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CHAPITRE III

présenté d’autres caractères. Les phénomènes ne sont plus alors aussi simples; il devient plus difficile de retrouver leur mode de production.

Nous n’insisterons que sur un cas de métamorphisme chimique, le seul qui offre quelque intérêt à la géographie, par l’étendue dans laquelle il s’est souvent exercé. Nous voulons parler de la formation des dolomies. Ces roches sont constituées d’un équivalent de carbonate de magnésie uni à un équivalent de carbonate de chaux; elles présentent à l’œil de grandes analogies avec les calcaires, qui se composent exclusivement de carbonate calcique. Il y a incontestablement des dolomies purement neptuniennes , dont les particules se sont déposées, dès l’origine, à l’état de sel calcaro-magnésien. Mais il y en a d’autres dont la formation paraît consécutive et métamorphique. La magnésie a été substituée à la chaux, de manière a transformer, dans des proportions définies, le carbonate calcique en carbonate de magnésie. On a tenté d’expliquer ce phénomène de différentes manières, toujours par des réactions chimiques. Haidinger a fait voir, par des expériences en petit, qu’on peut rattacher à une double décomposition la production simultanée des dolomies et des gypses qui les accompagnent souvent (1).

Les gypses sont formés de sulfate de chaux. Or, dans le laboratoire, quand on prépare une solution de sulfate de magnésie à 200 degrés, sous la pression de 15 atmosphères qui correspond à cette température, et lorsqu’on présente cette solution à du carbonate calcique, la double décomposition s’opère. Le carbonate de chaux devient sulfate de chaux ou gypse, et le sulfate de magnésie se transforme en carbonate de la même base ou dolomie.

Quoi qu’il en ait été dans la nature, il est certain que la dolomisation consécutive des calcaires appartient au domaine métamorphique. La dolomie est spécifiquement plus pesante que

(î) Haidiscer, dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences de Paris; t. XXXVI, 1848, p. 513.

DE LA NATURE DU SOL

le calcaire. La roche calcique devait donc éprouver une diminution de volume, un retrait, en passant à l’état dolomitique. Or, c’est ce que l’on constate en effet. Les dolomies sont divisées en prismes contigus, séparés entre eux par des joints de retrait. Cette division verticale donne souvent aux corniches dolomitiques, au sommet des escarpements, l’aspect d’une dentelure ou d’une muraille crénelée. Les terrains démantelés nous présentent les dolomies sous la figure de pics ou de rochers pyramidaux, qui se succèdent comme les dents d’une scie. Le Tyrol offre l’exemple le plus remarquable de terrains dolomitiques. Les corniches noires et dentelées qui bordent la crevasse de la Meuse, entre Liège et Namur, sont aussi composées de dolomies.

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