LIVRE PREMIER LA DICTATURE
Sommaire i I. — Le coup d'Etat. — Louis -Napoléon Bonaparte et rÂssembléc législative. — Le î décembre. — Agitation à Paris. — Émeutes provinciales^
— Mesures extraordinaires de répression. — Adhésion à la politique du Prince et caractère de ces adhésions. — Plébiscite du 20 décembre. — Comment le vote doit être interprété. — Discours de Louis-Napoléon à la commission consultative 3
II. — Les Proschits. — Soucis de la dictature. — Le plus urgent est de régler le sort des vaincus du coup d'Etat. — Les Représentants arrêtés : décret du 0 janvier 1852 : trois catégories. — Nombre immense de prisonniers à Paris et dans les départements. — Leur nombre embarrasse le gouvernement lui-même. — Paris : mesures adoptées. — Départements : création des Commissions mixtes : fonctionnement de ces Commissions : leurs décisions.
— Missions extraordinaires du général Canrobert, de M. Quentin-Bauchart, du colonel Espinasse. — Rapport de M. Espinasse et prétendue impopularité de la clémence. — Nombreuses grâces collectives accordées par Louis-Napoléon en 1852 et en 1853 14
III. — La CoRSTiTUTioif. — Gomment elle est empruntée à Tépoque consulaire.
— Le pouvoir exécutif : extraordinaire étendue de ses attributions. — Le Corps législatif : son rôle : de quelle façon il est subordonné au Conseil d*Etat. — Le Sénat : nature de ses fonctions^ : il ne participe directe- i meut ni au pouvoir exécutif, ni au pouvoir législatif, ni au pouvoir judiciaire : hautes et nombreuses attributions dont il est revêtu. — Sera-t-il jaloux de . les exercer ou les laissera-t-il tomber en désuétude? — Caractère général de la Constitution. — CHSuvre plus théorique que pratique. — Subtilités. — Obscurités. — Mécanisme plus ingénieux que résistant. — Elle n'organise pourtant pas le pouvoir absolu. — La liberté est « momentanément éloignée • 24
IV. — Les décrets-lois de la dictature. — Mesures de compression contre les républicains et socialistes : Associations ouvrières : Débits de boissons : .
officiers ministériels : gardes nationales : brochures clandestines : le ministère de la police : Tagglomération lyonnaise : les derniers vestiges du gouvernement du 24 février. — Louis-Napoléon, par un acte isolé, mais éclatant, se retourne contre les monarchistes. — Les biens de la famille d'Orléans et les décrets du 22 janvier : illégalité de ces décrets : impression défavorable, même dans l'entourage du Président : Désapprobation générale : le tribunal de la Seine et le Conseil d'État : écliec moral complet. — Décret du 17 février 1852 sur la presse : autorisation préalable : exigences fiscales : système des avertissements : sévérités administratives cumulées avec les sévérités judiciaires : délits nouveaux : condition des journalistes : nombreux écueils à éviter : difficultés quotidiennes, non pour prospérer, mais pour ne pas mourir : comment la presse résiste ù ce régime : les faibles succombent, les forts s'aguerrissent : puissance de l'allusion. — Mesures diverses pour fortifier le pouvoir. — L'inamovibilité universitaire et le conseil supérieur de l'Instruction publique. — Mise à la retraite des magistrats. — Obligation du serment. — Importance croissante des préfets. — Décret de décentralisation administrative, son vrai caractère. — Mesures économiques. — Chemins de fer. — Télégraphe. — Crédit foncier. — Travaux de Paris. — La conversion des rentes. — Le budget de 1852. — Témérité de ces deux derniers décrets. — On arrive à
l'ouverture de la session législative 30
T. — Lbs Élections. — M. de Morny. — Ses circulaires habiles et réservées.
— M. de Persigny. — La candidature officielle est hautement proclamée. -— Période électorale. — Action gouvernementale. — Langage des journaux officieux. — Epreuves des candidats indépendants. — Les candidatures officielles sont moins recherchées qu'on ne l'aurait cru. — Pour quel motif. — Résultat des élections. — Huit députés hostiles ; 5K53 favorables. — Nomination des sénateurs et des conseillers d'État 53
VL — Session de 1852. — Ouverture de la session. — Discours de Louis- Napoléon. — Nouvel aménagement du Palais-Bourbon. — Légers froissements.
— Causes de ces froissements. — M. Billault, président du Corps législatif. — Premiers temps de la session. — Disette presque complète de projets. Disposition générale des membres du Corps législatif. — Curieux mélange de docilité et d'indépendance. — Retours moitié inconscients, moitié voulus au parlementarisme. — Groupes divers. — Les légitimistes et leurs alliés. — • Les indépendants. — M. de Montalembert. — Le budget de 1853. — Embarras de la commission du budget et origine de ces embarras. — Rapport hardi de M. de Chasseloup-Laubat. — Séance du 22 juin. — M. de Renlrel.
