VIII. — ÉTENDARDS ET BANNIÈRES
Étendard de Jeanne d'Arc. — À son passage à Tours (avril 1429), Jeanne fit faire et. peindre un éteñdard (1); à Blois, elle le fit bénir par l’archevêque de Reims dans l’église de Saint-Sauveur. — Le 29 avril, lorsqu'elle quitta le port Bouschet, et entra dans un bateau avec le Bàtard d'Orléans pour passer sur la rive droite, Jeanne le tenait à sa main. — Le soir du même jour, lorsqu'elle entra dans Orléans par la porte de Bourgogne, son écuyer le portait devant elle. Un habitant de Ja ville, qui portait une torche, s’étant trop approché, le feu prit au pennon (pointe). Jeanne poussa en avant, saisit l’étendard et étouffa la flamme. — Le 4 mai, lorsque Jeanne, s’éveillant en sursaut, prit ses armes en toute hâte pour se rendre à Saint-Loup, son élendard lui fut passé par une fenêtre, alors que déjà elle était à cheval dans la cour. — Le même jour, devant Saint-Loup, elle le planta sur le bord du fossé. — Le 6 mai, devant les Augustins, Jeanne combattit son étendard déployé. — Le 7 mai, devant les Tourelles, le signal du dernier assaut fut l'instant où la pointe de l’éten-
(1) Le peintre s'appelait Poulnoir.
dard toucha le mur du boulevart. En ce même instant une colombe blanche voltigeait au-dessus. — Dans les premiers jours de juin, lorsque Jeanne partit de Celles et prit congé de Charles VIT pour retourner à Orléans, son étendard ployé était porté devant elle par un «gracieux page. » — À l'assaut de Jargeau, Jeanne montant à une-échelle tenait son étendard. Une pierre jetée du haut de la muraille atteignit l’é-
tendard; elle-même roula dans le fossé. — Sous
les murs de Troyes, c’est son étendard à la main qu’elle entraîna son monde à l’assaut. — Dans l’église de Reims, pendant le sacre du Roi, elle était debout, tenant son étendard. — A l’attaque du faubourg Saint-Ilonoré, elle l’avait à la main lorsqu'elle descendit dans le fossé, et fut « navrée » d’un trait d’arbalète qui Pat-
teignit à la jambe. — A Ja fatale sortie de :
Compiègne, elle « chevauchoit un coursier lyard,
moult bel et moull fier, son étendard haut, élevé
et volitant en l'air du vent. »
Cet étendard, comme ceux des généraux d’armée au XVe siècle, était une trés-longue pièce d’étoffe coupée en triangle ou flamme, et cloué par sa base au bois d’une lance. Jeanne ellemême en a donné la description dans ses 1interrogatoires des 27 février et 17 mars 1431, description qui fut confirmée vingt-cinq ans plus tard par son chapelain, entendu en témoignage
au procès de réhabilitation. Il était de toile blanche ou boucassin (fine toile de lin), semé de fleurs de lis d’or et frangé de soie. Le monde, c'est-à-dire Dieu tenant le monde, y était figuré assis sur l’arc-en-ciel, les pieds sur les nuées; devant lui deux anzes agenouillés, l’un desquels présentait unt fleur de lis, l’autre se tenait en prière; à côté, ies mots IHESVS MARIA.
L’étendard était l’attribut du général d'armée, et à Rouen, les juges de Jeanne voulurent lui imputer à vanité d’avoir fait faire le sien ; à quoi elle répondit que c'était de l'ordre de sainte Marguerite et de sainte Catherine, qui lui avaient dit : « Prends l'étendard de par le roi du Ciel, et porte-le hardiment. » On lui reprochait bien plus encore de lavoir tenu à la main dans léglise de Reims, tandis que celui d'aucun chevalier n’étan en pareil lieu, question qui amena la noble répartie déjà rapportée plus haut : « fl étoit à la peine; c’étoit justice qu’il fàt à l’hon- neur. » On lui demandait aussi pourquoi elle avait fait peindre deux anges, si elle les avait fait peindre comme elle les avait vus dans leurs apparitions, pourquoi elle ne les avait pas fait représenter entourés de clartés célesies ; on voulait lui faire avouer que l’un de ces anges, celui qui tenait la fleur de lis, était elle-même. « Je vous ai déjà dit assez, » répondit la pauvre martyre, « que je n’ai rien Tait que de l'ordre
de Dieu ; les anges sont là pour lui faire honneur, vêtus comme on les voit dans les églises. » On voulut encore savoir d'elle si elle préférait son épée à son étendard, à quoi elle dit que dans le combat elle « portoit son étendard pour éviler de tuer queue un, et que jamais elle n’avoit tué un homme *
Bannière de Jeanne d'Arc. — À Blois, Jeanne ayant appelé près d’elle des moines et des prétres qui formaient une espèce de confrérie à sa suite, voulut leur donner une banniére que son chapelain fit fabriquer par son ordre. Cette bannière, toute religieuse, représentait le Christ en croix. Elle fut portée par les prêtres en tête de l’armée qui, le 28 avril, se rendit de Blois à Orléans par la Sologne, revint à Blois le 30, et retourna à Orléans le 3 mai par la Beauce.
