CHAPITRE II
çais remplit cette lacune en 1804, et dota l’Europe de cette belle route dite de la Corniche, qui côtoie la mer et les montagnes, entra Nice et Gênes.
C’est de celte route même que partent les dernières voies qui franchissent l’éperon terminal. Celle de Nice à Turin, par le col de Tende, a été rendue praticable aux voitures en 1770. Celle de Savone à Alexandrie, par le col d’Aliaré, contourne l’arête et ne rencontre plus que ses derniers contre-forts, qui vont se joindre, dans cette direction, aux ramifications les plus avancées de l’Apennin. Cette route passe sur un terrain intermédiaire entre les deux chaînes, et dont le point culminant n’atteint que 490 mètres. C’est au cap delle Mele, entre Nice et Savone, que l’éperon de l’arête plonge dans les eaux.
En recevant le commandement de l’armée d’Italie, le jeune général Bonaparte trouva les Français engagés dans la route difficile du littoral. L’armée autrichienne de Be*aulieu gardait tous les passages, soit en avant, soit sur la gauche; maîtresse des débouchés, elle exécutait ses marches par le revers septentrional, à l’abri des montagnes. Une armée piémontaise tenait le bassin du Pô et menaçait le flanc des Français. Dans cette situation difficile, Bonaparte, par l’action vigoureuse de Montenotte, feignit de se porter en avant, et attira devant lui, vers Gênes, toutes les forces de Beaulieu. Puis se rabattant à gauche tout à coup, il franchit avec son armée le col d’Altaré, et battit les Piémontais, désormais isolés, à Ceva et à Mondovi (avril 1796). Par la même manœuvre, il se rendait maître de la vallée du Pô, tandis que Beaulieu, coupé dans ses communications, repassait au plus vite le Pô, l’Adda et l’Adige.
Par une manœuvre inverse, le corps autrichien de Mêlas coupa, en avril 1800, l’armée de Masséna, qui se trouva enfermée dans Gênes. Franchissant le même col d’Altaré, Mêlas vint occuper la route du littoral, tandis que des détachements autrichiens bloquaient les passages de l’Apennin, qui enveloppent Gênes.
L’importance de l’arête du Mont-Viso, dans les communications de la France et de l’Italie, justifie les nombreux détails de marches militaires, dans lesquels nous venons d’entrer.
Arête du Mont-Viso.
NOMS DES POINTS
L1T1TCDE
SEPTEN-
TRIONALE.
LONITUBI 1 lest
DE PARIS
ALTITOM.
AUTORITÉ
1 Belley
A Français.
| 2 Grand-Son
A Français.
3 Grenoble, place Saint-
André
A Français.
1 1 Pointe des Arcincs. .
A Français.
5 Col du Mont-Cenévre.
« (Zaeli).
6 Rochebrune
A Français.
1 7|Col de Scrvières. . .
« (Zach).
| ' 1 Col de la Croix. . . .
Ai 41!
« (Patria).
8 Mont-Viso
A Français.
| 9 Col de l’Argentière. .
« (Patria).
! 10 Mont-Pelat
1 1 Col de Feneslres. . .
« Fodéré.
i 13 Col de Tende. . . .
» (Ann. des Longil.)
14 Gruppo inferno . .
» Zach
15 Cap délie Mele. . . .
Situations.
I Commencement Je l’arèle h la vallée du Rhône. — 2 Massif du Grand-Son. — 3 Coupure de l’Isère. — 4 Massif des Arcincs ; nœud avec les Alpes occidentales. — 5 Roule de Cézanne à Briançon. — 6 Massif de Rochebrune. — 7 Routes de Fenestrclle et de Lucerta !> Monl-bauphin. — 8 Massif du Viso. — 9 Route de Coni 6 Barcelonnette. — 10 Massif du Pelât. — 11 Route d'Entraigucs à Nice. —
12 Massif de — 13 Route de Turin à Nice. — 14 Massif des Alpes maritimes. —
15 Pin de l’arête à la Méditerranée.