PÉRIODE TERTIAIRE
La période tertiaire s’est ouverte dans ces conditions. Elle a trouvé l’Europe formée de deux masses principales, ou, si l’on veut, de deux demi-continents. Au nord, demeurait toujours la partie russe; au midi, la partie gallo-germaine gagnait de plus en plus. Mais la mer Noire, qui n’était qu’un vaste segment de la Méditerranée, communiquait encore avec la Baltique, et celle-ci conservait une large communication avec la mer du Nord. Le système Sardo-Corse a élevé, du sein des mers tertiaires, les îles de Sardaigne et de Corse, l’arête nordsud de Toscane, et celle qui forme le promontoire péninsulaire de ITstrie. Il a remanié sans doute la chaîne du Pinde. De cette
époque datent les éjaculations trachytiques de la Hongrie, et probablement les nombreuses formations analogues de l’orient de l’Europe. Beaucoup de terrains déjà émergés ont reçu , dans le système corse, des rides que ne distinguent pas des déplacements de rivages, mais que le plissement superficiel du sol nous fait découvrir.
Au surplus, le système du Taira a présenté des effets du même genre, en meme temps qu’il soulevait de longues masses du sein des eaux. Deux sites classiques ont servi à établir son orientation. L’arête même du Tatra est une sorte de superfétation, qui surcharge les Carpatlies vers les limites communes de la Pologne, de la Gallicie et de la Hongrie. Les Alpes orientales se soulevaient en même temps, depuis le Dniester jusqu’au Danube. II est probable qu’il faut regarder la chaîne du Fatra, de l’autre côté du fleuve, entre la Hongrie et la Moravie, comme le lien naturel des Alpes et du Tatra. Cette longue ride, depuis le Tyrol jusqu’en Gallicie, n’appartient pas sans doute à un seul et même axe ; mais les arêtes dont nous parlons semblent dépendre d’axes parallèles, peu distants entre eux. L’Hémus ou Balkan sé rapporte aussi au même système.
Le second site classique est celui de l’île de Wight, à la côte méridionale de l’Angleterre. C’est le système du Tatra qui a produit cette petite ride, et qui a dessiné la côte du Dorsetshire. Les mouvements qu’il a déterminés dans les voussoirs de l’écorce du globe sont très-sensibles dans les pays environnants. Les failles orientées de la même manière se répandent d’ailleurs au loin. On en a observé un grand nombre en Grèce et dans les îles avoisinantes. L’isthme de Corinthe, les monts Adhères de l’Argolide, la chaîne longitudinale de Candie, en sont dépendants.
Le petit soulèvement du Sancerrois, dont le type se rencontre sur la Loire, entre Nevers et Orléans, a affecté pareillement la Morée; il y a laissé un grand nombre de rides courtes et de failles morcelées. -Telle est entre autres la crevasse où coule l’Ei ymanlhe, avec le chaînon qui la borde. La trace pro-