Après le siége, il n’en est plus parlé.
Étendard et bannière de la Ville. —-L'étendard, de forme triangulaire, était, comme on vient de le dire, un signe militaire, le drapeau du général d'armée. La bannière était un signe de ralliement féodal ou communal, l’attribut du seigneur ou de la communauté; sa forme était rectangulaire. La ville d'Orléans avait de toute anciennété une bannière, et lorsqu’en novembre 1429, elle envoya sa milice au siége de
La Charité, elle fit faire un étendard. L’ouvrier qui confectionna cet étendard fut en même temps chargé de raccoûtrer la bannière, de la repeindre et enluminer ; elle élait en boucassin de coulcur sandal (rouge) avec frange, et pour le voyage de La Charité on l'enveloppa d'une toile *
Bannières et élendards qui se porlaient à la
procession du 8 mai. — Il a été dit déjà qu’un étendard et une banniére de Retz figurérent dans le divertissement qui eut lieu le 8 mai 1439, pour simuler l'assaut des Tourelles. Cet étendard et celte bannière sont signalés dans cette seule circonstance : il n’en est parlé dans aucun autre document que le compte de commune de 1439.
L'année suivante, la bannière de la Ville, dont les comptes de dépenses de la fête de la délivrance ne font aucune mention jusque-là, parut à la procession, et à dater de cette époque elle y parut chaque année. |
En 1476, elle était toute dépecée, et il fallut la mettre à point, ce qui coûta onze sous par'isis.
En 1494, on porta l’étendard de la Ville avec la banniére.
En 1505, l’étendard et la bannière furent déposés, au retour de la procession, dans l’église
de Saint-Aignan, où ils demeurèrent pendant la nuit, et le lendemain, aprés l'office des trépassés, ils furent rapportés. à l’Ilôtel-de-Ville, ce qui se continua les années suivantes.
En 1535, l’étendard était en mauvais état et fut raccommodé : « À Pasquier le Coq, cousturier, pour avoir par luy repparé et accoustré l'estendart de la dicte Ville en plusieurs endroiz où elle estoit rompue. »
En 1565, la bannière de la Ville fut portée sans létendard. |
En 1567, un guidon fut porté avec la bannière. Était-ce l’ancien étendard de la Ville sous la dénomination de guidon, ou bien un guidon qui, à daler de cette époque, le remplaça? C’est là une question d'autant plus difficile à résoudre, que les comptes des années suivantes donnent peu de renseignements sur la fête de la Ville. Les dépenses y sont mentionnées en bloc, et les indications de détail deviennent rares. Pendant
une période de quatre-vingt-dix ans, elles man-
quent complètement sur les banniéres ou drapeaux qui figurérent à la procession, et ce n’est qu'en 1659 qu'il est de nouveau question d’un guidon qu’on refit à neuf et qu'on appelait alors le guidon de la Pucelle. D'où l’on pourrait induire que l’étendard de la Ville, qu’on avait commencé à porter en 1494, fut remplacé au cours du XVIe siècle, peut-être après les troubles, par
un guidon qui perdit le nom d’étendard de la Ville pour prendre celui de guidon de la Pucelle. | | La fête avait été instituée en actions de grâce de la délivrance de la Ville; c'était la cité sauvée qui remerciait Dieu et priait pour les âmes de ceux qui avaient péri en la défendant. A l’origine, le souvenir de la Pucelle n’était mêlé à la cérémonie que très-accessoirement, et son nom n’y fut admis d’abord qu’en compagnie de ceux de Dunois, de La Hire et de Xaintrailles; les molets de d’Amerval, composés en 1483, les confondent dans une même ovation. Ces motets furent très-probablement le premier hommage direct et personnel à la Pucelle qui se soit introduit dans la fête religieuse, et il n’est pas douteux qu’à cette époque l'étendard qu’on portait à la procession était l’élendard de la Ville, et non un étendard commémoratif de celui de Jeanne d’Arc.
