‹ Histoire du siège de Toulon par le duc de Savore: écrite sur notes, pièces et documens de 1707Chapitre 29 sur 44 · R£PO]NS£ DE M. DE GHAMILLARD · texte numérisé non relu

R£PO]NS£ DE M. DE GHAMILLARD

Fontainebleau f 14 septembre 1707.

Messieurs ,

J'ai reçu la lettre que vous m'avez écrite le 6 de ce mois , sur les dommages que les ennemis ont causés à la ville de Toulon. Lorsque la ville de Dieppe fut bombardée en 1694 et presque entièrement détruite par un incendie général , Sa Majesté voulut bien accorder des grâces considérables à ses habitans, et une exception pendant dix ans, des droits qui se levaient à son profit , pour leur donner moyen de se rétablir. Cette ville se trouve aujourd'huy plus considérable qu'elle n'étoit avant cet incendie. Le Roi est toujours porté à soulager ses fidèles sujets. C'est dans cet esprit que Sa Majesté m'a commandé d'écrire à M. Lebret , pour voir avec vous tout ce qui se pouiTa faire pour votre soulagement ; vous lui proposerez ce que vous croyez plus à propos d'y contribuer en faisant néanmoins attention que Sa Majesté étant déjà chargée des dépenses de la guerre qui sont immenses , il lui seroit impossible de prendre sur elle les secours dont vous avez besoin. Vous devez être persuadés que je contribuerai en tout ce qui dépendra de moi à votre satisfaction.

Je suis , Messieurs , votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Signé : CHAMILLART.

Le même jour 6 septembre les consuls écriyirent à M. de Pontchartrain, ministre de la marine, pour Finformer de la demande qu'ils avoient faite à M. Lebret , tendant à commettre des experts pour faire rapport des dommages que les habitans avoient reçus. On n'oublia pas dans cette lettre les preuves qu ils avoient données de leur zèle pour le service dii roi, surtout dans l'embrasement de deux de ses vaisseaux. A quoi le ministre fît la réponse suivante :

Fontainebleau, ce 11 septembre 1707.

Messieurs ,

J'ai reçu la lettre que vous m'avez écrite le 6 de ce mois pour m'informer de la demande que vous avez faite à M. Lebret de commettre des experts pour faire rapport de l'état présent des maisons et héritages endommagés par les ennemis pendant leur entreprise sur Toulon , et de ce qu'ils valoient auparavant. Je la lirai au roi , et vous ne devez pas douter que je ne vous donne tous les secours qui dépendront de moi et qui pourront contribuer au soulagement que vous devez attendre de la justice de Sa Majesté qui m'a paru sensible à vos pertes et au dommage que vous avez souffert. Elle à été informée de la bonne volonté des habitans dans toutes les occasions où elle a paru. Je vous observerai seulement qu'il y en a quelques-unes où les of&ciers supérieurs n'en ont pas été édifiés.

Je suis , Messieurs , votre très-humble et très-obéissant serviteur ,

Signé : PONTCHARTRAIN.

Au reçu de cette lettre , le conseil de vilk s'assembla et délibéra à Tunanimité la réponse suivante :

Page 1