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SYSTÈMES DE SOULÈVEMENT

Dans la série des terrains stratifiés s’intercalent les plissements de l’écorce du globe. Un même plissement a pu affecter simultanément plusieurs régions. Il peut cire représenté par des rides multiples, qui sont bien contemporaines entre elles, mais qui sont distinctes et peut-être éloignées les unes des autres sur là surface. Il fallait donc caractériser tous les événements concomitants par un seul terme. C’est ce que l’on a fait en embrassant les soulèvements simultanés, et d’une même orientation, sous le nom de système de soulèvement. En quelque lieu qu’on les rencontre, on reconnaît leur connexité par l’identité du système. Ce premier principe de classification a été mis en usage par le célèbre géologue allemand Léopold de Bucli ; et l’on ne peut pas douter qu’il n’ait considérablement facilité l’établissement des systèmes de soulèvement du sol européen, que l’on doit à Élie de Beaumont.

Ce dernier a reconnu les systèmes sur le terrain ou à l’aide des descriptions, et il en a fait l’énumération à peu près complète. Nous le suivrons dans ce travail, et nous adopterons, à l’exemple de tous les géologues, la nomenclature qu’il a fondée. Il désigne chaque système par le nom de l’une des rides qui lui appartient. Ce n’est pas toujours la plus importante; c’est plutôt la plus caractéristique, ou bien la première qui ait été reconnue, celle qui a servi à établir le système. Il suffit au reste que le nom soit invariable et se rattache à un objet bien défini.

Ce qui distingue les systèmes entre eux, de la manière la plus apparente, c’est leur direction ou orientation. Leur âge ne peut être reconnu que par des recherches stratigraphiques et des comparaisons étendues. La nature des roches qui les composent a dépendu de circonstances locales qui n’enseignent rien, et qui tantôt ont varié considérablement d’un point à un autre, et tantôt se retrouvent les mêmes à d’énormes distances,

soit dans l’espace soit dans le temps. L’orientation des systèmes de soulèvement est seule leur véritable caractéristique.

Cette orientation se mesure par l’angle que la direction des fractures fait avec la méridienne ou ligne nord-sud. Mais, sur la surface d’une sphère, un arc de grand cercle un peu prolongé coupe les différents méridiens sous des angles qui varient; il faut donc rapporter toutes les directions à une méridienne unique, lorsqu’on veut les rendre comparables entre elles. C’est ainsi que, dans le tableau qui suit, les orientations sont toutes comptéés par rapport au méridien de Paris.

Ce tableau renferme d’abord l’énumération des terrains, présentée dans l’ordre chronologique, à commencer par les plus anciens. Ces terrains sont groupés par périodes ; ils se subdivisent ensuite en étages. Les étages représentent pour ainsi dire les grandes assises de la croûte stratifiée. Ce sont les lits distincts de cette espèce de maçonnerie dont l’écorce neptunienne se compose. Ils peuvent offrir des caractères minéralogiques divers, dans les différentes contrées; mais, géologiquement, ils trouvent leurs analogues dans les régions les plus éloignées. Ce sont autant de points de repère, ou, comme on l’a dit, d 'horizons géognostiques qui fixent les époques et les événements.

Entre les étages, et comrîie pour en marquer la séparation, se placent les différents soulèvements qui ont affecté la surface du globe. Cette séparation n’établit pas cependant une démarcation, dans le sens général du mot.. Mais on peut se représenter les périodes de stratification qui ont donné naissance aux étages divers, comme une suite d’intervalles partiels, dans lesquels tombent les soulèvements.

TABLEAU DK

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