Mais à mesure qu'on s’était éloigné du temps du siége, quand ceux qui s’y étaient trouvés et la génération qui en avait reçu le récit de leur bouche eurent disparu, les impressions se modifièrent. L'idée abstraite de la délivrance de la ville s’effaça peu à peu devant l’image poétique et saisissante de celle qui en avait été l’instrument. Pour beaucoup de gens, la fête de la cité devint la fête de Jeanne d’Arc. L'office réglé par
les décrets des évêques continuait à glorifier la croix, Saint Aignan, saint Euverle, mais la foule
ne connaissait plus que la Pucelle et croyait
que la procession se faisait en son honneur.
Elle voulut y rappeler sa présence par des symboles, et il a fort bien pu se faire que l’étendard ou le guidon de la Ville, changeant insensiblement de nom, se suit transformé, par la seule influence de la prédilection populaire, en guidon de la Pucelle.
Toujours est-il qu’en 4659, le guidon qui se portait à la procession n'avait plus d’autre nom.
En cette année il fallut le renouveler, et voici les articles du compte de commune qui se rapportent à ce renouvellement :
&« À François Barbier, artillier, la somme de trois livres tournois pour la lance qu'il a fournie du nouveau guidon de la Pucelle,
« À Nicolas Humby, marchand, la somme de vingtsept livres dix solz pour avoir fourny de cinq aulnes et demye tafetas bleu pour faire le nouveau guidon de la Pucelle.
« À Mathurin Pasquier, passementier, la somme de trois livres dix-huit solz pour fourniture par luy faicte de frange qui a servy au nouveau guidon de la
Pucelle.
« À Langlois, brodeur, la somme de quatre livres tournois pour avoir par luy faictet retaillé le nouveau guidon de la Pucelle et fourny de soye.
« A Gilles Rathouin, maitre peintre, la somme de
soixante livres tournois pour avoir par luy paint le nouveau guidon de la Pucelle. »
Quelle était cette peinture? Aucun document ne l’a révélé jusqu’à ce jour; mais 1l est certain qu’elle était d’une certaine importance, à en juger par le prix de soixante livres tournois, qui équivalaient pour le moins à deux cent cinquante francs d'aujourd’hui. Quant à la composition, elle ne pouvait avoir aucun rapport avec l’étendard qu'avait possédé Jeanne d’Arc. On -était trop loin pour que la tradition en eût transmis la description, et au XVIIe siècle les habitudes de recherche archéulogique n'étaient nt assez exactes, ni assez sûres pour la faire retrouver. À cette époque, on composait des symboles de fantaisie ; la couleur bleue qui fut ici choisie en est la preuve, puisque Jeanne elle-même, et après elle tous ses chroniqueurs, avaient dit que son étendard était blanc. Il est toutefois à remarquer que déjà celle inexactilude avait été commise au XVe siècle, dans une tapisserie al- . lemande, contemporaine de Jeanne d'Arc, que possède le musée historique de lOrléanais : l’étendard qu'elle tient à la main est bleu.
Lottin rapporte qu’en 1715, ce guidon était complètement usé et ne pouvait plus servir. Il y à lieu de penser qu’il fut alors remplacé par un drapeau aux couleurs de la Ville (jaune et rouge). C’est ce même drapeau que portait le
Puceau lorsqu’en 1817 il reparut dans le corlége.
La bannière de la Ville, bannière en forme de carré long, n'avait pas cessé de paraître à côté de ce guidon; sa présence est constatée à la procession du 8 mai 1668 par le compte de commune, el à la procession du 8 mai 1785 par une relation qui fut faite de la fête de cette année.
