‹ Histoire du siége d'OrleansChapitre 16 sur 24 · LHUILLIER DE PLANCHEVILLIERS L’AN M DCC LXXI · texte numérisé non relu

LHUILLIER DE PLANCHEVILLIERS L’AN M DCC LXXI

D O M PIETATIS IN DEUM REVERENTIÆ IN DEIPARAM FIDELITATIS IN REGEM AMORIS IN PATRIAM GRATI ANIMI IN PUELLAM MONUMENTUM | RESTAURAVERE CIVES AURELIANI ANNO DOMINI MDCCLXXI ()

(1) Affirmation erronée, (QUICHERAT, V, 238.) (2) A Dieu trés-bon et trés-grand. L'an du Seigneur 1771, les citoyens d'Orléans ont élevé ce monument de leur piété

En 1799, les membres de la section de Saint- Victor d'Orl'ans adressérent aux administrateurs du département du Loiret une pétition par laquelle il était proposé de démolir le « monument de Charles VIE, » et de convertir en canons le bronze qu’on en retirerait.

Le’ conseil général de k commune, consulté sur cette pélition, estima que le monument de la Pucelle ç ne pouvoit être regardé comme un signe de féodalité; qu'il étoit au contraire un acte de reconnoissance envers l’Etre suprême, un témoignage de la valeur de nos ancêtres qui ont délivré la nation françoise du joug que les Anglois vouloient leur imposer, et qu’il n’y avoit aucun motif de le détruire. »

Mais l'administration départementale, dans sa séance du 28 août, décida que le monument serait enlevé sur-le-champ et déposé dans un lieu sûr, « pour être examiné sur la conversion et l'emploi du métal ce qu'il appartiendroit. »

Le 21 septembre suivant, le conseil général de la commune, en exécution de la loi du 14 août, qui prescrivait la conversion en bouches à feu de tous les monuments et inscriptions de bronze, fut obligé d’ordonner que les figures composant le monument de la Pucelle

envers Dieu, de leur révérence envers la Mère de Dieu, de leur fidélité au Roi, de leur amour de la patrie, de leur reconnaissance envers la Pucelle.

seraient employées à fabriquer des canons, mais il ajouta que pour en « conserver la mémoire, » un de ces canons porterait le nom de Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans.

En 1824, les missionnaires qui prêchaient à Orléans eurent la pensée de provoquer une souscription pour le rétablissement de l’ancien monument, Ce projet ne put être réalisé *.

Statue en pied du rond-point de la porte Dauphine. — En l’an XI (1803), le conseil général de la commune d'Orléans, par la même délibération où il demandait le rétablissement de la fête de la délivrance de la ville, exprima le vœu qu'un monument fût élevé sur une de ses

places publiques en l'honneur de Jeanne d'Arc,

pour remplacer l’ancien monument du pont entièérement détruit. Cette délibération fut soumise au général Bonaparte, premier consul, qui de sa main lapostilla en ces termes :

La délibération du conseil municipal m'est très-agréable ; l'illustre Jeanne d'Arc a prouvé qu'il n’est point de miracle que le génie français ne puisse opérer lorsque l'indépendance nationale est menacée. La nation française n'a jamais été vaincue; mais nos voisins, abusant de la franchise el de la loyauté de notre caractère, semèrent constamment parmi nous ces dissensions d’où

— 206 — | naquirent les calamilès de l'époque où vécut l'héroine française, el lous les désastres que rappelle notre histoire.

Le ministre de l’intérieur, en envoyant au maire d'Orléans, M. Crignon-Désormaux, le texte de cette apostille, annonça qu'il accordait cinq mille francs pour aider à la consiruction du monument.

Le sculpteur Gois fils présenta au conseil municipal le dessin d’une ststue de Jeanne d'Arc, d’après une terre cuite qu’il avait modelée, sur la demande de M. Lenoir, pour le musée des monuments français. Ce dessin fut agréé, mais à la condition que le sculpteur éleverait préalablement à la place destinée à la statue une épreuve en plâtre.

Cette épreuve fut inaugurée le 17 floréal an x (7 mai 4804), à six heures du soir, sur la place du Martiroi, par le maire, accompagné des adjoints et du secrétaire de la mairie. Le lendemain fut célébrée la fête religieuse.

La stalue, coulée en bronze, vint prendre bientôt après la place de l'épreuve en plâtre (1). Le piédestal qui porte pour toute inscription les mots : À JEANNE D’ARC, fut décoré de quatre bas-reliefs qui représentent : l’arrivée de la Pu-

(1) Cette épreuve fut alors déposée dans le jardin de l’Hôtelde-Ville, où elle est encore.

celle à Chinon; la prise des Tourelles ; le sacre de Charles VIT et le bûcher de Rouen.

En 1855, cette statue a été enlevée de la place du Martroi et transporiée au rond-point de la Porte-Dauphine.

Croix des Tourelles. — Cette croix, érigée par les soins de M. le comte de Rocheplatte, maire d'Orléans, sur l'emplacement autrefois couvert par le boulevart des Tourelles, fut inaugurée le 8 mai 1817. Son piédestal porte les inscriplions suivantes :

| EN MÉMOIRE DE JEANNE D’ARC DITE LA PUCELLE PIEUSE HÉROÏÎNE QUI LE 8 MAI 1499 DANS CE MÊME LIEU

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