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M GENTEUR MAIRE DE LA VILLE

LE VIII MAI M DCCC LXI LES RELIEFS DU PIÉDESTAL ONT ÉTÉ INAUGURÉS M LE CTE DE COETLOGON ÉTANT PRÉFET M E VIGNAT MAIRE

X. — CÉRÉMONIAL ACTUEL DE LA FÊTE COMMÉMORATIVE DE LA DÉLIVRANCE D'ORLÉANS.

Le 8 mai 1855, la statue équestre de la place du Martroi fut inaugurée, et à celte occasion, la fête de la Ville fut célébrée avec un éclat inaccoutumé. On rendit à la cérémonie religieuse une solennité qu’elle n'avait pas eue depuis longtemps; d’anciens usages abandonnés furent rétablis; des innovations importantes furent introduites. Le programme qui fut alors arrêté fait règle aujourd’hui; ïl est suivi et observé chaque année; à cela près toutefois que les villes de Montargis, de Gien, de Beaunela-Rolande, de Châteaurenard, de Jargeau, de Meung, de Baugenci, de Patay, la commune de Chécy, qui furent représentées en 1855 dans la procession, n’y prennent pas habituellement place, et qu’une cavalcade historique qui, par exceplion, fit la même année partie du cortége, n’y figure plus.

Voici quel est ce cérémonial :

1 mai (midi). — Sont hissées sur la tour du Beffroi une bannière aux couleurs de la Ville (jaune et rouge); sur chacune des tours de la basilique de Sainte-Croix, une bannière tricolore.

La cloche du beffroi se fait entendre et inte à l'alarme de quart-d'heure en quart-d’heure, (ce tintement du beffroi rappelle les angoisses de la ville assiégée).

Huit heures. — Heure à laquelle, le 7 mai 1499, Jeanne d’Arc, après avoir emporté le fort des Tourelles, est rentrée dans Orléans par le pont; un bouquet d’arlifice est tiré sur l'emplacement des ouvrages avancés du fort des Tourelles. Les cloches des églises et des chapelles de la ville, et de la paroisse de Saint-Jean-le-Blanc, sonnent à grande volée.

À ce signal, les troupes de la garnison, massées derrière le bouquet d'artifice, se mettent en marche à la lueur des torches, suivent le pont, la rue Royale, la rue Jeanne-d’Arc, et viennent se ranger en ordre de bataille devant le portail de la basilique de Sainte-Croix.

Au même instant, le corps municipal, ayant à sa tête le maire et ses adjoints, sort de l’Hôtelde-Ville avec une escorte militaire, à la lueur des torches ; il est précédé de la bannière de la Ville‘ (1) et de l’étendard de Jeanne d’Arc (2). Il se dirige vers le parvis de la basilique.

(4) Bannière rectangulaire en soie brodée sur chaque face d’or et d'argent : de gueules à trois cœurs de lis d'argent, au chef cousu d'azur chargé de trois fleurs de lis d’or, qui sont les armes de la ville d'Orléans.

(2) Longue flamme triangulaire en soie blanche frangée

À l’apparition de l’étendard de Jeanne d’Arc débouchant sur la place, les tambours battent au champ, les portes de l’église s'ouvrent; le séminaire, le clergé de Sainte-Croix, portant les - bannières de saint Michel, patron de la France, de saint Euverie et de saint Aignan, patrons d'Orléans, de sainte Catherine et de sainte Marguerite, protectrices de Jeanne d'Arc; le chapitre de la cathédrale, l’évêque, sortent processionnellement au chant du Te Deum et prennent place sur le perron de l’église.

Lorsque les chants ont cessé, le maire s’avance, suivi de l’étendard de Jeanne d’Arc; il monte les degrés, s'approche de l’évêque qui fait un pas en avant, et il lui remet l’étendard.

À ce mounent, les tambours battent de nou-

d’or, qui représente en broderie d’or, d'argent et de soie, d’un côté, le Sauveur nimbé, assis sur l’arc-en-ciel, les pieds posés sur les nuées, bénissant de la main droite, tenant le monde dans la main gauche; devant lui deux anges agenouillés, vêtus comme l’étaient au XVe siècle les anges peints dans les églises. L'un de ces anges offre une fleur de lis, l’autre est dans l'attitude de la prière, au-dessous les monogrammes : IHESUS-MARIA ; à la pointe un rinceau dans le goût du XVe siècle, figurant une tige de lis; le revers semé de fleurs de lis d'or ; à la pointe l'inscription: Donné par les Orléanaîises, 1855.

La forme de cet étendard est celle des étendards au XVe siècle. C'était notamment la forme de celui de la Pucelle, dont la pointe alongée vint toucher la muraille du bastion des Tourelles au moment où il fut emporté d'assaut. Le sujet et les emblêmes qui le décorent ont été fidèlement reproduits

re

veau ; le portail et les tours de Sainte-Croix s’illuminent de feux de Bengale de la base au sommet.

Le maire descend et revient prendre sa place à la tête du corps municipal. Les chants religieux reprennent ; l'évêque donne sa bénédiction du haut du perron, puis le clergé rentre processionnellement dans la basilique, où il dépose l’étendard de Jeanne d’Arc.

Le cortége municipal retourne à l'Hôtel-de- Ville.

Les troupes regagnent leurs quartiers. La retraite est sonnée aux flambeaux.

8 mai. — À dix heures, le conseil municipal, précédé de la bannière de la Ville, se rend dans

la basilique de Sainte-Croix ; les corps constitués,

les autorités, les fonctionnaires, les corporations,

d’après la description que Jeanne d’Arc donna, devant ses juges, de son propre étendard. Les anges étaient là « en l'honneur de Dieu ; » mais ce fut une opinion accréditée au XVe siècle que, sous la figure de l'ange qui‘tenait une fleur de lis, Jeanne elle-même était représentée.

