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CHAPITRE PREMIER

une bordure accidentée et difficile, qui embrasse généralement ISO à 200 kilomètres de largeur.

C’est dans les contre-forts, depuis la Reuss jusqu’au Rhin, que le corps russe de Suwarow fut détruit, plus encore par les fatigues et par les privations que par les Français de Masséna. On était en septembre 1799; les Austro-Russes étaient maîtres du Piémont; Masséna défendait la Suisse sur la ligne delà Reuss. Le conseil aulique eut l’idée de faire passer Suwarow dans l'armée qui attaquait cette ligne, et de le transporter par conséquent du Piémont en Suisse. Mais le général russe traversa les grandes Alpes trop près de l’ennemi, et eut à déboucher sur un terrain qui n’était pas libre. Sorti de la passe du Saint-Gothard par la haute Reuss, il ne put descendre la vallée au delà d’Altorf; l’entrée delà plaine lui était fermée par Masséna : il fallait faire un mouvement à droite, à travers les contre-forts, pour rejoindre l’armée amie. Dans ce moment même, cette armée avait laissé forcer la ligne de la Reuss et se relirait derrière celle du Rhin. C’était donc deux contre-forts que Suwarow était obligé de franchir : d’abord de la Reuss à la Lint, et puis de la Lint au Rhin. Le passage du premier fut terrible pour les Russes : il ne put s’effectuer que par les sentiers ; il fallut démonter la cavalerie et abandonner les canons et les équipages. Les soldats devaient marcher un par un; et le premier homme était arrivé sur la Lint que le dernier n’avait pas encore quitté Altorf. Après des peines infinies, au milieu desquelles son armée fut presque anéantie, Suwarow fit enfin sa jonction à Coire. Il payait les conséquences de sa marche inintelligente, et surtout de son ignorance des difficultés offertes par les chaînes de montagnes.

L’Inn est la rivière qui se développe le plus longtemps dans ' la vallée longitudinale située entre la ride principale et la ride subordonnée. Ce long développement rejette la percée de l’Inn à une grande distance de celle du Rhin, et semblait exiger, dans l’intervalle, l’établissement d’une communication de premier ordre. C’est là qu’existe, en effet, une route «ancienne et importante : celle qui conduit presque en ligne droite d’Augs-

LES ALPES

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bourg à Insprück. Elle franchit rapidement le contre-fort des Alpes, dans un défilé que les anciens appelaient porta Claudia, et que nous connaissons sous le nom de Lavatschjoch. Le corps du maréchal Ney en opéra le passage, en novembre 1803, pour se porter au milieu des troupes disséminées des Autrichiens, qui occupaient alors les hautes vallées des Alpes septentrionales, depuis le lac de Constance jusqu’au Glockner.

PrèsdeSalzbourg débouchent, dans la Salzach.les deux vallées abruptes de Berchtesgaden et de Reichenball. La première renferme des terrains salifères, d’où l’on extrait le sel gemme; mais elle est nue et ne possède point de forêts. La seconde, au contraire, est boisée. Il a donc fallu, de tout temps, transporter à Reichenball, dans le canton riche en combustible, le sel brut extrait du canton salifère, et destiné à la purification. Mais aujourd’hui le transport par-dessus le contre-fort des Alpes ne se fait plus au moyen de bêtes de somme ni de chariots. L’ingénieur Reichenbach a établi, en 1823, un système de tuyaux de conduite, qui n’a pas moins de 109 kilomètres de développement, et par lequel le sel est envoyé, à l’état de dissolution, vers le point sur lequel l’évaporation doit s’opérer. Neuf machines à colonne d’eau, dont la force motrice est fournie par la chute de divers torrents, élèvent la dissolution à quatorze reprises différentes, au moyen d’un pareil nombre de pompes foulantes. A Illsang, l’une des machines à colonne d’eau marche sous l’action d’une chute de plus de cent mètres, et refoule l’eau salée, d’un seul jet, à une hauteur verticale de 336 mètres. Ces usines sont un des plus précieux exemples des conditions économiques auxquelles on peut atteindre, dans les industries qui exigent le concours de plusieurs matières premières, comme le sel et le bois.

A l’extrémité orientale de la ride subordonnée, l’Enns est le dernier cours d’eau perceur. Le courant qui débouche par la coupure est alimenté par deux rivières, logées dans le sillon longitudinal, et courant l’une vers l’autre dans un même alignement, mais en contre-pente. Ces deux affluents sont i’Enns proprement dit, pour sa partie supérieure, et la petite rivière de Salza.

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