de la division d' Autemarre se trouvait à Piadena, il entra dans Mantoue.

Les Français victorieux bivouaquèrent sur le champ de bataille.

L'immense étendue de terrain occupé la veille parles deux armées était couverte de cadavres d'hommes et de chevaux, de corps mutilés, de membres épars, de débris d'armes rougies de sang ; les routes, les fossés, les ravins, les prés jonchés de morts, les champs ravagés, les haies renversées, les murs des maisons des villages percés par les boulets et prêts à s'écrouler, un espace de plus do 20 kilomètres retentissant du cri des mourants et des

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