Cet étendard a été offert, comme l'indique l'inscription du revers, par les dames de la Ville (*). Déjà, en 1458, les Orléanaises avaient fait ériger à leurs frais, sur le pont d'Orléans, le monument de bronze décrit plus haut où se voyaient, au pied de la croix, la Vierge debout, le roi Charles VIE et la Pucelle à genoux.

(*) Les offrandes, fixées à un taux uniforme, ont été recueillies par Les suins de Ma's de Vauzelles, Boælli, Cordoën, Genteur, baronne de Morogues, comtesse de Rocheplatte, Porcher (Félix), de Lockhart, Boussion, Chiquand, Dumuis-Daudier, Fontaine, Ganard, du Roscoat.

invités par le Maire, s’y rendent de leur côté et prennent place dans la nef, dans l’ordre qui leur est assigné par les maîtres des cérémonies du chapitre. Le clergé occupe les stalles du chœur.

Lorsque le corps ou la personne ayant le premier rang est arrivé, une messe basse commence au maîlre autel.

La messe finie, l’évèque et le clergé quittent le chœur et viennent occuper les siéges du banc d'œuvre.

Un prédicateur désigné à l'avance par S. G.

l'évêque d'Orléans, monte en chaire et prononce le discours qui portait à l’origine le nom « d’oraison en action de grâce de la délivrance de la ville, » et qui dans les temps modernes a pris . celui de « Panégyrique de Jeanne d'Arc. »

L’étendard de Jeanne est placé en face de la chaire, les bannières des saints et des saintes contre les piliers de la nef, la bannière de la Ville au pied de la chaire.

Lorsque le prédicateur est descendu de la chaire, une procession sort de la cathédrale dans l’ordre suivant :

40 Peloton de cavalerie;

20 Députation et sapeurs-pompiers des communes suburbaines de Saint-Denis-en-Val, Olivet, Saint-Jean-le-Blanc, Saint-Pryvé, La Chapelle Saint-Mesmin, Ingré, Saint-Jean-de-la-Ruelle, Saint-Jean-de-Braye, Fleury;

Des communes plus éloignées et des villes du département, qui se font représenter;

8 Corporations et sociétés laïques de la ville d'Orléans (mariniers, jeunes apprentis, ouvriers, orphéonistes, médaillés sauveteurs et autres), précédées de leurs bannières ;

4 Corporations religieuses ;

5° Le bataillon de sapeurs-pompiers d’Orléans ;

Go Les valets de la Ville :

7° La bannière de la Ville, escortée par des sous-officiers des sapeurs-pompiers d'Orléans;

8 Le maire d'Orléans, accompagné de ses ad- Joints ; |

90 Le conseil municipal d'Orléans ;

40° Les administrateurs des hospices d’Orléans ;

419 Les croix, les châsses et le clergé de chacune des paroisses de la ville d'Orléans, chaque chässe accompagnée de torches avec boisseaux aux armes de la ville d'Orléans (1) ;

42 Bannières de saint Michel, de saint Euverte et de saint Aignan, accompagnées des enfants des écoles d'Orléans (2);

(1) Ancien usage.

(2) Bannière de saint Michel, patron de la France, verte, ancienne couleur du duché d'Orléans; bannières de saint Euverte et de saint Aignan, rouge, qui est la couleur du champ des armes de la ville d'Orléans.

43° Bannières de sainte Catherine et de sainte Marguerite, accompagnées de jeunes filles couronnées de violettes blanches (1) ;

44 La croix du chapitre, les châsses de la basilique portées par les clercs du grand séminaire, et escortées de torches avec boisseaux aux armes de la Ville;

L’étendard de Jeanne d’Arc, porté par des clercs du grand séminaire ; le clergé paroissial de Sainte-Croix, le chapitre cathédral, l’évêque sous le dais, portant la relique de la vraie CTOIX ;

15° Les corps et fonctionnaires invités marchant suivant l’ordre de leurs préséances ;

Les troupes de la garnison échelonnées sur les flancs du cortége et fermant la marche.

La procession suit la rue Jeanne-d’Arc, la rue Royale, le Pont, se rend à la croix des Tourelles, où l’évêque dit les oraisons indiquées au processionnal ; revient par le pont, la rue Royale, la place du Martroi, la rue d’Escures, la place de l’Etape et la place Sainte-Croix.

À leur arrivée sur la place Sainte-Croix, les

(1) Sainte Catherine et sainte Marguerite sont des vierges martyres, et à ce dernier titre leurs bannières devraient étre rouges ; mais on a préféré le blanc, pour rappeler que c'était à titre de vierges saintes plutôt. que de martyres que Jeanne d'Arc les avait choisies pour patronnes. Les couronnes des jeunes filles qui suivaient la procession aux XVe et XVIe siècles étaient composées de violettes blanches,

troupes et les corporations se massent, le clergé pénètré dans l’église; mais l’évêque avant d’y entrer s’àrrête, et du haut des marches donne sa bénédiction.

À ce moment on entonne le Te Deum. L’évêque entre dans l’église; les corps, les fonctionhaires et les personnes invitées entrent à sa suite ét prennent place dans le chœur où le corps municipal les a précédés. Les châsses des saints sont déposées sur des estrades au milieu . du chœur; les bannières de Saint-Michel, de Saint-Euverte, de Saint-Aignan, de Sainte-Catherine, de Sainte-Marguerite et l’étendard de Jeanne d'Arc, entourent le sanctuaire. Le Te Deum achevé, l’évêque dépose la relique de la vraie croix sur l'autel et se retire, après avoir salué l'assistance.

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