‹ Histoire du Séminaire de St. Hyacinthe [microforme] :Chapitre 7 sur 9 · CE CE · texte numérisé non relu

CE CE

ee”

sentir dans la communauté à cette triste nouvelle. Malgré une certaine sévérité, M. Prince était l’objet d'une grande affection de la part des prêtres de la maison et des élèves. Les larmes qui furent répandues en cette occasion ont dû le prouver.

M. Prince eut pour successeur dans la direction du Collége M. Joseph LaRocque, et M. Raymond devint Préfet des Etudes,

M. DUCHARME

En l’année qui suivit le départ de M. Prince, il arriva un fait, qui, je crois, est peu connu. Les Révérends Pères Jésuites venant d'arriver dans le pays, on songeait à leur donner un Collége. Celui de St. Hyacinthe parut pouvoir leur offrir une position convenable, M. Prince, autorisé sans doute de qui de droit, écrivit aux directeurs de cette maison pour leur demander s'ils ne seraient pas prêts à céder leur établissement à la Compagnie de Jésus, en entrant dans cet institut, ou en acceptant des places dans le ministère ; et on priait ces Messieurs de donner une prompte réponse,

Ils répondirent qu'une affaire de cette importance demandait une bien longue réflexion, que la vocation religieuse ne s’imposait pas; qu'en supposant chez quelques-uns d'eux un certain attrait pour l'Institut des Jésuites, ils pouvaient bien ne pas être jugés lui convenir, et qu’ainsi leur avenir serait compromis. Ils disaient qu'ils n'avaient point de goût pour le ministère paroissial; qu'occupés déjà depuis un certain nombre d'années à l'œuvre qu'ils accomplissaient, ils y avaient trouvé du bonheur et un succès qui semblait un signe que la Providence les voulait là où ils étaient ; que l'intention du fondateur avait été de faire de sa maison un petit séminaire pour le recrutement du clergé, sans exclure pourtant les élèves se destinant à la vie séculière. Et ils ajoutaient, que malgré tout ce que l’on pouvait attendre de l'enseignement des Jésuites si renommés comme instituteurs de la jeunesse, le clergé et la population préféreraient la conservation

de l'institution telle que constituée d'abord, se composant de prêtres du pays, sous la dépendance de l'Evêque diocésain.

En vain on leur offrit des stalles dans le Chapitre de Montréal qui s’érigeait alors, les Directeurs du Collége maiïntinrent leur détermination, et la chose n'eut pas de suite,

M. NORMANDIN

Il est heureux qu'il en ait été ainsi: car cela a amené la fondation du Collége Ste, Marie à Montréal, où la jeunesse d'élite de cette ville a reçu une brillante et forte éducation, sous la direction des Révérends Pères Jésuites ; et d’une autre. part ie Collége de St. Hyacinthe s’est maintenu avec son caractère primitif, et avec une prospérité croissante, La réunion de l’année dernière montre ce qu'il a fait pour la religion et la patrie ; nous nous flattons que la Providence qui l'a favorisé jusqu’à présent lui continuera sa bienveillance, et qué son avenir correspondra à son passé.

Vous contribuerez pour votre part, mes jeunes Messieurs, à ce qui peut faire son honneur, en profitant de l'éducation que vous y recevez pour remplir

avec succès les devoirs qui vous seraient imposés dans l'état ecclésiastique ou laïc. Puissent vos jours se prolonger assez pour vous permettre de prendre part,dans un certain nombre d'années, à une fête semblable à celle dont c’est aujourd’hui l'anniversaire, où vous vous féliciterez des fruits que vous aurez recueillis de l’enseignement qui vous est donné dans cette institution !

Page 1