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ture à l’industrie, de centraliser avec la population, se
la propriété et les capitaux.
Mais, élevée à la puissance publique par une transformation économique, elle en sera chassée par une transformation économique. Comment, en effet, estelle sortie de la féodalité? En brisant des rapports de propriété qui ne correspondaient plus aux nouvelles forces productives qu’elle avait aménagées. De même, depuis trente ans, il y a soulèvement des forces productrices nouvelles contre les rapports de propriété introduits par elle. « Le système bourgeois est devenu trop étroit pour contenir les richesses créées en son sein. » L'industrie, le commerce ont pris de trop vastes développements pour que le moule du monde moderne ne soit pas près d’éclater. Ce qui
le prouve, c’est que la classe dirigeante est forcée de.
conquérir sans trève des débouchés élargis, prépa= rant malgré tout des crises toujours plus générales,
et ainsi, « elle forge les armes qui doivent lui don-
ner la mort, et produit les hommes qui manieront ces armes, les prolétaires ».
Le Manifeste nous montre maintenant comment
ce prolétariat, a surgi, et comment il s’est comporté, depuis qu’il a vu le jour. L'ouvrier, contraint de se
vendre, n’est plus qu'une marchandise, ét sous un.
autre aspect, qu’un appendice de la machine: Sa
situation s’est infiniment aggravée, avec les grandes découvertes scientifiques, parce que son coût de
production se réduit à peu près aux moyens d’'en-
tretien, dont il a besoin pour vivre et propager si race, et aussi parce que la femme et l'enfant supplan-« tent peu à peu l’homme à la manufacture. Ce prolétariat voué au paupérisme, à la misère hérédi-" taire, est destiné, en outre, à accroître sans cesse ” son effectif, une partie de la petite bourgeoisie se.
Ldés va
versant dans ses rangs sous la pression même des phénomènes économiques. Jusqu'ici, il a lutté, non point contre ses ennemis, mais contre les ennemis de ses ennemis, les restes de la monarchie absolue, les propriétaires fonciers, si bien que toute victoire remportée a été exclusivement bourgeoise. Mais en se concentrant, il s'organise, il prend conscience de ses intérêts de classe. Il arrive donc que « la bourgeoisie produit ses propres fossoyeurs, car sa chute et la victoire du prolétariat sont également : irrésistibles ».
Dans sa seconde partie, le manifeste traite des rapports entre prolétaires et communistes. Ceux-ci ont les mêmes intérêts que ceux-là, auxquels ils prétendent donner un programme et une discipline. Leurs propositions ne reposent pas sur de purs concepts, mais sur le mouvement historique même. Ils veulent l'abolition de la propriété privée qui est
la dernière et la plus parfaite expression du mode de
production et d’appropriation, « basé sur les antaganismes de classe, sur l'exploitation des uns par les autres ».
Le capital, en effet, est un produit collectif, Le produit du travail d'autrui, et, sous une autre physionomie, une force sociale, non une force personnelle. Quant au travail salarié, il constitue l’instrument de la spoliation la plus éhontée qui se soit vue, car son prix moyen — voilà une nouvelle expression de la loi d'airain déjà formulée plus haut — est le minimum de salaire, c’est-à-dire la somme des moyens d'existence, dont l’ouvrier a besoin pour vivre en ouvrier. Le travail vivant, en société bourgeoise, n’est qu'un moyen d'accroître le travail accumulé, — le capital. La propriété privée, abolie pour les neuf dixièmes, ne se forme que par l’asser-