— Grand discours de Montalembert. — Irritation dans les sphères officielles, o^- Lettre du ministre d'État. — Discussion des divers chapitres du budget.
— Clôture de la session. — Le Corps législatif avait fait preuve d'indépendance, non acte d'hostilité 50
VIL — Etat social br 1852. — Indifférence du pays pour les débats législatifs.
— Légitimistes; libéraux; républicains; bourgeois; ouvriers; paysans. — Nouvelles habitudes sociales. — Goût des entreprises et des affoires financières. — Solennités de l'Institut. — M. Guizot et M. de Montalembert.
— Événements littéraires. — Distractions artistiques. — La liberté delà conversation. — Les sphères officielles. — Faveurs et décorations. — Explosion de fêtes. ^ Règlement minutieux des costumes. — Splendeurs et paérilitét.
TADLE DES MATIÈRES. -485
— Omnipotence de* fonctionnaires. — f.e» préfets. — Les journaux à Paris et en province. — Projets attrilitié» an •jcnivcnieiiicul et (Icineiitis du Atoititeur, Louis-Napoléon peut tout oser 70
SouMAiBB : L — Triste fin de la République de 1848. — Prudence et audace de Louis-Napoléon. — Par quelle voie un peu détournée il marche à l'accomplissement de ses desseins. — « Il faut en finir. » 88
H. — Voyage du prince président. — Virile confiance de Louis-Napoléon. — Mesures de prudence prises par ses amis. — Bourges. — Le Nivernais. — Discours de Lyon. — Le Dauphiné. — La vallée du Rhône. — Marseille. — L'Hérault. — Les dernières craintes des amis du prince se dissipent. — Toulouse. — Suite d'ovations. — Expressions naïves ou excessives de l'enthousiasme général. — Discours de Bordeaux. — Magnifique programme. — « L*Empire, c'est la paix. » — Retour à Paris 91
IIL — Avis du Moniteur, — Convocation du Sénat. — Rapport de M. Troplong. — Vote du sénatut-consulte rétablissant l'Empire, sauf ratification par le peuple. — L'opinion publique. — Le gouvernement, l'administration, le clergé. — Manifestes révolutionnaires. — Protestation du comte de Chambord. — Plébiscite. — Supputation des voix. — Les grands corps de l'État ▼ont à Saint-Cloud et saluent le prince du nom d'Empereur. — Réponse de Napoléon III 100
IV. — Inauguration de l'Empire, actes de bienfaisance, grâces, faveurs. — Projet de sénatus-consulte diminuant les attributions du Corps législatif. — Léger mécontentement au Sénat. — Rapport de M. Troplong. — Vote. — Reconnaissance du nouvel Empire par les puissances. — États secondaires
— Dispositions de l'Angleterre et comment elle reconnaît Napoléon III. — L'Autriche. — La Prusse et répugnances de Frédéric-Guillaume IV. — Mauvaise humeur du czar Nicolas. — Tous les Etats de l'Europe se décident à reconnaître l'Empereur 108
V. — La famille de l'Empereur. — Le roi Jérôme. — Le prince Napoléon. — Le pays a une grande confiance dans l'Empereur, aucune dans les membres de sa famille. — Vœu en faveur du mariage du souverain. — Pourparlers divers. — Mlle Eugénie de Montijo. — Napoléon III annonce son mariage.
— Impressions diverses. — Curiosité extrême. — Cérémonies aux Tuileries et à Notre-Dame 117
