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ROCHES MOINS IMPORTANTES

Malgré ces réactions et ces états divers, nous pouvons nous convaincre maintenant que la constitution chimique de l’écorce terrestre est fort simple dans ses caractères généraux. Nous venons de passer en revue tous les genres de roches qui nous offrent des témoins assez importants, dans la nature, pour fixer les regards du géographe. Qu’avons-nous trouvé parmi leurs éléments? Un seul acide prépondérant, l’acide silicique, qui existe à la température actuelle à l’état solide, et qui se montre sans cesse, tantôt à peu près exclusivement dans les sables, dans les grès, dans les quartzites, tantôt parmi d’autres constituants, dans les arkoses, les granités et les porphyres. D’ailleurs cet acide n’existe pas seulement comme corps distinct; il salifie ensuite la plus grande partie des oxydes ou bases qui existent dans l’écorce du globe.

Après l’acide silicique vient, avec une importance beaucoup moindre, l’acide carbonique. Celui-ci salifie une partie des bases précédemment silicatées, et comme il demeure, sous la température actuelle, à l’état gazeux , ses dernières parties libres restent mélangées à l’atmosphère, où elles ne présentent

pourtant plus que des traces (1). Enfin on peut nommer encore les acides sulfurique et chlorhydrique, mais en proportions beaucoup moindres. Le premier figure dans les gypses, et le second dans le sel marin. Mais tous les deux n’ont produit que des réactions locales, qui n’ont donné naissance qu’à des formations limitées, et pour ainsi dire accidentelles. Ces acides se compient encore parmi les produits des volcans. Nul doute qu’ils ne s’échappent du noyau dans le refroidissement des roches endogènes. Us sont venus décomposer progressivement les silicates ou les carbonates. Comme la soude figurait parmi les bases, ainsi s’est constitué le sel commun ou sel marin, dont il existe des masses subordonnées dans les formations de différents âges. De là est venue aussi, peu à peu, la salure de l’Océan.

Quant aux oxydes, nous avons vu que le plus important est l’alumine. Puis il faut citer la chaux, la magnésie, la potasse, la soude, les oxydes de fer et de manganèse. La potasse et la soude des roches sont éminemment propres à favoriser la végétation. On sait d’ailleurs, depuis les expériences récentes des frères Rogers, que les roches sont moins complètement insolubles dans l’eau qu’on ne l’avait d’abord supposé. 11 est vrai que leur solubilité est très-lente, qu’elle ne devient appréciable qu’au bout d’une certaine période; mais qu’adviendrait-il des continents si les terrains qui les composent étaient éminemment solubles dans l’eau? Ne suffit-il pas à la fertilité du globe que les courants puissent se charger à la longue d’une petite portion de sels alcalins?

Où sont relégués, nous dira-t-on, les métaux usuels, comme le plomb, l’étain, le zinc, le cuivre, et les métaux précieux, tels que l’or, le platine, l’argent? Tous ces métaux n’existent que dans des gîtes accidentels; leur apparition dans la croûte du

(t) D’après le volume, à la vérité encore imparfaitement connu, des carbonates existant dans la croûte du globe, on peut établir une limite; l’atmosphère contenait primitivement au moins six cents fois la proportion d’acide carbonique qu’elle renferme aujourd’hui. (Bischof, Lehrbuch der chemischen uni phyëikalitchen Géologie; Bd. H, s. 43.)

DE LA NATURE DU SOL

globe n’est qu’une exception de la nature. Soit qu’ils se présentent à l’état métallique, apparemment à la suite d’une sublimation, soit qu’ils se montrent à l’état d’oxyde, de silicate, de sulfure, ils intéresseront le mineur mais non le géographe. Un seul métal forme une des bases fondamentales du globe, c’est le fer. On ne trouvera pas indigne de remarquer que le métal le plus répandu soit aussi le plus indispensable.

Le fer n’est jamais métallique dans l’écorce du globe ; il se montre généralement à l’état d’oxyde ou de sulfure. Il y a du fer oxydé de sublimation. C’est dans les terrains cristallisés qu’on le rencontre. Il est alors à l’état de peroxyde ; son aspect est métalloïde, sa poussière rougeâtre comme la rouille de nos outils, ses facettes souvent miroitantes. Ce même peroxyde se retrouve aussi dans les terrains de sédiment ; mais il n’offre plus alors qu’un aspect mat et une consistance pierreuse. A l’état d’hydroxyde, le fer colore en jaune les roches auxquelles il se mélange. Dans presque toutes les formations, la nature a disséminé le fer parmi les bases oxydées; bien souvent elle en a réuni en masses considérables les utiles minerais.

Quant aux houilles , ce second aliment de l’industrie, ce sont des produits qui appartiennent essentiellement aux formations stratifiées. Leur origine est d’ailleurs tout organique. Tous les charbons minéraux doivent leur formation aux masses végétales, entassées et feutrées par la pression. Dans nos marécages se forment encore les tourbes, qui nous offrent un lacis de liges, de racines, de feuillage à demi décomposé. A mesure que de nouveaux végétaux croissent à la surface et périssent à leur tour, les masses tourbeuses se surchargent et s’augmentent. Supposons maintenant des tourbes carbonisées par des eaux acidulées, comme ont pu l’être celles des temps anciens, et nous obtiendrons les houilles. Ajoutons enfin l’action métamorphique, dont aucune roche n’est positivement préservée, et ces houilles seront débiluminisées; elles perdront l’élément qui les rend grasses et qui les boursoufle au feu, pour se rapprocher du fraisil et du coke. Elles seront alors transformées en anthracites, qui ne brûlent plus qu’avec une certaine difficulté et en

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