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PÉRIODE PRIMAIRE

L’Europe presque tout entière a été recouverte parles eaux. A l’époque où l’Océan s’est déposé, la croûte granitoïde solidifiée n’avait pas encore subi d’assez forts ridements, pour dépasser d’une manière sensible la surface unie des eaux. C’est du moins ce qu’atteste en Europe la rareté des terrains ignés, de ceux qui appartiennent à une consolidation primitive, opérée sur place. Le massif granitique de l’Auvergne, au centre de la France, s’est trouvé peut-être épargné par l’Océan ; il n’a peut-être jamais constitué le fond d’une mer; mais c’est à peu près le seul exemple qu’il soit possible d’indiquer.

Partout ailleurs le sol a supporté les eaux, et la sédimentation a laissé ses strates. Les soulèvements qui se sont opérés pendant la période primaire se réduisent en général à des bombements, plutôt qu’à des redressements de couches accompagnés de déchirures. Ils ont donné naissance à l’arrondissement de l’écorce en forme de voûte, plutôt qu’à la saillie de rides prismatiques. Probablement aussi, durant cette période, les dépôts, encore récents et d’une moindre épaisseur, présentaient une plasticité plus grande.

Le système de soulèvement le plus ancien qu’on ait signalé jusqu’ici estcelui qu’on appelle de la Vendée. Il a fait sortir du vaste Océan une petite île allongée de schistes micacés, accompagnée d’ilots parallèles moindres encore. Une vallée longitudinale suit le pied de cette ride ancienne, et nous indique sa direction ; c’est la vallée qui donne passage au principal alignement du canal de Nantes à Brest, entre les petites villes de Redon et de Pontivy. La ride s’y trouve enveloppée d’éjaculations granitiques ; son pied septentrional est empâté de sédiments plus récents. Mais il existe, dans le voisinage, des îles encore isolées qui doivent leur origine au même plissement. Telle est Belle-Ile, en vue de Vannes, petite protubérance devenue célèbre dans ces derniers temps par les déportations politiques.

Sur ce premier système de rides s’en est bientôt enté un second, dans ces mêmes lieux; on l’a désigné sous le nom de système du Finistère. Il fournit également plusieurs croupes parallèles entre elles, mais transversales aux précédents. L’une forme le noyau central de la péninsule de Bretagne , entre Ploermel et Dinan; l’autre constitue le Bocage de Normandie, entre Caen et Laval. Le bassin de Rennes, dont la Vilaine recueille les eaux, sépare ces deux croupes, et s’étend au midi jusqu’à la Loire, avec un fond composé de dépôts plus récents.

Pendant que les terres apparaissaient ainsi par segments agroupés, dans la presqu’ile bretonne, des rides se montraient aussi dans le nord de l’Europe, où les terres émergées devaient constituer de bonne heure un véritable continent. Une étude minutieuse de la Russie septentrionale et de la Scandinavie conduira sans doute à reconnaître, dans ces régions, des archipels locaux aussi anciens que celui de Bretagne. Peut-être y découvrira-t-on des systèmes de soulèvement particuliers. On sait déjà que la partie de la Suède qui s’avance en éperon vers les îles d’Aland appartient au système du Finistère. La péninsule Scandinave porte dans toute sa largeur, depuis le Cattegat jusqu’à cet éperon, les traces d’une ride de cette époque. Le plissement dont il s’agit sépare la Suède centrale du bassin méridional qui compose la Scanie.

Mais ici, sur ce plissement vient s’en grefTer un autre, immédiatement postérieur, qui n’est plus transverse comme en Bretagne, mais au contraire peu incliné sur celui qui le précède. 11 s’enchevêtre avec lui dans une liaison très-intime. Partie aussi du Cattegat, la trace de ce nouveau plissement va passer un peu au nord d’Upsal, en traversant également de part en part la péninsule. Elle se manifeste encore, d’une manière restreinte, de l’autre côté de la mer Baltique , sur les côtes du golfe de Finlande.

Le système auquel ce dérangement de couches se rapporte a été appelé système du Longmynd. Le Longmynd ou « montagne longue » est une petite proéminence de cette époque, non loin de Birmingham, à peu près sur les limites du pays de Galles et

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