VI. — L'Empire installé et consolidé. — Les principaux serviteurs du règne.
— Les charges de cour. — Mélange de frivolités et de préoccupations sérieuses. — État général au printemps de 1853. — De tous les biens, celui qui semble le plus assuré est celui de la paix. — Comment l'événement devait démentir cette prévision •••••• 126
*«fi TABLE DES MATIÈRES4
SoMMAiRB : I. — • Gomment renaît la question d^Orient : pèlerins et religieux en Palestine : le» Lieux saints. — Premières rivalités des religieux grecs et latins : Capitulation de 1740 : empiétements des Grecs : premières réclamations du gouvernement français (1850). — La Sublime Porte : mélange d'indifférence et de perplexité : crainte égale de la Russie et de la France : commission mixte, intervention du Czar, commission musulmane, Firman du 9 février 1852 : Firman contradictoire accordé aux Russes. — Scènes de Jérusalem, et comment la duplicité turque se révèle. — Modération du gouvernement français : projet d'entente directe entre la France et la Russie : comment la question des Lieux saints va s'absorber dans une question plus grave 134
II . — L'empereur Nicolas : étendue de sa puissance ; son prestige en Europe ; son caractère : ses dispositions morales et ses visées ambitieuses en 1853; motifs de craindre et raisons de se rassurer. — Comment l'avenir devait justifier les prévisions des plus alarmés. — Entretiens du Czar avec sir Hamilton Seymour (janvier et février 1853) : étranges ouvertures faites à l'Angleterre : comment le cabinet britannique déch'ne ces dan{;ereu$es avances 145
III. — L'ambassade du prince Menscbikof; arrivée du prince à Constantinople; appareil inusité; dérogation hautaine à l'étiquette. — Inquiétudes à Constantinople : M. Benedetli et le colonel Rose. — Différence d'attitude entre la France et l'Anjjleterre : prévoyance du cabinet des Tuileries : sécurité du i-nbinet britannique et efforts de la diplomatie russe pour entretenir cette sécuritc. . 158
IV. — Sir Slratford de Redcliffe : quel était ce personnage : son influence sur la Porte Ottomane : dans quel état il trouve Constantinople. — Incertitude sur l'objet de la mission Menscbikof : premières conHdences de l'ambassadeur russe au\ ministres turcs : première dépêche de Stratford dissipant les illusions du {louvernement anglais. — Communication officielle de Menscbikof : prétention de la Russie à exercer une sorte de protectorat sur les sujets grecs de la Porte : note du 19 avril. — Importante dépêche de Stratford à lord Cl.ncndon. — lU*-glcment de la question des lieux saints (4 mai). — Ultimatum de .Menscbikof (5 mai) : refus de la Porte : derniers pourparlers. — Rupture. — Menscliikof repart pour Odessa 105
V. — Impression en Lurope : Autriche, Prusse, France, Angleterre. — Communauté de vues entre les cabinets de Londres et de Paris. — Le gouvernement russe : M. de Nesselrode et son changement d'attitude : dernière sommation adressée à la Porte Ottomane et caractère impérieux de cette sommation : circulaire hautaine publiée par le Journal Je Sainl'Pétersbourg . — La Turquie : sa conduite exempte de témérité et de faiblesse, elle repousse la sommation de la Russie. — Entrée des troupes russes dans les Principautés. 174
VI. — L'Autriche : comment ses affections la portent vers la Russie et ses intérêts vers les puissances occidentales : fonmicnt elle est amenée à prendre la position de médiatrice : réunion de plénipotenliairo» et origine de la conférence de Vienne. — Quelle sera la base de la médiation : projets divers : pré-
férence donnée à une combinmiton dorigine françaue : cette proposition, acceptée à Saint-Pétersbourg, est amendée à Consuntinople : irritation contre la Forte Ottomane : hautaine déclaration de la Russie et justification des appréhensions turques. — Entrevue d'Olmutz : derniers efforts. — Excitations guerrières à Constantinople. — La guerre éclate entre la Russie et la
Turquie 184
Vil. — Désir général en Europe de prévenir on d'atténuer la lutte. — La Turquie, la Russie : comment l'une et l'autre puissance désavouèrent toute pensée d'agression : motifs qui font espérer que les effets de la guerre seront conjurés ou limités. — La conférence de Vienne se réunit de nouveau : protocole du 5 décembre : mélange de crainte et d'espoir 193
VIII. — Bataille de Sinope (30 novembre 1853). — Impression publique. — La France ; dépèches de M. Drouyn de Lhnys : Angleterre; l'influence passe des pacifiques aux belliqueux; lord Aberdeen et lord Palmerston. — Accord entre les cabinets de Paris et de Londres : ordre donné aux flottes alliées d'entrer dans la mer Noire. — Exécution de cet ordres ; la frégate ia Rétribution devant Sébastopol 197
IX. — Comment l'entrée des escadres dans la mer Noire équivaut presque à une déclaration de guerre des puissances occidentales à la Russie. — Notification à Saint-Pétersbourg. — Langage de M. de Nesseirode : comment il réclame on traitement égal pour les Russes et les Turcs dans la mer Noire. M. de Brunnow à Londres, M. de Risselef à Paris formulent les réclamations du Giar. — Refus des puissances alliées. — Départ des ambassadeurs. . . . S03
JL.— - La guerre est désormais inévitable : Russes et Français : guerre politique, non nationale. — Suprêmes tentatives de conciliation : encore la conférence de Vienne : mission du comte Orlof auprès de l'empereur François- Joseph et double objet de cette mission : lettre de l'empereur Napoléon III au Czar. — Premiers préparatifs militaires. — Le sentiment public : com ment il se traduit : exaltation religieuse en Russie : excitations bruyantes en Angleterre . en France singulier mélange de fermeté et d'apparente indifférence. — Sommation des cabinets de Paris et de Londres. — Clôture définitive des négociations 206