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Le Manifeste se divise en trois parties : la pre-
mière, intitulée « bourgeois et prolétaires », contient
la philosophie de l'histoire, qui a, depuis, triomphé, sous le nom de matérialisme historique.
« L'histoire de toute société, jusqu’à nos jours, n'a été que celle des luttes de classes.
» Hommes libres et esclaves, patriciens et plébéicns, barons et serfs, maîtres de jurandes et compagnons ; en un mol, oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée: une guerre, qui finissait toujours ou par une transaction révolutionnaire de la société tout entière, ou par la destruction de deux classes en présence.
» La société moderne, élevée sur les ruines de la féodalité, n'a pas aboli les antagonismes de classes. Elle a seulement apporté une simplification, parce qu'il n’y a plus désormais que deux camps ennemis : la bourgeoisie et le prolétariat. » Mais cette bourgeoisie elle-même est sortie d’une révolution dans les modes de production et de communication. Après avoir brisé les anciennes formes, elle s’est emparée du pouvoir, et y a installé un gouvernement, qui n’est qu'un comité administratif de ses propres affaires. Rompant ainsi les anciens liens, foulant les antiques sentiments, elle a joué un rôle essentiellement : révolutionnaire. Elle n'existe même, qu’à la condilion de révolutionner toujours davantage les rapports sociaux. Imprimant aux temps nouveaux leur caractère d'agitation et d'insécurité, elle cherche sans relâche de nouveaux débouchés, se fait cosmopolite, détruit les industries nationales, et entraîne les nations barbares dans la civilisation. Elle y est contrainte pour vivre, pour perpétuer sa domination, de même qu’elle se doit de subordonner l'agricul-