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CHAPITRE PREMIER

L’Inn supérieur coule à peu près de l’ouest à l’est, jusqu’à l’instant où il se dirige sud-nord pour entrer dans les plaines de la Bavière. 11 décrit une vallée longitudinale, placée entre la ride principale et l’arête latérale du nord. C’est de l'Inn que partent plusieurs routes, en différents points de la vallée, pour traverser de là le faîte des grandes Alpes. Mais la plupart de ces chemins sont peu fréquentés et d’un accès difficile. La dernière passe, celle du Brenner, est la seule qui soit disposée naturellement pour des communications actives.

alpes principales; section de l’est.

Le Brenner portait autrefois le nom de Pirenus, qui s’identifie avec celui de Pyrénées, et qui s’appliquait, comme nom générique, à toute cime élevée. La vallée de l’Inn est extrêmement favorable pour ouvrir au voyageur l’entrée des Alpes. Elle sillonne la plaine bavaroise, à partir des bords du Danube ; elle s’élève ensuite dans le Tyrol , sous la forme d’une vallée longitudinale, logée entre les Alpes septentrionales subordonnées et les grandes Alpes. D’Insprück ou le pont de l’Inn, part la voie célèbre du Brenner, qui a donné passage à presque tous les grands mouvements de peuples qui se sont opérés de la Germanie vers la péninsule italique. La vallée de l’Adige, qui descend transversalement le versant italien , coupe la ride subordonnée méridionale. Ainsi les deux chaînes latérales se trouvent franchies dans des percées ; il ne reste à traverser que le col du Brenner, dans la grande arête.

Les Celtes et les Germains sont entrés en Italie, à différentes époques de l’histoire, par le passage abaissé du Brenner. Rhadagast, vulgairement Radagaise, l’a franchi en 406, à la tête des hordes de Suèves, de Vandales et de Bourguignons. Dès la plus haute antiquité on nous représente les barbares s’engageant dans ce passage, et y conduisant leurs chariots.

Au delà du Brenner, les grandes Alpes éprouvent une bifurcation très-apparente; entre les deux arêtes de cette patte d’oie,

LES ALPES

le cours supérieur de la Mur est logé dans la concavité intermédiaire. 11 paraît que cette section des Alpes résulte de deux soulèvements un peu différents, qui ne se sont pas superposés dans toute leur étendue. Le système du Tatra a produit un premier ridement, qui marque principalement la rive droite de la Mur; et le système des Alpes principales court sur la rive gauche, en remaniant les masses déjà dérangées. La première arête est celle des Alpes carinthiennes; la seconde, celle des Alpes noriques, qui se poursuivent jusqu’à Vienne.

Les deux branches se séparent un peu au delà du massif du Glockner, qui domine les eaux thermales de Gastein. Cette sommité est la dernière, parmi toutes celles de la chaîne des Alpes, qui ait mille mètres de sa partie supérieure plongés dans les neiges perpétuelles. Les Alpes carinthiennes ne sont pas d’un accès difficile, ni d’une bien grande élévation. Elles se terminent au coude de la Mur, près de Bruck et de Léoben.

Les Alpes noriques sont au contraire plus hautes et plus prolongées. Plusieurs passages importants les traversent; on désigne généralement les passes, dans cette partie des Alpes, sous le nom de Tauern ou montagnes sacrées. Telles sont d’abord les tauern de Radstadt; puis, un peu plus loin , celles de Rottenmann. Toutes les deux partent de la vallée longitudinale de l’Enns, qui coule au pied septentrional du versant, pour se rendre dans la vallée longitudinale de la haute Mur, au pied du revers. L’un et l’autre de ces cols donnaient passage à des voies romaines.

Mais à mesure que l’on approche de Vienne et du sillon du Danube, le faîte s’abaisse progressivement. Les flancs des montagnes y sont qpuverts de forêts de mélèzes, de sapins et de pins cembrots. A ces conifères se joignent des érables, des ormes, des peupliers; mais on ne voit qu’un petit nombre de chênes.

En pénétrant dans la province d’Autriche, le massif du Schneeberg domine la ligne de faite. C’est une espèce de nœud, souvent enveloppé par les nuages, placé à l’endroit où l’arête du Bôhmerwald, qui a suivi la frontière sud-ouest de la Bohême, vient recouper les Alpes par son prolongement. Au-

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