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CHAPITRE IV

pointe en Languedoc, et l’extrémité de l’autre branche en Pologne.

Telle était à peu près la figure de notre continent à l’époque dont nous parlons. Déjà l’on y distingue en germe la direction générale de la plus grande des îles Britanniques, et celle même du tronc continental de l’Europe. Au continent primaire du nord, il faut joindre dès à présent le continent de l’Europe moyenne, que l’on pourrait appeler secondaire. Le sol du premier n’offre encore de nos jours que des protubérances insignifiantes : il est faiblement élevé au-dessus de la mer, et peu accidenté par les rides. L’Europe moyenne est déjà plus élevée, plus raboteuse, plus entrecoupée de reliefs.

Mais c’était surtout dans le Midi que les grandes arêtes, qui sont aussi les plus tardives, devaient apparaître bientôt. Après te système de la Côte-d’Or, la Méditerranée conservait encore nn développement immense. Les trois grandes péninsules d’Espagne, d’Italie et de Grèce n’existaient qu’en vestige, et seulement sous la forme de quelques points épars, ou de stries courtes et disséminées. Les bassins de la Caspienne et de la mer Noire se confondaient, par de larges nappes continues, avec celui de la Méditerranée. L’Afrique septentrionale, encore sous les eaux, laissait à cette étendue marine les emplacements actuels du Sahara et de l’Égypte. La Méditerranée était alors une véritable portion de l’Océan, tenant à la fois à l’Atlantique et à la mer des Indes. Gibraltar n’était pas un détroit; et à l’endroit où nos vaisseaux trouvent aujourd’hui une sortie resserrée, s’élevait au contraire une petite île, qu’une cassure postérieure a fendue en deux pour y conserver un passage.

Si la topographie du midi de l’Europe était peu avancée à l’époque dont nous parlons, elle allait faire en revanche des progrès rapides. Presque tous les soulèvements qui nous restent à mentionner vont y dessiner à grands traits les terres émergées. D’abord le système du Vercors a causé dans le Dauphiné quelques dérangements de couches; et il a été suivi de celui du Mont-Viso, qui a mis définitivement en relief les Alpes maritimes ou de Nice. La ride produite ne se borne même pas

aux Alpes maritimes et aux Alpes cottiennes; les mouvements qu’elle a fait naître se reconnaissent jusqu’à la rencontre du Jura, en sorte que le plissement du Mont-Viso a affecté, suivant une même direction générale, tout l’espace compris depuis Antibes jusqu’à Lons-le-Saulnier.

Les premiers rudiments des côtes de l’Italie septentrionale sont apparemment contemporains de eette révolution, du moins dans les parties parallèles à la direction du système. La ride du royaume de Naples, que l’on désigne sous le nom d’Apennin méridional, s’y rapporte vraisemblablement. La chaîne du Pinde, cette arête principale de la péninsule hellénique, date de l’époque du Mont-Viso. C’est une ride importante et remarquable, qui commence dans les plaines de la basse Save, à peu de distance du Danube, court entre la Bosnie et la Servie, entre l’Albanie et la Roumélie, et traverse enfin toute la Morée. Une faille, postérieure à son élévation, la coupe d’une cassure abrupte au golfe de Lépante. Mais malgré cette interruption, on reconnaît, dans l’arête du Pinde, l’axe de soulèvement qui a imprimé à la péninsule hellénique sa direction générale. La ride se poursuit depuis les frontières de la monarchie autrichienne jusqu’au promontoire avancé du cap Matapan. Ce sont ses plis parallèles subordonnés qui poussent, des deux côtés de ce cap, deux autres pointes semblables, celle de la Messénie et celle de PArachnée, d’où résulte le trident qui termine la Grèce au midi.

Un peu plus tard est venu le soulèvement des Pyrénées. C’est celui qui a ouvert le golfe de Lépante, en brisant l’arête du Pinde, et qui a dressé une chaîne assez haute le long du rivage de l’Achaïe. Mais sa principale manifestation a été dans les Pyrénées elles-mêmes. Cette ride ne se borne pas, comme on a coutume de le dire, à la muraille de séparation élevée entre la France et l’Espagne. Les Pyrénées continuent tout le long de la côte septentrionale d’Espagne jusqu’au cap Finistère, ce qui double au moins leur longueur.

A côté des Pyrénées parurent simultanément trois autres rides : l’Apennin, les Alpes juliennes et dinariques.et les Car-

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