‹ Histoire du sol de l'EuropeChapitre 16 sur 349 · INÉGALITÉS INTÉRIEURES DE L’ÉCORCE · texte numérisé non relu

INÉGALITÉS INTÉRIEURES DE L’ÉCORCE

Nous avons employé à dessein deux accroissements de température différents ; tantôt 1 degré pour 30 mètres, et tantôt 1 degré pour 40 mètres. On trouve, en effet, des chiffres qui varient entre ces limites, suivant les localités; il y a môme des exemples d’un accroissement plus rapide encore. En Belgique et dans le nord de la France, on peut admettre 1 degré pour 32 mètres, d’où résulterait une épaisseur de croûte d’un peu plus de 41 kilomètres.

Car il ne paraît pas légitime de regarder l’épaisseur de l’écorce solidifiée comme égale dans toutes les localités. L’observation nous prouve qu’à la surface, la roche n’est pas partout complètement identique. Ainsi la matière du noyau, malgré l’analogie générale de ses caractères physiques et chimiques, a pu présenter des variations locales dans sa chaleur spécifique, dans sa conductibilité, et par suite dans les progrès du refroidissement.

Quand les observations de températures souterraines seront plus nombreuses, et que l’on en possédera pour les différentes régions de la terre, on pourra tracer pour ainsi dire des profils du globe, sous diverses sections; on pourra reconnaître les inégalités de la surface intérieure de l’écorce, à peu près comme on détermine aujourd’hui par les nivellements celles de la surface externe.

11 est vrai que nous sommes partis d’une hypothèse qui n’est pas suffisamment justifiée : nous avons supposé que la température croit uniformément dans la croûte, jusqu’à la rencontre du noyau. La théorie mathématique de la chaleur nous permet

Page 1