La bannière qui avait été porlée au siége de
La Charilé en 1429 était rouge, ce qui indique
qu'elle était aux armes de la Ville, dont le champ est de gueules. C’est celte bannière armoriée qui figura à la procession pendant toute la durée du XVe siècle. Mais au XVIe siècle on la remplaça par une bannière, espèce de tableau en loile peinte, dans la donnée du monument érigé depuis 1458 sur le pont d'Orléans, en commémoralion de Ja délivrance de la Ville. Cette banniére fait aujourd'hui partie d’une collection particulière (1). D’un côté se voit la Vierge assise, tenant l'enfant Jésus; debout, derrière elle, saint Euverte et saint Aignan, patrons de la Ville ; à genoux, en avant, le duc d'Orléans (2)
(1) La collection de M. Vergnaud-Romagnési.
(2) La présence de Charles VIT ou de Dunois s'expliquerait mieux; mais le lambel qui se voit sur la dalmatique fleurdelisée du personnage agenouillé en face de la Pucelle, le bâton et la couronne ducale posés devant lui ne permettent aucun doute.
et Jeanne d'Arc; au revers, la ville d'Orléans, prise des Augustins, sur le premier plan deux groupes de personnages à genoux, qui appartiennent au clergé, à l’université ct au corps des échevins de la Ville, dans le ciel, deux anges tenant des couronnes et des palmes.
La peinture est d’une exécution remarquable.
On a voulu lattribuer à Léonard de Vinci, qui babita la Touraine au commencement du XVIs siècle ; tout au moins est-elle de son école. On a également supposé que celte bannière avait été donnée à la ville d'Orléans par Louis XII ou François Ier. Son importance, le temps auquel elle appartient et l’image du duc d'Orléans donnent de la force à cette supposition. :
Elle figura très-certainement à la procession
des Tourelles pendant toute la durée des XVIe et XVIIe siècles, peut-être même pendant une partie du XVIIE.
Dans les premiers temps, la bannière était portée par le « varlet » de la Ville. Ce varlet de la Ville était le gardien de l'hôtel commun, un intendant qu'on chargeait de soins et de commissions de confiance. Il faisait certains achats et veillait à la plupart des menues dépenses. Plus tard il s’appela le serviteur, puis le concierge de la Ville, et eut lui-même un valet.
À la fin du XVe siècle, ce sont des hommes payés qui portent la bannière et l’étendard ; mais
le concierge de la Vile ou son valet les accompagnent. Au XVIe siècle, le valet avait une livrée aux couleurs de la Ville, qu’on renouvelait chaque année au mois de mai. Quant au concierge, on ne voit pas qu’au XVI siècle il ait été revêtu d’une livrée. Au XVIIe siècle, il portait une robe, ce qui indique qu’il remplissait l'office d’appariteur “.
Armes de la Ville. — Les armes d'Orléans paraissent avoir élé de toute ancienneté de gueules à trois cœurs de lis d'argent. Dès l’année 1499, le champ de l’écu était de gueules. Plus tard, les rois accordérent à la cité le droit d'ajouter un chef de France, faveur qu’elle avait méritée par sa glorieuse résistance aux armes anglaises, faveur qui fut, du reste, accordée à la plupart des bonnes villes du royaume. Ces armes, supprimées en 47992, ont été rendues à
la ville d'Orléans, par une ordonnance du roi Louis XVIII.
Couleurs de la Ville. — Déjà, au XVe siècle, le rouge et le jaune étaient les couleurs des enseignes de la compagnie du duc d'Orléans; au XVIe siècle, ces couleurs formérent la livrée de la Ville, qui depuis les a conservées. Le manteau du concierge ou appariteur de la commune, le costume du Puceau, le drapeau qu’il tenait à la main, étaient parlie jaune el rouge *.
Armes du duc d'Orléans, Charles IIT. — Le duc d'Orléans portait les armes de France brisées du lambel d'Orléans et les armes du duché de Milan, auquel il prétendait des droits du chef de Valentine de Milan, sa mère, ce qui formait un écu écartelé 1 et 4 d'azur à trois fleurs de lis d'or, au lambel de trois pendants d’argent ; 2 et 3 d'argent à la guivre couronnée d’azur, à l'issant de queules.
Son ordre était l'ordre du porc-épic (appelé aussi ordre du camail, ordre d’Orléans), fondé en 4493 par le duc Louis Ier, son père. Au collier de tortils d’or était suspendu un porcépic également d’or sur terrasse de sinople, avec la légende : cominus el eminus (1).
