‹ Histoire du siège de Toulon par le duc de Savoie, écrite sur notes, pièces et documens de 1707;Chapitre 76 sur 109 · papiers · texte numérisé non relu

papiers

Total 82,293.

Mon prédécesseur, 'lit M. Henry, en transbordant des sacs

-'Min M-. I.- documents des vieilles archives, en avait

estimé 1*' nombre do 25 ;i 30,000. Sans affîmer ce chiffre, qui m*'

ré : je puis dire que le nombre de ces pièces est très-

lérable. - (Rapport du 5 septembre 1855).

Dans ces 82,295 pièces ou cahiers , ne sont pas compris 891 registres in-folio ou in-4°, qui ont été paginés et dont le contenu a été analysé.

La lecture du rappport de M. l'archiviste Henry, m'avait fait supposer que je n'aurais à classer que 20,000 pièces environ, et lorsque je me suis trouvé en face de 80,000 , j'ai éprouvé un véritable découragement. Cependant, mes collaborateurs ayant consenti à faire pour le même prix un travail quadruple, je n'ai pas cru devoir abandonner le classement. Mais au lieu de 18 mois que j'avais demandé pour dresser l'inventaire , il nous en a fallu 21 . Il est vrai que le 30 avril, soit à l'expiration des 18 mois, l'inventaire minute était terminé ; mais la mise au net, l'établissement des trois tables alphabétiques, qui ne contiennent pas moins de 10,000 indications, et la rédaction du rapp ort , ont exigé trois autres mois de travail.

Un autre désappointement m'attendait àl'œuvre. J'avais compté pour la rédaction de l'inventaire sur les analyses transcrites sur le dos des chartes, que je croyais du reste peu nombreuses. D'une part , j'ai reconnu que ces analyses étaient très-souvent erronées, et de l'autre, au lieu de deux ou trois cents chartes du moyen-âge, j'en ai découvert, dans les liasses, jusqu'à mille.

J'avais choisi pour m'aider dans îa lecture des parchemins, un jeune collaborateur, M. Perrin, qui avait du goût pour ces études et qui est devenu, en peu de temps, tout à fait expert en paléographie. J'ai dû commencer par

lui faire copier un grand nombre de chartes pour en extraire ensuite les sommaires, qui m'ont servi à rédiger [Inventaire, Puis . quand il a été familiarisé avec l'écriture et le style de ees anciens documents, je l'ai chargé de résumer toutes les délibérations ou conseil de ville, depuis 1593 jusqu'à la iin du xvie siècle. Ce travail considérai île el d'un intérêt historique incontestable, a été uté de la manière la plus satisfaisante. Il constitue aarec la transcription des 94 chartes qui suivent l'inventaire, toute la collaboration de M. Perrin, pendant 21 mois. Mais ce résultat si simple en apparence étonnera tes paléographies les plus expérimentés. C'est un véritable tour de force dont je lui sais, pour ma part, un gré infini.

M. Perrina dû se borner, quant aux chartes, à les transcrire, et ce n'était pas un minime travail, vu la difficulté de récriture, le mauvais état des parchemins et l'étendue des documents. La transcription d'une seule charte (Enquête sur les élections de 1402), a absorbé une main de papier.

Limité par le temps, il m'eut été difficile de vérifier les fautes de latinité qui avaient pu échapper aux rédacteurs chartes el par-conséquen1 aux copistes. Je ne pou- (avanlage traduire tous ces documents en quelques mois. le dus recourir aux lumières d'un ancien professeur du collège, M. Marin, qui voulut bien vérifier un certain nombre de chartes, el en recopier quelques autres; mais après trois mois d'essai, M. Marin se vis obligé

de renoncer, à cause de la faiblesse de sa vue, à la lecture des anciens parchemins (1).

