MANIFESTES DES PROSCRITS EN ANGLETERRE
merent tous les crimes contre la patrie, plus tard souillée par deux invasions : crime contre Thuoianité qu'ils jetèrent dans les crises et dans le sang; crime contre la pensée libre qu'ils livrèrent à la force insolente; crime contre leurs enifants par eux dépouillés et dont le patrimoine à reprendre a coûté deux révolutions; crime, enfin, contre eux-mêmes et contre leur mémoire, car ils se suicidèrent en se déshonorant.
I Aujourd'hui, citoyens, on tous inrite à renouveler ce bail infâme de k servitude; on tous convie au second empire, et ce n'est pas la victoire cette fois qui lui sert de marraine, c'est la police, et ses campagnes d'Italie s'appellent Mazas, Gayenne, Lambessa.
> Si la France, éblouie par les éclairs d'une grande épée, se déshonora pourtant et se perdit aux calendes de l'an IV, que dira-t-on de vous par toute la terre, de vous, citoyens majeurs, chevronnés par deux révohilions et venant aujourd'hui, comparses de la police, couronner le César du guet-apens?
> La conscience n'a qu'un nom pour un pareil suicide : lâcheté ; et rhistoire n'aurait qu'une place ponr un tel peuple : les gémonies!
> Citoyens.
1 L'exercice de la souveraineté n'est qu'une abominable trahison et la plos triste des comédies humaines quand la liberté ne tient pas les urnes ; or, qui les tient aujourd'hui ? la dictature de l'assassinat, le 2 décembre !
> Le Tote au scrutin, même secret, n'est que le vol organisé, quand c'est le mensonge qui dépouille, sous les auspices et sous les faisceaux de la force. Or, qui les dépouille aujourd'hui ces bulletins effacés, tombés dans l'urne sous l'œil des gendarmes? Le mensonge incamé, le parjure hypocrite et sanglant, le système du 2 décembre I
> Un peu]^ peut Toter pour ou contre, sur l'impôt, sur la paix, sur la guerre et sur les formes relatives de la souveraineté, quand elles n'engagrat pas le fond ; mais sur l'existence elle-même de cette souveraineté, sur le droit inaliénable, étemel, sur le principe et l'essence de la vie, tout vote est tôt crtm^; on ne doit répondre que par les armes!
> Qoelle est, aujourd'hui, la question posée? L'Empire, l'Empire héréditaire! c'est-à-dire l'abdication de la souveraineté se couchant daos la servitude étemelle comme un soleil éteint dans la mer, l'aliénation à perpétuité de soi-même et de ses enfants, la mort volontaire, aaos réveil et déshonorée.
> Citoyens, vous ne commettrez pas cet attentat horrible ; vous n'éteadres pas, comme un suaire, sur la tombe de la République scellée par vous, la pourpre souillée d'un César de carrefour; vous ne porterez pas une main impie sur vos révolutions, sur vos trophées, sur vos espérances, sur la civilisation qui ne vit que de liberté, sur vos enfants et sor vous-mêmes!
> Vous ne consommerez pas ce grand meurtre de l'honneur et du devoir : vous ne voterez pas !
> Laissez la police et les parasites de tous les temps travailler à la goiriande impériale, et vous, préparez le chanvre vengeur.
• Oui, la nuit, le jour, au milieu des foules comme dans Tombre, re* connaissez-TOus, organisez- vous, fortifiez- vous. Que chacun vive dans tous f t tout dans chacun ; qu*une foi commune vous anime, la foi révolutionnaire, implacable, persévérante, hardie comme celle de nos pères de 92, et toigours prête à se lever, à frapper.
» Citoyens, devant un tyran, un parjure, un assassin des libertés publiques, voilà le seul grand devoir à remplir.
» La Société la Révolution.
» Odobre IfiSt. »