Armes de Jeanne d'Arc. — D’'azur à une épée d'argent pomelée d'or, soutenant une couronne royale également d’or, accostée de deux fleurs de lis de même. Ces armes avaient été
données par Charles VIL aux frères de la Pu-
celle dés la levée du siége d'Orléans. À Reims, elles furent blasonnées par un peintre, sur la description que Jeanne elle-même lui en donna *. | |
(1) De près et de loin. C'était une croyance au moyen âge que le porc-épic, non seulement se hérissait, mais qu'il lançait ses dards.
IX. — MONUMENTS ÉLEVÉS DANS LA VILLE D'ORLÉANS EN L'HONNEUR DE JEANNE D'ARC.
Monument du pont. — En 1458 fut érigé sur le pont d'Orléans le premier monument commémoratif de la délivrance de la Ville : les frais en furent faits par les Orléanaises, dames et demoiselles (1). Ce monument était en bronze et se composait de quatre personnages. Le Christ sur la Croix, la Vierge debout au pied de la croix, Charles VII et Jeanne d'Arc à genoux de chaque côté.
En 1567, il fut détruit par les calvinistes, qui renversérent le Christ et mutilèrent les statues.
En 1571, les échevins le firent reconstruire ; un fondeur de la ville (2) entreprit cette restauralion. Par les termes du marché, on voit que de la statue de la Pucelle il ne restait que les jambes, les bras et les mains. Dans le nouveau monument, la Vierge fut représentée assise au pied de la croix tenant sur ses genoux le corps de son fils. On conserva à Charles VII et à la Pucelle la position qui leur avait été donnée dans le monument primitif.
(1) Opere sumptuque matronarum ac virginum.
(2) Hector Lescut, mss. de la bibliothèque d'Orléans, n° 411
Sur le piédestal fut placée l'inscription suivanle :
Mors Christi in cruce nos contagione labis ælernotum morborum sanawit; Clodovicus rex in hoc signo hostes profligavil et Johanna virgo Aurcliam obsidinne lolamque Galliam servilule brilannica liberavit : a Domino factum est istud el est mirabile in oculës noslris : in quorum me. moriam hæc nostræ fidei insignia non diu ab impiis diruta restituta sunt anno MDLxxI (1).
Quelques années plus tard, la Ville fit frapper des jetons pour ses échevins. On leur donna pour effigie, d’un côté les armes de la Ville avec les mots : Maison commune d'Orléans ; de l’autre, le monument du pont avec la légende : À Domino factum est istud (2).
En 1755, le pont actuel était en voie de construction ; l’ancien pont, au contraire, menaçait ruine. Le monument fut enlevé et déposé dans un réduit dépendant de l’Hôtel-de-Ville. Seize ans aprés, on le rétablit au carrefour formé par la rue Royale et la rue de la Vieïlle-Poterie.
(1) La mort du Christ sur la croix nous a guéris de la plaie des éternelles maladies; par ce signe le roi Clovis a abattu les ennemis, et Jeanne la Pucelle a délivré Orléans du siége et toute la France de la servitude britannique. Par le Seigneur ceci a été fait et cela est merveilleux à nos yeux. En mémoire desquelles choses ces signes de notre foi renversés naguère par les impies ont été rétablis l'an 1574.
(2) Far le Seigneur ceci a été fait.
Sur le piédestal furent placées deux inscriptions ainsi cÔnçues :
DU RÈGNE DE LOUIS XV CE MONUMENT ÉRIGÉ SUR L'ANCIEN PONT PAR LE ROI CHARLES VII (1) EN 41458 EN ACTIONS DE GRACE DE LA DÉLIVRANCE DE CETTE VILLE ET DES VICTOIRES REMPORTÉES SUR LES ANGLAIS PAR JEANNE D’ARC DITE LA PUCELLE D’ORLÉANS A ÉTÉ RÉTABLI DANS SA PREMIÈRE FORME DU VŒU DES HABITANTS ET PAR LES SOINS DE | M. JACQUES DU COUDRAY maire MM ISAMBERT DE BAGNAUX VANDEBERGUE DE VILLEBOURÉ
échevi BOILLÈVE DE DOMAY evins DELOYNES DE GAUTRAY DESFRICHES \ CHAUBERT
LAS DE LMUSSE .R du conseillers
ARNAULT DE NOBLEVILLE
BOILLÈVE