‹ Histoire du socialisme franc̦aisChapitre 50 sur 53 · NS AE · texte numérisé non relu

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| tins communaux, parce que toute municipa ité conquise procurait un large champ d'expérience € d'action, — et sur les scrutins législatifs, la tribun du Palais-Bourbon demeurant le plus imposant de foyers de dispersion. Dès 1882, le Parti ouvrie français s’emparait d’un certain nombre d’ Hôtels de ville ; en 1887, onze socialistes pénétraient au con= seil municipal de Paris, et, en 1890, l'effectif s’éle- M vait à seize, dont douze possibilistes et quatre Blanquistes. Les résultats obtenus ont été encore un rieurs en province, où certaines grandes cités sont tombées totalement aux mains du prolétariat, où d’autres leur ont accordé une très large part de. re— | présentation. Le succès de cette gigantesque entreprise d'adaptation communale a mème été tel, qu'on. a pu, à dater de 1892, organiser des congrès, très

suivis, des municipalités collectivistes. ‘V2

Aux élections législatives de 1885, le socialisme

recueillait à Paris 25. 000 suffrages : c'était à peu près le cinquième du contingent qu'il réunissait en 4898. La législature, issue de la consultation de 1889, comprit sept des siens, nous ne comptons que ceux qui passèrent à l'aide de leur propre programme. Ce fut en 1891, après l’élection de Paul Lafargue dans le Nord, qu’un premier débat doctri- 4 nal surgit au Palais- Bourbon, car l’on ne saurait entendre sous cette qualification la discussion qui s'était élevée en 1886, après la grève de Decazeville, sur la reprise des mines, (la motion ne rencontra que trente-six adhérents). La première grande poussée socialiste se manifesta-en 1893, les organisations. atteignant déjà une suffisante puissance de diffus. sion. Cent quatre-vingt-dix-huit candidats se portèrent au nom du prolétariat, et hante fure t

DE LA COMMUNE A LA CRISE (1871-1898) 303 | c'est-à dire de ceux qui adhéraïient intégralement . au programme dont on se réclame aujourd'hui —

était moindre, mais il était suffisant encore pour

autoriser la formation d’un groupe, qui entendait abolir le régime capitaliste, au moyen de la con-. quête des pouvoirs publics”-par les travailleurs, de

la socialisation de la propriété, et de l'entente internationale. | ne

La législature 1893-1898 a été signalée par des débats très importants, et qui suscitèrent, dans le pays, une réelle attention. Les idées du parti, ses

articles de propagande, en sortirent mieux connus,

éclaircis, moins susceptibles de dénaturation malveillante. Ce fut d’abord la controverse sur la conversion de la rente, puis la grande joute oratoire qui s'établit autour du projet, défendu par Jaurès, de la monopolisation de l'achat et de la vente des blés. Cette dernière proposition ne réunit que cinquante-trois voix contre quatre cent quatre-vingts. Peu de temps après, Guesde réclama la journée de huit heures, mais quatre-vingt-treize députés seulement opinèrent en son sens. Guesde encore prit texte d’une décision de l'exécutif relative à la phar-

macie municipale de Roubaix, pour exposer tout le programme de réformes communales que le socia

lisme préconise. Plus tard, dans une discussion pro-

longée sur le collectivisme même, il résuma, d'après Marx, toute l’évolution du système économique mo-

derne, qui conduit infailliblement à la socialisation des moyens de production. En 1896, Vaillant et Guesde demandent une fois de plus l'établissement des huit heures, mais la majorité demeure immuable : quatre cent trente contre quatre-vingt-seize. IL | faut enfin mentionner le débat agricole si plein d'enseignements, que Jaurès a ouvert en 1897,etqui

n'a pas été sans influer sur les résultats dre tr |

de 1898.

La conquête des sièges parlementaires, a assuré un puissant concours à la propagande socialiste.

Tombant du haut de la tribune, imprimées à l'0/f-.

ciel, reproduites par les journaux de toutes nuances, approuvées ou réfutées, les paroles des représentants prolétaires ont concentré sur le sursaut plébéien les regards de la nation. Si même l'on ne pouvait escompter une révolution de la société par le dedans,

si les espérances tirées de l’usage de la légalité de- se vaient demeurer entièrement'illusoires, l'appel au

suffrage aurait rendu à la classe ouvrière l'énorme service de multiplier à l'infini Pécho de ses revendications, de ses souffrances et de ses justes ambitions.

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