Je fus assez heureux pour m'adjoindre, peu de temps après, un autre collaborateur, dont le précieux concours ne m'a plus fait défaut jusqu'à l'entier achèvement du travail. M. le chanoine Estelle , aumônier du collège , a consenti à revoir les chartes copiées et il en a traduit un grand nombre. Possédant le latin à fond , aidé par la connaissance de la langue espagnole et par une érudition peu commune, M. le chanoine Estelle n'a jamais été arrêté dans la traduction de ces anciens documents , dont le style barbare est encore obscurci par les erreurs et les négligences des copistes du moyen-âge. Grâce à la bienveillante collaboration de ce savant ecclésiastique , j'ai pu donner à l'œuvre matérielle du classement un

(1) C'est du reste un effet que produit trop souvent l'étude persévérante de la paléographie. J'en trouve un témoignage attristant dans le passage suivant du rapport précité de M. Henry. — « Ces » délibérations forment 70 énormes volumes gr. in-folio, dont j'avais » commencé l'exploration ; mais parvenu au sixième volume de cette » première collection, j'ai dû m'arrêter ; un violent étourdissement » accompagné de trouble dans la vue , me faisant craindre le retour » des accidents apoplectiques qui m'avaient frappé en 1848. » Il me fallut donc renoncer à un travail aussi attachant qu'impor- » tant pour la commune et abandonner à celui qui viendra après

» moi le soin de le continuer Voilà, ajoute-t-il en marge de son

» rapport, ce qu'on ose appeler travailler pour soi en dehors de ses » fonctions. »

M. Henry est mort l'année suivante , et c'est son œuvre que j'ai continuée en faisant analyser les 70 volumes des délibérations du conseil.

complément historique qui sera krès-apprécié, j'en suis convaincu. Indépendamment des mille ou douze cents chartes analysées dans l'inventaire, son concours m'a permis d'y annexer le résumé d'une centaine de chartes, choisies parmi les plus intéressantes et de rétablir ainsi, en quelque sorte, la cartulaire de l'ancienne munipalité toulonnaise. Cette traduction sommaire pourra être, plus tard, appuyée des textes, si l'administration communale désire livrer à l'impression l'inventaire des richesses historiques renfermées dans ses archives.

Il me reste à parler de la collaboration de M. Meiffren. Tout ce que je pourrai en dire ne donnera qu'une idée insuffisante de l'immense travail qu'il a accompli en quelques mois. Les 83,000 pièces et les 891 registres, qui composent nos archives, ont passé au moins trois fois dans ses mains; il m'a puissamment aidé dans le dépouillement et dans le classement des dossiers contenus aujourd'hui dans un nombre considérable de cartons. Ces carions, numérotés, étiquetés et rangés mélhodiquementdans chaque série, offrent un ensemble vraiment admirable. Les analyses succinctes, transcrites surle dosdeseartons ou (\e^ registres permettent, sans le secours de L'inventaire, de suivre les divisions du classement, el suffiraient, au besoin, pour les recherches les plus minutieuses.

Je n'insiste pas sur l'importance de ce classemenl . qui déjà a été apprécié par M. Eugène de Rozière, inspecleur général desarchives départementales. J'ai eh'1 ému

des éloges que ce haut fonctionnaire a bien voulu donner aux résultats obtenus, et qui sont dus en si grande partie à la collaboration dévouée et intelligente de M. Meiffren. On peut du reste juger du goût et de l'ardeur qu'il apporte dans tous ses travaux , en jetant un regard sur la copie de l'inventaire qui est déposée dans la grande salle des archives communales. C'est à la fois une œuvre d'art et de patience.

Jedois, enoutre, debienvifsremercîmentsàM.Pouverin, archiviste de la commune, qui a singulièrement abrégé mon travail en se chargeant de l'analyse des délibérations, à partir du commencement du xvue siècle , jusqu'à la révolution de 1789 , et qui a enrichi les archives d'un recueil précieux. ïl a joint à chaque volume des délibérations, à partir de 1602, une table analytique et chronologique, au moyen de laquelle j'ai pu donner, dansla série B B. de l'inventaire, un résumé complet des principales affaires traitées par le conseil municipal, pendant les deux derniers siècles. Il est facile de comprendre Futilité de ces tables au double point de vue historique et administratif.

Page 1