‹ Histoire du siècle de Louis XIV;Chapitre 70 sur 206 · XXXV.] AFFAIRES ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

XXXV.] AFFAIRES ECCLÉSIASTIQUES

(]uoiqu'elle n'ait eu ni de nouveaux Tasse, ni de nouveaux Raphaël : c'est assez de les avoir produits une fois. Les Chiabrera, et ensuite les Zappi, les Filicaia, ont fait voir que la délicatesse est toujours le partage de cette nation. La Mèrope de Maffei, et les ouvrages dramatiques de Metas- 5 tasio, sont de beaux monuments du siècle.

L'étude de la vraie physique, établie par Galilée, s'est toujours soutenue malgré les contradictions d'une ancienne philosophie trop consacrée. Les Cassini, les Viviani, les Manfredi, les Bianchini, les Zanotti, et tant d'autres, ont 10 répandu sur l'Italie la môme lumière qui éclairait les autres pays ; et quoique les principaux rayons de cette lumière vinssent de l'Angleterre, les écoles itaHennes n'en ont point enfin détourné les yeux.

Tous les genres de littérature ont été cultivés dans cette 15 ancienne patrie des arts autant qu'ailleurs, excepté dans les matières où la liberté de penser donne plus d'essor à l'esprit chez d'autres nations. Ce siècle surtout a mieux connu l'antiquité que les précédents. LTtalie fournit plus de monuments que toute l'Europe ensemble; et plus on a 20 déterré de ces monuments, plus la science s'est étendue.

On doit ces progrès à quelques sages, à quelques génies répandus en petit nombre dans quelques parties de l'Europe, presque tous longtemps obscurs, et souvent persécutés : ils ont éclairé et consolé la terre, pendant que les guerres la 25 désolaient. On peut trouver ailleurs des listes de tous ceux qui ont illustré l'Allemagne, l'Angleterre, l'Italie. Un étranger serait peut-être trop peu propre à apprécier le mérite de tous ces hommes illustres. Il suffit ici d'avoir fait voir que dans le siècle passé les hommes ont acquis 30 plus de lumières d'un bout de l'Europe à l'autre, que dans tous les âges précédents.

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