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CHAPITRE IV

porté au jour le dépôt contemporain de son soulèvement. La série des assises sédimentaires est donc loin de coexister dans toutes les régions du globe. Cette série s’arrête au contraire toujours à un certain terme, qui marque par cela même l’âge de la sortie des eaux. Par une conséquence semblable, l’étendue superficielle de la couche, qui demeure libre et non recouverte de dépôts postérieurs, retrace les configurations des rivages correspondants. Ainsi, à l’âge relatif de l’émersion se joint le dessin géographique de l’étendue qui a été affectée. Mais quand un nouveau soulèvement a traversé plus tard des masses antérieurement émergées, l’inclinaison des couches et les circonstances du relief pourront seules nous l’indiquer.

Quoi qu’il en soit, la connaissance de l’émersion successive des terres, par rides et lambeaux, n’en est pas moins d’une grande importance. A la base de chaque ride reposent des couches plus récentes. On partira donc des îles les plus anciennes m, de celles qui s’appuient immédiatement sur la croûte ignée. On trouvera leurs anciens rivages empâtés par des couches nécessairement plus récentes a b, et dont nous ignorons d’ailleurs l’épaisseur. Une fouille faite à travers ces couches empâtantes, et poussée assez loin pour regagner le pied de la couche redressée a m, nous permettrait de poursuivre la série de stratification. Mais comme l’épaisseur du remplissage a b est souvent énorme, il fallait trouver quelque autre moyen d’étudier les dépôts intermédiaires, compris entre les couches o m et a b.

Les rides distinctes et non contemporaines entre elles nous fournissent précisément ce moyen. Nous rencontrons par exemple en c une ride plus récente, qui a redressé non-seulement la couche a m, mais aussi celle immédiatement supérieure b ç.

CHRONOLOGIE DES SOULEVEMENTS. 147

Nous voyons donc sortir en b, du sein des dépôts empâtants et postérieurs, une strate qui nous était inconnue. Nous reconnaissons par une fouille peu profonde que cette couche repose immédiatement sur a m prolongé; nous pouvons mieux constater cette superposition à l’œil dans la déchirure c k. Ainsi, sans percer à des profondeurs considérables les strates du globe, nous voyons, par un simple déplacement géographique, les couches de formation successive sortir pour ainsi dire du fond des bassins empâtants. Nous les voyons se dégager des dépôts qui les recouvrent, s’élancer sur les flancs des rides, et constituer leurs sommités. Un voyage nous apprend sans peine, sur les superpositions des strates, ce que nous n’aurions connu que bien difficilement par l’ouverture d’un puits vertical.

Ce travail est assez complet pour l’Europe. Il a permis de former une série, divisée par terrains et par étages, qui s’étend depuis l’origine de la sédimentation jusqu’à nos jours. L’illustre Werner, qui a été mineur à Freiberg, est le véritable fondateur de cette branche de la science. Les divisions et les subdivisions qui sont adoptées représentent donc des époques ou intervalles de sédimentation. On les désigne au moyen d’une nomenclature particulière. Celle-ci se réfère aux âges, mais non pas aux qualités des matériaux.

Il serait inutile pour notre objet d’entrer ici dans les détails minutieux de cette nomenclature, comme aussi de faire connaître l’origine, souvent accidentelle, des noms divers. On trouvera plus loin le tableau des principaux terrains stratifiés et des soulèvements qui s’intercalent entre eux. Ce tableau suffira pour les usages que nous aurons, par la suite, occasion d’en faire.

Nous dirons seulement que pour désigner les grandes coupes de la chronologie, depuis l’origine du phénomène de la sédimentation, nous emploierons les termes de périodes primaire, secondaire, tertiaire, quaternaire et moderne. La période primaire est la plus ancienne. La période moderne embrasse toute la durée des temps historiques ou traditionnels, à partir de la dernière révolution qui nous précède.

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