‹ Histoire du siége d'OrleansChapitre 1 sur 24 · PRÉSIDENT A LA COUR IMPÉRIALR D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

PRÉSIDENT A LA COUR IMPÉRIALR D'ORLÉANS

« Nos bien amies les bourgois, manans et habitans de la ville d'Orléans, pour résister à la dampnable entreprise des Anglois, qui par buit mois ont tenu siéye devant la dicte ville, ont fait et porté plusieurs grans charges.

(Lettres de Chartes VIT, du 17 février 1435.)

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ORLÉANS H. HERLUISON, LIBRAIRE BLANCHARD, LIBRAIRE Ruc Jeanne-d'Are, 17 Rue Bannier, 42 “>

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À la mort de Charles VI (20 octobre 1429), son fils, le dauphin Charles (1), déshérité par le traité de Troyes, était par delà la Loire, où il prit le titre de roi de France et le nom de Charles VII.

En même temps, un autre roi de France, Henri de Lancastre, était proclamé à Paris sous le nom de Henri VI (2); enfant de dix mois, pour lequel gouvernait le duc de Bedford, son oncle, régent des deux royaumes de France et d’Angleterre (3).

(1) Charles de France, fils de Charles VI, roi de France, et d'Isabelle de Bavière, né à Paris le 22 février 1407.

(2) Henri de Lancastre, fils de Henri V, roi d'Angleterre, héritier désigné de la couronne de France; et de Catherine de France, fille de Charles VI, né le 6 décembre 1421.

(3) Jean de Lancastre, duc de Bedford, frère puiné de Henri V, roi d'Angleterre, qui, en mourant (31 août 1422), lui avait confié la régence.

A Charles VIT obéissaient le Dauphiné et les provinces du Midi. Son Parlement était à Poitiers, les officiers de la couronne à sa suite, sa cour de ville en ville, souvent à Bourges, d’où ses ennemis, par moquerie, l’appelèrent « le Roy de Bourges ‘. » Quelques milliers de gens d'armes sous la bannière de serviteurs fidèles ; des auxiliaires étrangers; une garde écossaise : des compagnies appartenant à des capitaines lombards, aragonais, gascons et poitevins pour la plupart ; des bandes d’aventuriers habitués à servir dans les rangs des Armagnacs, compo saient son armée.

Des princes de son sang, le plus puissant, Philippe, duc de Bourgogne (1), vassal rebelle, faisait cause commune avec l’Angleterre ; le duc d'Orléans (2) tenait prison à Londres ; le duc d'Alençon (3) avait perdu ses terres; le duc de

(1) Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, de Brabant et de Luxembourg, comte de Flandre, d'Artois, de Hainaut, de Hollande, de Zélande, petit-fils de Philippe de France (Philippele-Hardi, troisième fils de Jean ID), fils de Jean-sans-Peur et de Marguerite de Bavière, né à Dijon le 13 juin 1396.

(2) Charles d'Orléans, duc d'Orléans, fils de Louis de France, duc d'Orléans, qui avait été assassiné à Paris en 1407, et de Valentine de Milan, né à Paris le 26 mai 1391, veuf en premières noces d'Isabelle de France, fille de Charles VI, en secondes noces de Bonne d’Armagnac, avait été fait prisonnier à la bataille d’Azincourt (1415).

(3) Jean d'Alençon, duc d'Alençon, du sang royal, descendant de Pierre de France, cinquième fils de saint Louis, fils

Bourbon (1), plus heureux, conservait les siennes et maintenait sous la suzeraineté royale le Bourbonnais et l'Auvergne. Parmi les autres feudataires de la couronne, Charles n’avait pour alliés que le comte de Foix (2) et la duchesse d’Anjou, Yolande d'Aragon, reine de Sicile (3), sa bellemére, le duc de Bretagne (4) était du parti anglais.

Henri VI, roi de France et d'Angleterre, régnait sur l'Ile-de-France et les provinces du Nord. Par la Normandie et le Maine, il s’avançait jusqu’à Chartres, tandis que le duc de Bourgogne, son allié, maître de la Champagne, du Charolais et de l’Auxerrois, venait de ce côté

jusqu’à La Charité. Au nom de son neveu, le duc de Bedford, assisté d’un conseil de régence,

occupait Paris, où il tenait sous sa main l’Université et les grands corps de l’État.

de Jean d'Alençon et d'Anne de Bretagne, né en 1409, avait épousé à Blois, en 1424, Jeanne d'Orléans, fille du premier lit du duc d'Orléans, Charles III, alors prisonnier à Londres.

(4) Jean de Bourbon, duc de Bourbon, du sang royal, descendant de Robert de France, comte de Clermont en Beauvoisis, sixième fils de Saint-Louis, alors prisonnier en Angleterre. Ses états étaient gouvernés en son absence par Charles de Bourbon, comte de Clermont, son fils ainé.

(2) Jean de Grailli, comte de Foix et de Bigorre.

(3) Veuve de Louis II, duc d'Anjou.

(4) Jean VI, duc de Bretagne, fils de Jean de Montfort et de Jeanne de Navarre, avait épousé Jeanne de France, fille de Charles VI.

Entre la Loire et Paris restait l’Orléanais. Le duc d'Orléans, Charles IT, prisonnier en Angleterre depuis la bataille d’Azincourt (1415), était demeuré fidèle à la cause de Charles VIT. De loin il la soutenait de son mieux et s’eflorçait de conserver au Roi les villes de son apanage.

Ce prince, héritier des grâces de sa mère, Valentine de Milan, avait su, par l’aménité de son caractère et le charme de son esprit, se créer parmi les seigneurs anglais des relations et des amitiés qui lui valaient des ménagements ; et il avait, à l’aide de quelques sommes d'argent qu’on lui envoyait d'Orléans, obtenu ou plutôt acheté « abstinence ». pour les terres de son domaine. Jusque-là les généraux qui traversaient le détroit pour guerroyer sur le continent les avaient respectées.

Cependant les communes d'Angleterre, et avec elles les Français soumis à Henri VI (c'était, il faut le reconnaitre, la majorité de la nation), se plaignaient des obstacles que rencontrait l’établissement définitif de la domination anglaise. Rien ne se finissait: malgré les victoires de Crevant-sur-Yonne (1493), de Verneuil (1424), on n'avait pas fait un pas au Midi. Des provinces entières restaient à soumetire ; leur résistance entretenait l'inquiétude, nuisait aux relations commerciales, nécessitait de continuels et onéreux subsides. Londres, Paris surtout, suppor-

taient impatiemment ces dures privations; on murmurait de ce qu’à la porte de la capitale on laissât se maintenir indépendante une contrée riche, fertile, populeuse, dont la ville principale était la clé de la Loire.

Pour mettre un terme à ces plaintes, le duc de Bedford résolut de porter la guerre sur la Loire, et en 1427 il dirigea une expédition contre Montargis.

Capitale du pays de Gâtinais, posée entre la Basse-Bourgogne, le Nivernais et le duché d’Orléans, la ville de Montargis commandait l’une des routes de Paris à la Loire. Pour l'exécution du plan du Régent, c'était la première place à occuper ; le comte de Warwick (1) fut chargé de la réduire.

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